×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Affaires

Comment Tétouan se prépare à Tanger-Med

Par L'Economiste | Edition N°:1902 Le 24/11/2004 | Partager

. Les élus devront faire du lobbying pour en tirer le maximum d’avantages . Leur mode de gestion est appelé à se mettre en phase avec cet objectif C’est un véritable face-à-face avec la presse qui a été organisé dernièrement au siège de la wilaya de Tétouan. Une rencontre qui a duré 6 heures et à laquelle ont pris part presque tous les responsables de la ville et de la région. Présidée par le wali Mohamed Mbarki, elle a permis de mettre sur le tapis les sujets qui fâchent. C’est la deuxième rencontre du genre depuis que Mbarki est aux commandes, d’où l’importance de ce rendez-vous pour discuter «à bâtons rompus» de tous les maux et réussites de la région. C’est aussi la première fois que les responsables de la chose religieuse, notamment le délégué régional des Affaires islamiques et le président du Conseil des ouléma, interviennent dans une réunion “technique”. Une nouvelle vision de la gestion religieuse qui se veut moderniste et proche des soucis de gestion globale de la ville. La région qui est connue pour la ferveur de ses habitants et leur attachement aux sources, a souvent fait l’objet de questionnement. Mais Mohamed Mrabet, délégué régional des Affaires islamiques, est confiant et tient un langage scientifique. Il évoque la «nouvelle dynamique que le champ religieux est en train de connaître à Tétouan». Des séminaires de sensibilisation sont ici régulièrement organisés au profit des prêcheurs, des «mouaddines» et des «mouchafiines». A Tétouan, on dénombre pas moins de 1.000 mosquées dont les deux tiers sont sous l’égide du ministère, le reste appartenant au privé. Mrabet parle d’une vingtaine de mosquées qui sont aujourd’hui récupérables par l’Etat. Dès le début de la rencontre, une grande question a été posée: «Où va Tétouan?» Une interrogation qui se situe bien dans le contexte des changements qui se profilent dans les années à venir et en premier lieu le port méditerranéen et ses répercussions sur la région et Tétouan comme ville façade. Les investissements prévus pour la région du nord, dont les 12 milliards de DH du port méditerranéen, totalisent 20 milliards de DH. Ici, les gens craignent que le port ne profite qu’aux grandes villes de «l’intérieur». Ils veulent que leurs représentants dans les institutions élues fassent beaucoup de lobbying auprès du Centre pour avoir le maximum d’avantages et que la construction du port soit génératrice d’emplois pour la région. Certains responsables communaux se sont plaints du fait que les jeunes de la région n’aient pas été suffisamment employés dans les chantiers de cette grande œuvre. . «Commune sans président»Ils savent toutefois que leur région est appelée à se mettre au diapason de ces grands changements. «Le développement va conquérir la région», même la presse locale le dit. Mais est-ce que “le mode de gestion de la commune de Tétouan s’est mis en phase avec ces grands changements?” Ici, l’on parle de “commune sans président”, ce dernier n’étant autre que le ministre Ahmed Talbi Alami. Les Tétouanais pensent que ses responsabilités de ministre grignotent beaucoup de sa disponibilité pour la ville. D’autres, au contraire, estiment que sa proximité du pouvoir de décision, comme d’ailleurs les relations du wali en tant qu’ex-ministre, peuvent accélérer la cadence des grands chantiers programmés. Mais avant, faudrait-il que l’identité de la ville soit bien claire: ville touristique, agricole ou commerciale? Voilà un vrai chantier de réflexion. La région souffre un grand déficit en infrastructures. Suite aux pluies de ces derniers jours, les rues de la localité de Martil sont devenues impraticables. Ses commerçants craignent que sa vocation touristique ne soit menacée si la situation perdure. Même préoccupation pour l’habitat insalubre qui trouve sa pleine expression dans le quartier dit “Diza”. Ce quartier de Martil sert d’alibi pour des personnes venant de Casablanca et d’ailleurs pour se procurer le certificat de résidence qui leur permet d’avoir accès à l’enclave de Sebta. C’est une véritable bombe à retardement. Les crues de l’oued Martil sont une menace permanente. L’oued reçoit depuis des années les déchets ménagers et industriels ainsi que les eaux usées des 600.000 habitants de la ville de Tétouan. La situation est critique et c’est pourquoi les élus sont aujourd’hui en dernière phase de discussions avec Amendis (le concessionnaire de la gestion de l’eau et de l’électricité), pour un projet d’assainissement de l’oued de l’ordre de 1,3 milliard de DH. Autre défi, cette fois-ci lié à l’exploitation sauvage des carrières de sables à Tétouan. Ce problème est un vrai casse-tête pour les responsables de la ville. A Martil, un bateau (le monstre d’acier) est devenu l’incarnation depuis 4 ans (durée de son autorisation) de la fin programmée de cette plage prisée par les estivants. “Son propriétaire puise du sable de Martil pour le vendre à l’extérieur du pays”, affirme-t-on. Aujourd’hui, la commune compte revoir la formule de ce genre d’autorisation. Le foncier est un autre casse-tête. C’est un problème classique dans la région du nord. Il est en grande partie à l’origine des difficultés ayant trait à l’investissement dans la région. Même la commune de Martil en est victime. Partie sur le principe de faire de la forêt de Oued El Maleh (30 hectares entre Martil et Tétouan) un parc urbain, elle a été surprise de découvrir que ce domaine est une propriété privée et non celle des Eaux et Forêts. Le wali a sommé le délégué des Eaux et Forêts pour que l’affaire trouve “une issue judiciaire dans les plus brefs délais”. “Je ne veux plus entendre parler de ce genre de problème”, a-t-il tonné. Côté transports, Tétouan est très en retard. La commune peine encore à faire respecter les cahiers des charges par les transporteurs. Elle est encore loin de la gestion déléguée. Quant à la nouvelle gare routière, les travaux traînent. Un membre de la commune de Tétouan qui est aussi journaliste, a demandé l’ouverture d’une enquête sur la situation. Ce qui ne fut pas sans choquer son supérieur hiérarchique.


Sentiment de sécurité

Les choses ont beaucoup changé au nord. Les gens sont plus affables et communicatifs. Parallèlement, la sécurité a été renforcée et se répercute positivement sur le climat social. Le préfet de police, Abderrahim Maâd parle d’un “sentiment d’insécurité qui ne tardera pas à se dissiper”. La construction de 17 centres de police est en cours pour être disponibles à partir de janvier 2005 tout autant que les brigades urbaines. L’objectif est de créer une police de proximité qui devra augmenter le sentiment de sécurité chez les habitants. Par ailleurs, le bilan 2004 de Maâd est assez satisfaisant: 443 dealers arrêtés, 3,45 tonnes de haschich saisies ainsi que 1.262 doses d’héroïne et 585 de cocaïne. 122 réseaux d’émigration clandestine ont été démantelés. De notre correspondant, Mostafa BENTAK

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc