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Loueurs de matériels, gargotes, bazaristes… les petits commerces de l’Ouka

Par L'Economiste | Edition N°:1663 Le 16/12/2003 | Partager

. La station accueille jusqu’à 6.000 personnes en week end . Le déplacement en vaut la peine malgré les désagréments de la route C’est une route qui traverse littéralement la montagne qui mène vers l’Oukaïmden. A 35 kilomètres de la vallée de l’Ourika sise au pied du jbel, les hauteurs des montagnes donnent le vertige aux visiteurs. La route demeure difficile, du moins pour les non habitués. Depuis Marrakech, elle n’est pas sans donner des sueurs froides aux automobilistes. Les flancs de la route ne sont pas parés et les risques de chutes de pierres sont fréquents. Encore plus lorsque le soleil n’est pas au rendez-vous. Il vaut mieux choisir un jour où le ciel est clair pour monter à l’Oukaïmden. Et le voyage vaut le détour malgré les désagréments de la route. Juchés au haut des montagnes, maisonnettes couvertes de neiges, mini-villages, grottes (souvent utilisées comme refuge par les sportifs de montagne) accompagnent le voyageur. A une dizaine de kilomètres de la station, là où les montagnes sont totalement enneigées, le soleil fait fondre les flocons. Des petits ruisseaux d’eau coulent tranquillement du haut de ces montagnes. Ici, les villageois habitués n’ont peur ni du froid, ni du brouillard. De petits enfants chaussés parfois uniquement de sandales regardent les voitures passer, et leur font des signes. Ces enfants vendent des petits paquets de fruits locaux “sasnou”. Ni le froid ni la neige ne retiennent non plus les quelques commerçants qui exposent sur des étalages de fortune, des produits artisanaux ou encore des pierres ramassées dans les environs. L’on vit comme on peut dans la région et une saison de neige où la station connaît une affluence est tellement rare. Quelques restaurateurs se sont également hasardés à ouvrir des petits restaurants sur la route. Peu de clients s’y arrêtent. Le froid et aussi l’impatience d’arriver à destination sont parfois dissuasifs. Les restaurateurs de la station ont plus de chance. Depuis trois ans, l’Oukaïmden a ses gargotes ou ses “touajnias” informels. Ils vendent de tout (de la grillade au tagine, passant par la “bissara”). Ce développement n’est pas sans plaire aux visiteurs, car les prix sont abordables, mais déplaît fortement aux restaurateurs et hôteliers de la place. Evidemment, l’absence d’hygiène est avancée comme argument. Durant la saison de ski, l’Ouka accueille jusqu’à 6.000 visiteurs le week-end, rendez-vous incontestable pendant cette période. Les visiteurs viennent de Casablanca, Rabat et de Marrakech. “L’informel” a touché aussi les locations de matériel. Les rabatteurs se ruent vers les voitures à l’entrée de la station. Et comme dans un souk, le client est encadré par les loueurs occasionnels et ne sera lâché qu’une fois chaussé de skis.Depuis 3 ans, ce sport luxueux qu’est le ski est devenu un “sport populaire occasionnel”, comme le dit si bien un père de famille. “Trois fois par an, je viens à l’Ouka avec mes enfants et je leur apprends à faire du ski avec les moniteurs de la place”, indique-t-il. Peu importe pour lui que le moniteur en question n’en soit pas vraiment un et que le matériel loué soit obsolète, du moment qu’il tient durant ce quart d’heure d’apprentissage et que les prix sont abordables. En effet, bien que des panneaux indiquent les tarifs de leçons de ski et que les moniteurs homologués portent des badges, c’est vers les apprentis qu’ira la majorité des visiteurs amateurs de la station.Dans l’espace réservé aux glissades et aux luges, même scénario. De vieilles luges ou d’autres artisanales font le bonheur des enfants et aussi des grands. Certains utilisent même des bassines, pourvu qu’elles glissent. Le prix dépend du marchandage. Il peut passer de 50 à 15 DH pour une luge et 100 à 50 DH pour une leçon de ski (matériel compris).Pourtant, quelques magasins de loueurs agréés sont bien sur place. Leurs clients demeurent les skieurs professionnels ou amateurs, notamment ceux du CAF (Club alpin français). Bref, à l’Ouka, l’informel bat son plein. Seuls les téléskis et télésiège y échappent. Gérés par l’ONEP (qui les a reçus en héritage de la Régie des exploitations industrielles) 6 téléskis dans la station portent les skieurs dans les hauteurs des pistes skiables. Un peu plus loin, c’est un télésiège flambant neuf qui monte jusqu’au plus grand sommet. Le télésiège a fait l’objet de controverse, il y a quelques années. L’ancien télésiège installé depuis 1963 avait fini par rendre l’âme. L’arrêt, deux saisons consécutives, du télésiège a entraîné une baisse de près de 50% de la clientèle de toute la station. Un nouveau télésiège a été commandé finalement en 2001 au spécialiste Doppelmayer pour la bagatelle de 21 millions de DH, financé par l’ONEP, la région de Marrakech Tensift Al Haouz et la commune du village. Il n’a été opérationnel que fin décembre de l’année dernière, ratant d’ailleurs la saison 2002. Une montée en télésiège coûte 16 DH, mais il faut s’y préparer. La différence de température entre le sommet et la station est de 7 degrés (en moins). Souvent les piétons sont légèrement vêtus. Les responsables des remontées mécaniques tentent d’arrêter les montées aux piétons à partir de 15 heures. Une contrainte souvent mal accueillie par les visiteurs.


Pas d’équipe de secours

Si les week-ends sont fastes pour la région côté économique, ils sont des jours de grande alerte, côté sécurité, surtout face aux manques d’infrastructure. Aucune garde de neige en cas de problème, ni équipe de secours. Seul un petit dispensaire devrait couvrir les besoins. Pour l’heure, il n’y a pas eu de grand accident dans cette saison à part un petit enfant qui s’est perdu dans les hauteurs. Une équipe de moniteurs a pu le retrouver. Généralement, ce sont les militaires qui passent toute l’année à la station, le bataillon de skieurs basé à Kasbat Tadla. Ils interviennent pour toute opération en montagne et assurent les évacuations en cas d’accident sur les pistes. B. B.

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