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Focus

Formation du gouvernement
Benkirane en mode public-privé

Par L'Economiste | Edition N°:3678 Le 15/12/2011 | Partager
Impulsif mais flexible pour gouverner
Le leader du PJD vu par des journalistes
Une opposition embarrassée ou prudente s’exprime

Un discours de proximité conjugué à un tempérament décontracté. Telle est la recette du nouveau chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane

DE 25 à 30! Le nombre des portefeuilles ministériels a «bondi» au gré des tractations en cours pour former la future coalition gouvernementale. Abdelilah Benkirane, le nouveau chef de gouvernement, a montré sa capacité d’adaptation, un peu comme un caméléon. Pour contenter ses partenaires de la coalition, il a fini par ramollir sa promesse d’un gouvernement restreint. C’est désormais compétence et nouveaux visages qui sont mis en avant.
Après Benkirane le papa, puis l’homme-écran, voilà l’homme politique examiné sous toutes les coutures (voir notre série portrait-enquête de Benkirane. L’Economiste du 5 et 7 décembre 2011). Les avis divergent. Rachid Baha, journaliste politique à Assabah (groupe Eco-Médias, éditeur de L’Economiste), connaît bien le personnage. Il parle d’un «politique charismatique, franc et au discours cru».
Hamid Berrada, animateur du magazine «Mais encore?» diffusée sur 2M, adopte une posture radicale. Le discours du numéro 1 du Parti de la justice et du développement (PJD) est la «nouvelle langue de bois de Santal». Pour Saâdeddine El Othmani, l’un des hommes forts du PJD que le journaliste de Jeune Afrique a également interviewé, il est «très marrant mais banalise différemment».

Cent visages

Notre confrère se pose des questions sur les compétences du chef du gouvernement. Ce à quoi Baha rétorque que c’est un politique qui «consulte beaucoup ses proches». Abdellah Baha, son ami depuis les années 1970, fait partie de ce noyau dur. Le chef de la rubrique politique de L’Economiste, Jamal Eddine Herradi, va dans le même sens: «contrairement à beaucoup de politiques, Benkirane n’est pas figé dans une langue de bois. Il n’a peur, dit-il, «de rien sauf du bon Dieu».
A la veille des élections, le chef du gouvernement était l’invité du Club de L’Economiste le 2 novembre à Casablanca. De son passage, nos journalistes parlent d’un homme qui «a une cohérence dans les idées et qui garde sa tête sur les épaules. Pour nombre de confrères, Benkirane reste un homme politique «assez exceptionnel». Son parcours plaide pour lui, émaillé de tractations discrètes avec les conseillers royaux. Fatima Baroudi, directrice de l’Information à Al Aoula, l’interpelle: «qu’est-ce que l’équilibre en matière de politique publique»? Un brin surpris par la question, Benkirane répond: «c’est d’avoir une vision panoramique en donnant beaucoup ou peu. Ceux à qui on ne peut rien donner, on les écoute».
Me Mourad Faouzi est élu communal du PJD et vice-président de l’arrondissement d’El Fida à Casablanca: «Le SG est certes critiqué pour faire dans la halka (spectacle de rue), mais c’est un vrai homme politique. Il aurait pu facilement diriger un syndicat».

«Nos amis» de la Koutla

Quelles que soient les positions, difficile de comparer le secrétaire général du PJD à quelques figures de la Koutla. Karim Ghellab, réélu au Parlement et ministre istiqlalien du Transport et de l’Equipement, passe pour un «technocrate-politique sérieux»; Khalid Naciri, un des ténors du PPS et porte-parole du gouvernement El Fassi, est «toujours égal à lui-même» avec ses propos «pas du tout surprenants».
Fathallah Oualalou, maire de Rabat et membre du bureau exécutif de l’USFP, est qualifié de «bête politique au bon cœur. Un homme d’action avant tout qui cherche l’efficacité par le consensus».
Que pense Oualalou de Benkirane en tant qu’homme politique?
L’ex-ministre des Finances (1998-2007) est embarrassé: «je ne parle pas des personnes mais des projets. Une nouvelle génération d’alternance est en perspective. Respecter le vote des électeurs est essentiel…», nous déclare-t-il. Mais promet de s’exprimer là-dessus un jour…! Le temps de bien s’installer dans l’opposition. Sa déclaration a été d’ailleurs faite à L’Economiste à la veille du basculement des Usfpéistes à l’opposition. Sans le soutien du PJD, le maire de Rabat n’aurait pas pu décrocher la présidence du Conseil de la ville en 2009.
Que pense le Parti Authenticité et Modernité (PAM) du nouveau chef de l’exécutif, leur «ami de toujours»? Benkirane «n’avait pas de problème» avec le parti fondé par El Himma, mais avec «son aile gauchisante» révèle Rachid Baha l’un des ses interlocuteurs les plus proches.
Sur ce sujet, le porte-parole du PAM, Salah El Ouadi, se garde de tout avis officiel. Prudent, il considère que si l’élu de Salé a tenu de tels propos, c’est qu’il ne faillit pas à sa réputation. C’est une personne «précédée par sa langue; or, l’impulsivité est nuisible pour un politique, il est temps pour lui d’être un homme d’Etat et non pas de parti».
Le Pr Mohamed Darif, spécialiste des mouvements religieux et auteur d’un essai «Monarchie marocaine et acteurs religieux», est sur la réserve. «L’évaluation d’un homme politique se fait par rapport aux résultats de son action.
Pour Benkirane, il est encore tôt pour émettre un avis». Au-delà de la conjoncture, quelle impression laisse le parcours du chef du gouvernement? «Pour certains, son style spontané est nouveau pour les Marocains. D’autres voient en lui «un populiste». Ce qui n’a rien de péjoratif à condition que ça soit fait dans les règles de l’art», rétorque l’universitaire.
Darif est agacé par certaines déclarations sans teneur où le chef du gouvernement évoque sa mère, la situation en Syrie… «Un homme politique ne doit pas être forcément un philosophe, mais se doit d’avoir un programme clair et un discours cohérent», observe-t-il.
Une chose est sûre. L’arrivée du PJD au gouvernement a suscité un engouement pour la politique. L’électeur espère. Le gouvernement, particulièrement le PJD, a tout intérêt à ne pas le décevoir.

Faiçal FAQUIHI

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