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Les enjeux cachés des paiements électroniques
Par Kamal Sebti, docteur en Finances

Par L'Economiste | Edition N°:1864 Le 29/09/2004 | Partager

A un moment où la plupart des pays recherchent de nouvelles sources de croissance économique et de compétitivité, l’objet de cet essai est de démontrer que:- La transition globale de transactions basées sur du papier à celles basées sur des paiements électroniques stimule indéniablement la croissance économique, élargit l’accès au financement et donc l’inclusion et donne un coup de fouet à la productivité;- Le gouvernement marocain peut utiliser les paiements électroniques comme un moyen de moderniser et d’améliorer l’efficience de l’économie nationale. En effet, les transactions électroniques ont un coût largement moins inférieur à celui du paiement au comptant (cash) ou celui du paiement par chèque; ces transactions électroniques stimule la croissance de la consommation et accroît le volume des dépôts bancaires tout en supportant donc la croissance économique et donc la création d’emplois y afférents;- En adoptant des politiques et procédures idoines, le gouvernement peut maîtriser les innovations économiques mais aussi sociétales permises par les paiements électroniques.Les apports/bénéfices des paiements électroniques sont multiples. On peut citer la diminution des coûts des transactions en réduisant les coûts de détention du cash et ceux de réconcilier les paiements (compensation bancaire des chèques); la stimulation de la consommation et la croissance du PNB (produit national brut) par un demi-point à chaque fois que le taux de croissance des paiements électroniques atteignent 10%.Il y a aussi, l’accroissement de l’efficience gouvernementale en éliminant “la paperasse” et en rationalisant les procédures administratives, tout en éliminant la complexité et l’opacité facteurs de “corruption”.Autre apport: la dynamisation de l’intermédiation financière, en particulier à la liquidité et donc les prêts dans le secteur bancaire et en intégrant davantage d’individus dans le système bancaire, et ce que ce soit les individus qui opèrent dans le secteur informel ou bien ceux que l’on qualifierait de microentrepreneurs. Enfin, les paiements électroniques contribuent également à améliorer la transparence financière en augmentant la proportion de transactions dans l’économie officielle et en permettant une meilleure circulation de flux financiers. L’économie marocaine n’a pas besoin de “réinventer la roue” afin de développer et optimiser les systèmes de paiement; il n’y a qu’à adapter les systèmes, pratiques et partenariat avec les institutions financières commerciales. Sur le plan des infrastructures, les cartes, les technologies de branchement/raccordement électroniques doivent offrir toute la nécessaire flexibilité et utilité. Quant aux fournisseurs de crédit, ils doivent améliorer les décisions de prêt et la gestion de risque, tout en diminuant les coûts, les impayés et surtout le temps pour les prêts aux consommateurs et les entreprises. Par ailleurs, comme nous le démontrerons à travers les exemples d’autres pays, ce système de paiement électronique entraîne de nouvelles habitudes au niveau des banques en matière de sécurité et de responsabilité.Le paiement électronique induit une modernisation indéniable, réduit la bureaucratie et améliore la transparence tout en luttant contre la corruption. C’est ce qui a pu être constaté dans plusieurs pays. En Angleterre, les solutions adoptées par le gouvernement britannique en matière d’achats & voyages utilisant les cartes ont permis de mobiliser £140 millions en matière d’économies (épargne et diminution de coûts y afférents) et des économies de £28 par transaction. A Moscou, la rationalisation de distribution de fonds gouvernementaux tels que les fonds de pension, le paiement des salaires, etc. ont permis à la capitale russe de systématiser la livraison de fonds émanant de plus de 60 agences gouvernementales différentes à 2,5 millions de moscovites (système appelé Moscow Social Card Initiative). Au Brésil et à Porto Rico, l’utilisation de ce procédé de paiement a permis aux gouvernements de ces pays d’allouer des prêts et des dons tout en facilitant la sécurité