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Entreprises

Royal Air Maroc a enfin son contrat-programme

Par L'Economiste | Edition N°:3622 Le 23/09/2011 | Partager
Une feuille de route 2011-2016
Un programme d’investissement de 9,3 milliards de DH
Recapitalisation de la compagnie, restructuration, réduction des charges…

Malgré une conjoncture difficile au cours des six dernières années, Royal Air Maroc a pu doubler le nombre de passagers transportés et réaliser un chiffre d’affaires de 12,5 milliards de DH contre 8 milliards six ans auparavant

Royal Air Maroc a enfin eu gain de cause. Après plusieurs mois de tractations, le transporteur aérien vient de signer son contrat-programme avec le gouvernement. La signature du contrat a été accélérée par la dégradation de la situation financière de la compagnie. Une aggravation due au recul des activités, au renchérissement du prix du pétrole et au printemps arabe. Une conjoncture qui a été marquée par des pertes sèches de 20 millions de DH par semaines pour RAM.
La feuille de route signée par le transporteur aérien est assortie d’un plan d’investissement de l’ordre de 9,3 milliards de DH sur la période 2011-2016. Principal objectif: consolider la position de l’entreprise en tant que leader en Afrique et premier opérateur aérien dans le tourisme au Maroc.
«Ce montant comporte d’abord une économie de 1 milliard de DH par an que RAM prévoit de réaliser à travers des mesures de rationalisation interne», explique le management. Un objectif qui devrait être réalisé à la faveur du plan de restructuration interne mis en œuvre par la compagnie depuis quelques semaines et qui prévoit notamment la réduction des charges d’exploitation et de la masse salariale. Le plan social de RAM prévoit d’ailleurs le départ de 800 personnes d’ici fin 2011. 535 personnes ont déjà exprimé leur souhait de quitter l’entreprise. A l’horizon 2013, ce sont quelque 1.560 qui devraiet bénéficier d’un départ volontaire. Autre point du plan de restructuration interne, le redéploiement du réseau d’agences tant au Maroc qu’à l’international ainsi que le développement de l’activité commerciale. Le dispositif de restructuration interne prévoit également l’optimisation du réseau du transport aérien, l’amélioration de la flotte et la rationalisation des coûts et charges de la compagnie.
Le contrat-programme 2011-2016 porte également sur le renforcement de l’assise financière de la compagnie via une recapitalisation de l’ordre de 1,6 milliard de DH. L’enjeu étant de permettre au transporteur aérien d’être en mesure d’honorer ses engagements financiers, de développer sa capacité d’investissement et d’améliorer la qualité de ses services. Pour y arriver, RAM est appelée à se doter d’une infrastructure aéroportuaire adéquate au niveau de Casablanca. N’ayant pas vocation à construire elle-même ses propres aéroports, la compagnie aérienne devra nouer un partenariat avec l’Office national des aéroports (ONDA). L’intérêt de cette entente est de développer l’aéroport Mohammed V de Casablanca pour en faire le hub principal de la compagnie. Ce qui permettra notamment une meilleure gestion des voyages et transits au niveau dudit aéroport.
RAM a été sérieusement malmenée par le développement du transport low cost sur l’axe Casablanca. En 2010, il a atteint 35% de l’offre globale. Or, de l’avis du management, ces compagnies auraient dû contribuer au développement du réseau «point à point» sur les destinations touristiques. Des jours plus difficiles sont attendus par les transporteurs aériens nationaux pour les années à venir. En cause, la surcapacité qui sera générée par le low cost sur les marchés européens. D’où une possible dilution des compagnies du pavillon national et des déperditions en termes de parts de marché. Pour rappel, les opérateurs low cost représentent déjà 50% du marché Maroc-Europe. L’arrivée de Ryanair sur la plateforme de Casablanca n’est pas exclue à moyen terme.
A fin 2010, Royal Air Maroc comptait 5.352 salariés. Sa flotte, qui s’élève à 54 avions, devrait se renforcer par la commande de 24 autres appareils à l’horizon 2015. Au cours de ces six dernières années, le chiffre d’affaires de RAM est passé de 8 à 12,5 milliards de DH à fin 2010. Pour sa part, le nombre de passagers transportés par la compagnie a plus que doublé, passant de 3 à 6,3 millions. Les investissements réalisés varient entre 1,5 et 2,5 milliards de DH par an. Au cours de ces 15 dernières années, RAM a investi 20 milliards de DH.

Concurrence déloyale

Pour le management de Royal Air Maroc (RAM), les transporteurs low cost livrent une concurrence déloyale aux compagnies marocaines en raison de leur régime fiscal. C’est la raison pour laquelle le transporteur réclame le même traitement. Il s’agit notamment de l’exonération de la retenue à la source sur les locations d’avions. Un avantage qui a été accordé dans le cadre de la loi de Finances 2011 et qui profite également à l’industrie aéronautique. Mais contrairement à ce qui a été demandé à maintes reprises par Driss Benhima, PDG de RAM, notamment lors de ses multiples passages devant les deux commissions des Finances du Parlement, le projet de loi de Finances 2012 n’a pas prévu l’exonération de la TVA sur les achats d’avions et de pièces de rechange. Sur cette taxe, RAM devra verser plus de 1,3 milliard de DH à l’Etat pour l’acquisition de ses avions entre 2009 et 2015. Et au titre du redressement fiscal auquel elle a été soumise, la compagnie devra payer 102 millions de DH pour 2010.

Hassan EL ARIF

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