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Politique

Casablanca: Les conseillers du PJD retournent leur veste

Par L'Economiste | Edition N°:2325 Le 24/07/2006 | Partager

. Joutes oratoires et invectives contre le maire . Repositionnement tactique en perspective de 2007?. Le succès du festival embarrasse les élus islamistesLe torchon brûle entre les élus du PJD et Mohamed Sajid. Les premiers ne ratent plus aucune occasion pour fustiger le président du Conseil de la ville de Casablanca. Démonstration: mardi 18 juillet, deux conseillers du parti de Saâdeddine El Othmani, par ailleurs fortement représentés, ont fait capoter la dernière assemblée générale ordinaire du Conseil de la ville, reportée du coup au 25 du mois. Leurs vociférations contre le président, dont ils ont exigé la présence, ont couvert toutes les autres interventions. Le Festival de Casablanca est objet de l’ire des conseillers pjdistes. Ils en font une fixation, même s’ils semblent à court d’arguments devant le succès de la manifestation. Leur discours est, en effet, mitigé concernant cet événement. Mais, à y voir de plus près, leurs interventions sur le sujet ne manquent pas de relents démagogiques pour ne pas dire carrément intégristes. En voici un échantillon: Mustapha Lahya, conseiller du PJD, désignera un «festival de la débauche» indigne de la ville de Casablanca qui est le «chef-lieu de saints hommes». Les conseillers du PJD concentrent toute leur colère sur l’association organisatrice du festival, dont ils ont pourtant cautionné la convention de partenariat signée avec le président du Conseil de la ville, il y a plus d’un an déjà. Une association qui serait «née avec une cuillère en or dans la bouche», selon l’expression du même Lahya. La critique est des plus acerbes contre ses membres. «Qu’ils dégagent et nous laissent en paix. Ils n’ont pas à intervenir dans le choix de la politique culturelle de la ville», reprend dans un souffle l’élu du PJD. . Fin d’une idyllePour qui connaît les rouages et le fonctionnement du Conseil de la ville de Casablanca, cette position des élus du PJD n’est pas anodine. Membres importants de la majorité qui avait porté Mohamed Sajid à son poste actuel et fait avorter le rêve de Karim Ghellab (candidat istiqlalien) de présider aux destinées du Conseil de la ville des affaires, les élus du PJD ont toujours veillé à ne pas aller à contre-courant des décisions du président.«Dans leur historique de vote, il y a une seule abstention qui concernait par ailleurs l’adoption en début de mandat des comptes administratifs des 27 communes de Casablanca, mais en règle générale ils négocient en coulisse pour sauver la face», confie une source proche du conseil. Comme lorsqu’ils avaient menacé -au mois de février- de passer dans les rangs de l’opposition, faisant pression sur le maire de la ville, lors du vote du compte administratif 2005, avant de se ranger du côté de Sajid. «Les membres du PJD étaient même les meilleurs défenseurs du président dont ils louaient la moralité», ajoute la même source. Devant cette «idylle», certains ont même soupçonné le PJD de vouloir récupérer le maire élu sous la bannière de l’UC ou ce dernier de vouloir intégrer les rangs d’un parti montant pour s’assurer un retour en force lors des prochaines élections. La question n’est pourtant pas à l’ordre du jour. Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui pour que les élus du parti islamiste s’en prennent de manière aussi directe et frontale au président du Conseil de la ville? S’agit-il de la volonté de préserver des acquis ou d’une tactique politique de conjoncture? «Les deux thèses se rejoignent», analyse un observateur. Il est évident, selon lui, que les élus du PJD manifestaient leur attachement fidèle aux thèses et positions des responsables du Conseil tant que celles-ci n’allaient pas à contre-courant des intérêts qui sont parfois personnels. Mais, il n’est pas non plus exclu que le calcul politique entre en ligne de compte dans ce qu’il désigne comme «un retrait stratégique» qu’ils opèrent par rapport à la majorité du conseil, composée par ailleurs des élus de l’UMP et du RNI. Le PJD, qui pourtant avait limité ses ambitions en ne couvrant que 50% des circonscriptions casablancaises lors des communales de 2003, a pu rafler 593 postes et s’assurer 16 sièges dans le Conseil de la ville tout juste derrière l’USFP (17 sièges) et l’Istiqlal (19). «Son souci est de pouvoir conserver le lien avec la base, d’où la dualité du langage», estime un membre du conseil.La perspective des élections de 2007 ne serait pas étrangère à cette radicalisation des positions que les élus du PJD opèrent au sein du Conseil de la ville de Casablanca. L’heure est au repositionnement.Rien à voir, en effet, avec les joutes oratoires des mêmes élus PJD qui servaient dans un passé tout récent à maintenir l’illusion de l’équilibre au sein du Conseil de la plus grande ville du pays. Le «cirque», comme l’a désigné une élue de l’opposition, se poursuit certes, mais ne sert pas forcément les mêmes desseins. Le discours populiste puise dans le même référentiel de toujours. On invoque la moralité pour attaquer des actions. Les festivals, tous les festivals étaient en ligne de mire du PJD avant que ce dernier ne rectifie sa position. Aujourd’hui le parti appelle à élever le niveau de ces manifestations alors qu’il les rejetait en bloc par le passé. C’est le journal Attajdid, dont le parti tente de se démarquer officiellement, qui s’est donné la fonction de «moralisateur de la société». Ses attaques n’épargnent rien ni personne. Des responsables de manifestations culturelles, comme ce fut le cas tout récemment à Casablanca avec une des membres organisateurs du festival, aux universités populaires, le même lot d’invective est déversé. A la direction du parti, le propos se veut pourtant mesuré. Le PJD, qui tenait la réunion de son comité national, le 22 juillet en prélude du congrès extraordinaire le 23, fait plutôt dans le politiquement correct. Ainsi, ses responsables se prononcent pour «la simplification des procédures administratives, la réforme de la justice et de l’enseignement». Ils louent les initiatives de l’IER et du rapport du cinquantenaire sur le développement humain et surtout estiment, quoiqu’ils soient en partie divisés sur la question, que «le Maroc peut faire l’économie d’une réforme constitutionnelle». Dans une question orale adressée tout récemment au gouvernement, le PJD s’interroge au sujet de l’activation du conseil économique et social. Une manière de dire que le pari repose sur l’application de la Constsitution et non sa réforme.Khadija RIDOUANE

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