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Focus

Ramadan et tourisme
Marrakech perd sa «baraka»

Par L'Economiste | Edition N°:3592 Le 10/08/2011 | Partager
Baisse de l’activité de 20 à 30%
Manque de visibilité pour les prochains mois
Aucun dispositif d’animation dans la ville

Les cafés et restaurants ouverts même dans la journée n’attirent pas beaucoup de touristes. Il est vrai que ces derniers sont moins nombreux en ce Ramadan et préfèrent plutôt se balader dans la ville

La formule n’a pas pris. Ni les packages mis en place par les professionnels, ni les promotions et encore moins «Kounouz biladi» n’ont réussi à éviter ce repli sans précédent que connait Marrakech. Jamais Ramadan n’a été aussi fatal pour la destination que cette année. Pourtant, les professionnels ont tiré tôt la sonnette d’alarme.
L’idée était de faire d’août-Ramadan un mois «attractif». C’est-à-dire transformer Ramadan en un atout auprès des prescripteurs. Cela impliquait une animation à proposer dans le package. Des réflexions sur des évènements de shopping et des animations ramadanesques capables d’attirer des flux étrangers et locaux ont été menées sans résultat visiblement. Il semblerait que les timides propositions (organisation de tournois et animations musicales) ont été jugées très insuffisantes pour booster le tourisme domestique pendant la période ramadanesque.
Les professionnels souhaitaient, en effet, des pistes plus consistantes et un plan qui permettraient d’adapter l’offre touristique durant le mois de Ramadan à l’instar de ce qui se fait en Turquie par exemple. C’est d’autant plus urgent que pendant 4 ans encore Ramadan va coïncider avec les vacances estivales, principalement les mois de juillet et août. En attendant, Marrakech rate ce Ramadan 2011. Les touristes nationaux qui ont permis de maintenir l’activité en juillet ont déserté la ville en ce mois saint. «Et la clientèle étrangère préfère éviter ce mois où la vie sociale est différente», explique Jean Jacques Bouchet, directeur de Fram Maroc.
Il faut reconnaître qu’il n’y a rien pour les attirer d’ailleurs. En journée, et même après la rupture du jeune, Marrakech semble triste et s’installe dans une léthargie interminable. Ses rues sont quasiment vides. Derrière les remparts, à l’exception de la mosquée Koutoubia -qui accueille un grand nombre de prieurs chaque soir- même la place Jamaâ Al Fna manque d’attractivité. D’ailleurs de nombreux cafés, restaurants et même hôtels qui, d’ordinaire, ont pignon sur rue ont préféré fermer en cette période rendue encore plus difficile par la canicule qui s’est installée depuis quelques jours.
Par les chiffres, les pertes ont été évaluées entre 20 et 30%. A l’exception des établissements dédiés aux tours-opérateurs (TO), plusieurs hôtels tournent avec des taux d’occupation ne dépassant pas les 30%. Ce qui n’était pas le cas, l’année dernière et encore moins les années précédentes.
Mais, il faut tout de même rappeler que le trend baissier pour Marrakech ne date pas d’aujourd’hui. Il est bien antérieur à l’avènement de Ramadan. La destination qui a démarré l’année sous de bons auspices a, brusquement, enregistré des chutes dès le mois de février. Le «printemps arabe» et l’amalgame qui s’en est suivi du coté des voyageurs européens ont détourné les touristes de Marrakech. Puis, comme un malheur n’arrive jamais seul, la ville a essuyé les impacts de l’attentat à la bombe perpétré contre le café Argana dans la Place Jamaâ Al Fna.
Il faut ajouter à tout cela, l’image véhiculée, surtout par les médias français, de Marrakech comme une destination de débauche protégeant les pédophiles.

Crise

Aujourd’hui, la destination subit également les pressions de la crise de l’euro. Les touristes français, principal marché émetteur, réagissent à l’actualité financière avec un effet psychologique sur les pouvoirs d’achat, selon ce professionnel de la ville. «Il n’y aurait donc pas de visibilité tant que la santé financière des principaux marchés émetteurs n’est pas au meilleur de sa forme». En attendant, la destination Marrakech en est à sa troisième crise consécutive. La première était liée à la crise économique en 2008-2009.

 

Badra BERRISSOULE

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