et la transparence.Enfin, en Colombie, la transparence financière permise par ce procédé a amélioré la collecte d’impôts et le respect des procédures. En effet, pour s’attaquer à la collecte d’impôts (dont plus d’un tiers échappait auparavant à l’Etat), le gouvernement colombien a encouragé les consommateurs d’utiliser les cartes de débit et de crédit tout en améliorant la collecte d’impôts mais surtout une meilleure intégration des marchands qui opéraient auparavant dans le secteur informel.. Amélioration du taux de bancarisationUne société qui se base sur des transactions au comptant (cash) est considérée aujourd’hui comme une société “diminuée”. En effet, quand l’argent au comptant se trouve en dehors du système bancaire, les possibilités de financer l’économie sont amoindries pour ne pas dire compromises. Ainsi, en Afrique du Sud, le paiement des salaires, des pensions et retraites, etc. à travers les cartes ont amélioré les relations entre les individus et leurs institutions financières ainsi que la familiarité avec les procédures de base bancaires. Par ailleurs, l’accès au microcrédit via le système de paiement électronique a permis à des personnes et des entrepreneurs à faibles revenus d’améliorer leurs situations. Le cas de FINCA (Foundation for International Community Assistance) est édifiant puisqu’en 2003 à travers ses programmes (Village banking Programs), elle a distribué plus de $176 millions dans 22 pays et ce en s’alliant avec Visa International et l’Usaid (cf. www.villagebanking.org). Un autre cas à citer est celui de Mibanco qui a permis de créer des opportunités économiques et d’intégrer des millions dans le système financier global. Il faut noter aussi qu’en matière d’amélioration du coût des transferts, les solutions préconisées telles que Visa Money Transfer et Visa Giro par exemple réduisent considérablement les coûts et risques des traditionnels transferts de personne à personne. Ainsi, ces solutions peuvent améliorer les transferts émanant des travailleurs marocains à l’étranger qui, en 2003, étaient estimés à environ $3,2 milliards (cf. www.visa.com/modernisation).Les systèmes de paiments électroniques peuvent également être considérés comme un support de croissance pour les PME. En effet, l’acceptation des paiements électroniques aide les petites et moyennes entreprises à améliorer leurs revenus à travers la croissance des ventes que ce soit sur le marché international que le marché interne. Par ailleurs, ce système permet aux PME de devenir des fournisseurs pour les agences et administrations publiques qui utilisent le paiement électronique comme moyen de règlement. Les PME peuvent réduire considérablement les coûts opérationnels pour acheter les biens et services, séparer les biens personnels de ceux de l’entreprise et accéder aux dépôts en utilisant les cartes de paiement. Les lignes de crédit pour les fonds de roulement (crédits de fonctionnement) et de capital-risque peuvent être étendues par les banques commerciales et les organismes de capital-risque avec des cartes de paiement. On peut ainsi utiliser les solutions tels que Visa Business Electron qui réduit les coûts et temps de mise à disposition de crédits, protéger contre la fraude et les dépassements d’autorisations, tout en sécurisant les lignes de crédit et permettant aux usagers une flexibilité financière.


Les conditions de réussite

POUR que ce système de paiement électronique soit un véritable succès et fer de lance, il faudrait qu’une étroite coopération entre diverses parties concernées avec différents intérêts, voire concurrentiels, soit établie:- Mettre en place des règles du jeu qui définissent clairement les rôles et responsabilités pour chacune des parties prenantes;- Mettre en place des préceptes qui supportent les contributions à travers une infrastructure partagée tout en encourageant la concurrence;- Des principes et ressources robustes et rigoureux en matière de gestion du risque et afin de prévenir toute instabilité au niveau du réseau et/ou tout risque de fraude et de sécurité des transactions;- Des codes civil et commercial (donc un système judiciaire mis à niveau) actualisés afin de refléter les nouvelles formes de transactions.

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