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    Régions

    Essaouira
    Un schéma d’aménagement pour l’île de Mogador

    Par L'Economiste | Edition N°:3596 Le 16/08/2011 | Partager
    Objectif: la classer aire protégée
    Le faucon d’Eléonore, espèce à sauvegarder

    L’archipel d’Essaouira est composé de deux îlots principaux. On y trouve notamment une ancienne prison, une mosquée, ainsi que de vieilles maisons de pêcheurs

    L’ÎLE de Mogador participe incontestablement au charme d’Essaouira. Située dans l’Océan Atlantique, elle est à une demi-heure à peine du port. Mais, elle reste inaccessible au grand public.
    Cette île abrite une espèce en voie de disparition, le faucon d’Eléonore. L’archipel est classé depuis 1980 «Réserve biologique permanente» et depuis 1996 «Site d’intérêt biologique et écologique» (SIBE). Il est également déclaré site «Ramsar» depuis 2005, du nom de cette convention internationale relative aux zones humides d’importance internationale.
    Actuellement, le Haut commissariat aux Eaux et Forêts envisage de renforcer la dynamique de gestion conservatoire de l’île. Il entend par là pérenniser son statut de protection en la classant aire protégée, en application de la nouvelle loi sur les aires protégées adoptée en juillet 2010. De plus, un nouveau Schéma d’aménagement et d’orientation de la gestion de l’archipel d’Essaouira est en train de se dessiner. Il viserait à protéger son patrimoine naturel et culturel. Des missions de terrain, qui serviront de données de base à ce schéma d’aménagement, ont déjà été menées. Elles se sont inscrites dans le cadre de l’Initiative pour les Petites Iles de la Méditerranée (PIM), un programme international en faveur de la promotion et de l’assistance à la gestion des micro-territoires insulaires coordonné par le Conservatoire du Littoral de France.
    «Lors des dernières assises de l’Initiative PIM, tenues en France en octobre 2009, des discussions ont renforcé l’idée d’une coopération entre les autorités françaises et marocaines pour la préservation de l’archipel d’Essaouira», indique le Haut commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte contre la désertification. Convaincu du fait que l’archipel d’Essaouira, bien qu’atlantique, présente des écosystèmes et des espèces d’importance méditerranéenne et mondiale, le Conservatoire du Littoral aurait manifesté son intérêt à apporter et partager des expériences pour établir une meilleure gestion de ce territoire. Ainsi donc, il a mobilisé un groupe d’experts qui ont réalisé un diagnostic, à travers l’organisation de missions de terrain, et ont établi un document de gestion, qui servira de base à une gestion durable de l’archipel.
    Cette nouvelle initiative permettra de continuer le travail entamé pour protéger les espèces de l’île et notamment le faucon d’Eléonore. En effet, la mise en réserve de l’archipel a permis de mettre un frein au camping et à la chasse abusive qui avaient cours auparavant. Les visites se sont donc réduites sur l’île qui est maintenant fréquentée uniquement par quelques pêcheurs locaux. La principale menace pour la faune de l’île résiderait en effet dans des projets de mise en valeur touristique proposés pour le site, notamment des implantations hôtelières, des liaisons entre l’île principale et le continent, la mise en place d’un son et lumière.... «De telles installations entraîneraient immédiatement et irrémédiablement la désertion du site par les colonies d’oiseaux qui s’y trouvent et amputeraient gravement la région d’une richesse unique», précise le Haut commissariat. La vigilance en matière d’autorisations restera donc de mise, surtout en période de nidification!

    Une colonie de 700 couples

    L’ARCHIPEL d’Essaouira est composé de deux îlots principaux. L’île principale culmine à 29 mètres, alors que le second îlot appelé «Firaoun» culmine à 26 mètres. Vers le large, les vagues ont découpé et isolé toute une série d’îlots qui portent quelques maigres touffes de plantes halophiles. Du point de vue bioécologique, l’archipel d’Essaouira est considéré comme étant un milieu insulaire, unique en son genre sur le littoral atlantique marocain. La faune terrestre de l’archipel d’Essaouira est caractérisée par dix espèces d’oiseaux nicheuses, dont l’espèce la plus rare et la plus connue est le faucon d’Eléonore, trois reptiles (le Trogonophis mauve, un gecko, la Tarente de Maurétanie et un Seps), ainsi qu’un unique mammifère le lapin. La population du faucon d’Eléonore de l’archipel d’Essaouira est considérée comme une des plus grandes colonies nicheuses du monde. Son effectif global est estimé à plus de 700 couples, ce qui atteste de la bonne santé de sa population.

    De notre correspondante, Marie-Noëlle RASSON

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