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Globalisation: Les normes IAS/IFRS à nos portes

Par L'Economiste | Edition N°:1788 Le 11/06/2004 | Partager

Les groupes européens (cotés) basculeront aux standards comptables internationaux IAS/IFRS le 1er janvier 2005 pour leurs comptes consolidés. Mais en réalité, ils y sont déjà car il faut au moins un an de comparabilité. Au vu des liens étroits entre le Maroc et l’Europe, les groupes marocains ne feront pas l’économie de ce nouveau langage comptable. C’est par là que passe entre autres, le tuyau de leur intégration à la globalisation. - L’Economiste: Comment peut-on expliquer l’intérêt suscité par les normes comptables internationales IAS/IFRS? Certains y voient une nouvelle trouvaille d’experts qui cherchent à vendre leurs services.- Abdelmajid Benjelloun Touimi: Ceux qui pensent ça font fausse route. Il faudrait situer cet intérêt dans le contexte de mondialisation que nous vivons, qui a permis aux entreprises d’accéder plus facilement aux marchés financiers étrangers. Or, malgré ce contexte, les normes comptables nationales à travers le monde ont longtemps évolué de manière contrastée, rendant difficile la comparabilité des performances des entreprises et entravant les prises de décision stratégiques des investisseurs. C’est ainsi que les normes IAS/IFRS ont été plébiscitées par l’Union européenne, qui a décidé de les rendre obligatoires à partir de 2005 pour les comptes consolidés des groupes cotés.- En quoi cette évolution nous concerne-t-elle alors que la population potentielle des sociétés intéressées par ces standards est très faible? - Nous sommes malgré tout concernés, ce n’est pas une question de nombre d’entités. En effet, si les filiales des multinationales européennes sont touchées au premier plan du fait qu’elles devront à l’avenir remonter à leurs actionnaires une information financière conforme aux normes IAS/IFRS, les groupes nationaux, à travers une démarche volontariste, auront tout intérêt à les appliquer au niveau de leurs comptes consolidés pour faciliter le dialogue avec leurs partenaires étrangers, notamment les investisseurs et les bailleurs de fonds.- Au-delà des travaux de retraitement comptable, qu’est-ce qui change avec le passage aux normes IFRS? - C’est bien plus que des opérations de retraitement comptable. Le passage aux normes IAS/IFRS consiste à adopter un nouvel état d’esprit. Il s’agit de passer d’une comptabilité imprégnée de considérations juridiques et fiscales à une information financière plus économique et plus détaillée, répondant aux besoins des investisseurs de tout bord. Nos textes comptables n’ont pas prévu explicitement le principe de la prééminence de la réalité économique sur l’apparence, qui est le fondement des normes IFRS. C’est pour cette raison que certaines opérations sont comptabilisées selon leur nature juridique. C’est le cas des contrats de location-financement (crédit-bail) qui sont considérés sur le plan comptable comme des locations, alors que sur le plan économique, ils constituent des acquisitions moyennant financement. De même, certains textes soumettent le bénéfice d’avantages fiscaux à la comptabilisation de certaines écritures, comme les provisions réglementées. Enfin, il n’est pas sans intérêt de souligner que certaines attitudes managériales liées entre autres aux politiques d’amortissement et de provisionnement sont davantage fondées sur une approche fiscale que sur une analyse économique.- Ce n’est pas non plus une simple conversion des comptes…- Loin de là. Si sur le plan comptable, le recensement des divergences entre les normes comptables appliquées dans les comptes individuels et les IAS/IFRS constitue une étape importante du processus d’implémentation, il n’en reste pas moins que la réussite de ce dernier est tributaire de l’adoption d’une méthodologie spécifique, qui implique toutes les fonctions de l’entreprise et qui s’articule entre autres sur de nombreux points. Il s’agit du diagnostic des systèmes d’information et leur capacité à produire les informations requises pour les IAS/IFRS, de l’analyse des orientations stratégiques de la direction, de la formation technique et enfin de l’implémentation des normes par la détermination des impacts sur le bilan d’ouverture et la mise en place des procédures et systèmes nécessaires. - Quels sont a priori les impacts auxquels il faudrait s’attendre lors de la première application des normes IAS? - Il est important de noter que pour pouvoir déclarer être conforme aux normes IAS/IFRS, celles-ci ainsi que leur interprétation doivent être complètement appliquées. Les standards IAS/IFRS ont des incidences sur tous les composants des états financiers des nouveaux adoptants. Ainsi, au bilan par exemple, de nouveaux actifs et passifs apparaissent comme les immobilisations et les dettes relatives aux contrats de location-financement et les provisions pour retraite, éventuellement.Inversement, certains actifs et passifs seront exclus, notamment les frais d’établissement, les charges à répartir, les frais de recherche ou encore, les provisions pour grosses réparations. Par ailleurs, une information détaillée est prévue au niveau de l’annexe avec un volet important concernant l’information sectorielle.


Parcours

Abdelmajid Benjelloun Touimi est expert-comptable, diplômé de l’Etat français et membre de l’Ordre des experts-comptables du Maroc. Malgré son jeune âge, il a une douzaine d’années d’expérience professionnelle derrière lui, au Maroc et à l’étranger. Avant de créer son propre cabinet en septembre 2003, Benjelloun Touimi était Senior manager chez PriceWaterhouse.Ses domaines de compétence sont très variés: audit financier, conseil en gestion des organisations, consolidation des comptes, etc. Il fait partie du cercle très fermé des spécialistes marocains des normes comptables internationales, les IAS/IFRS. Benjelloun Touimi enseigne aussi la comptabilité anglo-saxonne à l’Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises de Casablanca. -Abdelmajid Benjelloun Touimi: “Les IFRS ne sont pas qu’un référentiel comptable. Derrière, c’est une révolution qui condamne des principes mythiques comme le coût historique et l’intangibilité du bilan”-Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA

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