×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Politique

Elections européennes
Des gros enjeux pour une petite mobilisation
De notre correspondant permanent à Paris, Hakim GHISSASSI

Par L'Economiste | Edition N°:1788 Le 11/06/2004 | Partager

. Le scrutin donnera-t-il plus de poids à l’Europe. Le premier regroupement volontaire de nations indépendantes. Pour la première fois dans l’Histoire, une pacification réussieLe citoyen européen est décidément une sorte «d’intermittent de la politique» comme il y a en France les «intermittents du spectacle». Pourtant en face d’eux, les enjeux géostratégiques sont colossaux.Il a fallu 15 millions de morts durant la Première Guerre mondiale pour que l’on voie émerger la “Société des Nations”, puis 35 millions de morts durant la Seconde Guerre mondiale pour que la communauté européenne voie le jour (pour être juste, il faut préciser qu’une vingtaine de millions de morts de cette guerre étaient russes, lesquels ne sont pas attirés, pour l’instant, par l’Union européenne). L’Europe s’est construite sur la base de traités juridiques, dans le but d’une pacification des relations entre Etats du continent. Les lois arrêtées par le Conseil européen inspirent plus de 60% de la législation du Parlement européen. Avec l’euro, l’Europe a finalement investi le quotidien du citoyen. Elle est souvent caricaturée en termes d’Enfer ou de Paradis, ce qui traduit bien le fossé qui se creuse entre citoyens et politiques. Mais elle n’est plus cette entité étrangère et abstraite, même si de grands efforts restent à déployer en faveur de la propagation de la connaissance des différentes cultures et traditions qui la composent. Avec son élargissement à 10 nouveaux pays, elle devient le premier regroupement volontaire mondial d’Etats-nations, et avec ses 455 millions d’habitants, un marché plus grand que celui des Etats-Unis. Le traité constitutionnel est quant à lui un contrat passé entre les peuples et leurs pouvoirs publics.La commémoration très enthousiaste du 60e anniversaire du débarquement, l’accolade de Jacques Chirac et de Gerhard Schröder, sont autant d’événements qui ont inauguré une nouvelle phase dans les relations européennes. Ainsi, la pacification de l’Europe, but de ses fondateurs, est maintenant atteinte. Mais quelle place aura cette Europe sur l’échiquier mondial? Dans un monde rongé par les conflits, les regards se tournent vers l’exportation d’un modèle d’organisation européen qui a pourtant été initialement bâti dans une zone en friction. L’exemple européen est aujourd’hui présenté comme un cas pratique dans la régulation des conflits. La création de zones d’échange à grande échelle permettra ainsi de surmonter maintes difficultés, ce qui est d’ailleurs le but aussi bien du plan euro-méditerranéen de Barcelone de 1995 que de l’actuel projet de réforme américain pour le Grand Moyen-Orient, intitulé après le G8 du 9 juin 2004 “Partenariat pour le progrès et un avenir commun au Moyen-Orient élargi et l’Afrique du Nord” et qui engage également les pays du G8 (Etats-Unis, Russie, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Canada) à soutenir le processus électoral en Irak. Le communiqué des G8 précise également que le règlement du conflit israélo-palestinien est un élément important des progrès dans la région. Il faut néanmoins reconnaître que, lors de la campagne électorale européenne, les débats n’avaient pas grand intérêt pour les partis dominants comme pour le gouvernement. En effet, les décisions se prennent principalement dans les Conseils des ministres, et le Parlement européen n’a pas encore, pour sa part, une capacité décisionnelle totale. Il accompagne les décisions sans les entériner. Le citoyen européen est donc devenu un intermittent politique auquel on fait appel pour donner sens à cette Europe, sans pour autant lui octroyer les outils de compréhension et d’analyse adéquats. La question européenne lui est devenue trop compliquée, et il se perd dans les termes techniques et économiques et les subtilités juridiques. Il faut le reconnaître: la génération des fondateurs visionnaires et pacificateurs a laissé la place à une génération de gestionnaires. L’Europe est devenue une formidable machine d’harmonisation, que nous vivons au quotidien à travers des normes alimentaires, sécuritaires, légales, institutionnelles… Cette standardisation est confrontée à son pendant américain, tandis que les pays tiers se retrouvent au centre de ces deux standards. Y aura-t-il une place pour la diversité culturelle sans que l’homme ne soit broyé dans l’homogénéisation et ne perde sa particularité d’être le créateur de l’émotion et de la surprise? Les enfants intériorisent plus l’Europe et ont intégré dans leur imaginaire l’Europe élargie à laquelle ils substituent pourtant leurs Etats-nations. Nous sommes en route vers une Europe fédérale, avec un projet politique plus affirmé.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc