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Economie

Congrès de l’eau
“Chaque dollar investi dans l’eau en rapporte 35”
Entretien avec Jamie Bartram, coordinateur de la division à l’OMS

Par L'Economiste | Edition N°:1860 Le 23/09/2004 | Partager

Jamie Bartram est coordinateur de la division eau et sanitaire de l’OMS. Il a obtenu la plus grande distinction lors de ce 4e congrès de l’IWA. A Marrakech, il a présenté la charte de Bonn avec les nouvelles directives de l’OMS concernant l’eau potable.- L’Economiste: Concrètement, quels changements apportent les nouvelles directives de la charte de Bonn?- Dr Jamie Bartram: Aujourd’hui, s’assurer que l’eau de boisson soit potable en amont est le défi pour le monde entier. Pendant de nombreuses années, la gestion de la qualité de l’eau s’est faite sur la base des outils de mesures bactériologiques. C’est-à-dire que la contamination de l’eau n’est détectée que s’il existe une crise sanitaire avec des malades et des morts. Les nouvelles directives essayent d’encourager la gestion du risque et la maîtrise de chaque étape de la chaîne de production, de distribution et du contrôle du produit fini. C’est le grand tournant de l’OMS, attendu par tous les acteurs de l’eau, notamment dans les pays en développement où la rareté de la ressource est conjuguée au problème de pollution.- Cela veut dire une implication de tous les intervenants et aussi leur adhésion…- Justement, avant l’élaboration de ces nouvelles directives, nous avons procédé à une large consultation de tous les groupes qui interviennent dans la chaîne d’approvisionnement. Ce n’est pas pour rien que l’étude pour définir ces directives a duré huit ans et consulté 500 experts de 90 pays. Pour nous, le plus important était d’atteindre un consensus sur ces directives. Maintenant, le plus difficile sera leur mise en place, sachant que certaines ne sont pas nouvelles. Elles étaient déjà imposées dans le cadre des premières directives de l’OMS et sont effectives dans plusieurs pays, y compris dans ceux en développement.- Combien de temps allez-vous donner aux pays pour la mise en application de ces directives?- Je ne peux vous donner une réponse précise. Cela dépend des pays. Certains sont déjà en cours d’intégration de ces nouvelles lignes. D’autres ont d’abord besoin de revoir leur législation avant de les intégrer. Ce que nous privilégions à l’OMS, c’est d’adapter ces directives à l’environnement social et économique. A chacun son rythme.Un fait est acquis: les professionnels de la santé appliqueront ces directives. Les aspects économique et juridique qui y sont liés dépendent de chaque gouvernement.- Mais cela ne risque-t-il pas de creuser encore plus le fossé entre pays riches et pays pauvres?- Au contraire, laisser aux pays la liberté d’adapter les directives de l’OMS à leurs conditions économiques et sociales leur permettra une meilleure flexibilité pour résoudre efficacement les problèmes. Je pense qu’il vaut mieux faire un bon usage des ressources d’un pays donné que d’essayer de le pousser à réaliser tout en même temps et, finalement, aucun aspect ne sera complètement résolu.D’un autre côté, et maintenant que ces lignes de conduite ont été définies, la priorité de l’OMS basculera vers l’assistance à apporter aux pays pour les mettre en place. Aujourd’hui, l’avènement des nouvelles technologies dans le domaine de l’eau et aussi dans la communication nous permettra une réactivité plus rapide pour réviser les directives dans des temps rapprochés.- Le poids de ces directives au niveau du financement des projets d’assainissement par exemple…- Il n’est pas encore important malheureusement. Ce que je peux vous dire, c’est que la Banque mondiale par exemple utilise comme référence les directives de l’OMS en l’absence de politique nationale.- Quelles sont les maladies liées à l’eau?- L’inévitable diarrhée qui tue 2 millions de personnes par an dont 95% sont des enfants; la malaria, le trachome, la bilharziose continuent de faire des victimes. Au total, ce sont pas moins de 3,5 millions de personnes qui décèdent chaque année à cause de maladies liées à l’eau. Les coûts humains sont aussi importants, mais ceux économiques ne sont pas à négliger. Nous avons chiffré les investissements en assainissement aux coûts du non-assainissement. Pour chaque dollar investi en assainissement ou pour l’accès à l’eau potable, ce sont de 3 à 34 dollars de bénéfices. Le calcul est simple. En l’absence de ces infrastructures, les maladies, selon la taille et les situations des pays, coûtent cher à l’Etat, à l’économie et aux populations.Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

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