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Casablanca: Les transporteurs privés se rebiffent

Par L'Economiste | Edition N°:1663 Le 16/12/2003 | Partager

. Le projet de gestion déléguée de la RATC met la pression sur les concessionnaires. Ces derniers souhaitent le report du projet pour mieux s’y préparer LA décision du Conseil de la ville de Casablanca de déléguer la gestion du transport en commun a suscité une réaction frôlant la colère, des transporteurs privés. Ces derniers, “alertés” par l’avis de préqualification dont les plis doivent être ouverts le 29 décembre, ont multiplié les contacts, les rencontres et les correspondances à toutes les parties concernées. Ils estiment que cet “avis va les léser dans leurs droits en tant que transporteurs nationaux ayant concédé de nombreux sacrifices” aux transports en commun dans la métropole.Cependant, une ambiguïté est à lever. En effet, “ il ne s’agit pas de la délégation de tout le secteur du transport en commun à Casablanca, mais uniquement de la gestion de la Régie autonome de transport (RATC)”, tient à préciser le président du Conseil de la ville, Mohamed Sajid.Mais pour les professionnels, regroupés au sein de la Confédération nationale du transport routier, l’avis de préqualification pour la gestion déléguée du transport urbain à Casablanca “comporte de nombreuses clauses qui prêtent à confusion”. Ils estiment, dans une note adressée aux autorités compétentes, que “l’avis de préqualification parle du principe de déléguer la gestion du service assuré actuellement par la Régie autonome de transport urbain de Casablanca. Ce qui signifie, logiquement, que c’est le service de transport urbain dont il est envisagé de déléguer la gestion et non la RATC”. Les transporteurs privés font remarquer que “le texte se réfère à l’exploitation en monopole sur 63 lignes dans un réseau de 146. Or, l’ensemble du réseau est aussi bien dédié au transport urbain public que privé… Il n’y aurait donc pas de monopole sur les lignes, contrairement à ce qui est mentionné dans l’avis de préqualification”.Rejetant toute intention de polémique sur un sujet qui intéresse pourtant tous les Casablancais, les transporteurs n’en continuent pas moins de recenser les clauses qui les inquiètent. Selon eux, “les critères énoncés dans l’avis de préqualification ne sont pas tous clairement définis et peuvent faire l’objet d’interprétation par la commission de préqualification de façon arbitraire en excluant certains candidats au profit d’autres sur des bases subjectives”. D’autre part, ils contestent “le modèle de lettre de candidature, imposé par l’autorité”. Celui-ci “fait reconnaître par le soumissionnaire, le droit à cette autorité de changer en cours de procédure et après dépôt des dossiers par les candidats, les critères de préqualification et de ne retenir que les candidats répondant à ces critères ainsi modifiés”. C’est ce qui, “enlève toute transparence à la procédure et laisse toute latitude à la commission de préqualification de retenir des candidats selon son seul gré”, comme l’affirme dans une lettre adressée au Premier ministre le 11 décembre, le président-délégué de la confédération des transporteurs. Hormis ces récriminations, les transporteurs privés font part de leur intention de participer dans le cadre d’un regroupement de sociétés à l’émancipation du transport en commun à Casablanca. Ils affirment, dans une déclaration exclusive à L’Economiste, qu’ils sont “prêts en cas de liquidation de la RATC à reprendre, selon des modalités à fixer d’un commun accord entre les parties concernées, l’ensemble du personnel de la Régie”. “C’est un personnel hautement qualifié et qui connaît très bien son métier. C’est le seul bien réexploitable immédiatement. Ce personnel est formé à une discipline stricte indispensable dans une activité en site mouvant”, reconnaissent les transporteurs privés. Ils se disent aussi “disposés à assurer et réussir la mise à niveau de leurs sociétés dans des délais acceptables”. Cette mise à niveau tellement attendue, traîne depuis des années et ce sont les usagers qui en subissent les conséquences. Privé ou public, le transport urbain est remis en question dans son ensemble. “Et si aujourd’hui le Conseil de la ville veut déléguer la gestion de la RATC pour améliorer la qualité du transport urbain, c’est parce que la formule de concession au privé n’a pas donné ses fruits”, commentent bon nombre d’observateurs. L’avis de préqualification met donc la pression sur les transporteurs privés. Ces derniers comme ils le reconnaissent, eux-mêmes, sont appelés à se mettre à niveau. Un long travail les attend pour revoir leur parc de véhicules, former leur personnel et surtout le motiver… C’est ainsi qu’ils pourraient mieux rivaliser avec la concurrence étrangère et ne plus se sentir marginalisés. Une ville de la taille de Casablanca n’a peut-être pas besoins de plusieurs petites compagnies qui se disputent les lignes. Il s’agit plutôt de concentrer les efforts afin d’attendre le seuil technique pour gérer le transport d’une métropole comme Casablanca. L’ex-wali, Driss Benhima, avait initié l’idée sans avoir le temps de la concrétiser.


Arbitrage du Premier ministre

LES transporteurs privés ont adressé au Premier ministre une correspondance dans laquelle ils sollicitent son arbitrage sur la procédure de préqualification. Ils veulent “redéfinir les critères afin d’assurer toute la transparence et les garanties d’équité pour l’ensemble des participants et éviter ainsi la marginalisation des opérateurs marocains…” Mais la ville n’a vraiment pas le temps de faire encore traîner ce dossier. Et ceux qui ne seront pas prêts à l’heure rateront le bus. Actuellement, c’est le contribuable qui assume le déficit de la RATC. L’ex-CUC et l’actuel Conseil de la ville ont affecté un budget non négligeable pour alimenter provisoirement les caisses de la Régie en difficulté.


Le coût de la mise à niveau

LA RATC doit se doter d’un parc d’au moins 600 véhicules neufs pour pouvoir assurer, dans des conditions acceptables, sa mission de transporteur en commun public. C’est un investissement de plus de 500 millions de dirhams. Mais ceci paraît peu probable, vu l’investissement à consentir. Par conséquent, la solution la plus réaliste serait de redéployer les moyens existants sur une base rationnelle en redéfinissant les rôles du public et du privé.Jamal Eddine HERRADI

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