×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Affaires

“Les agressions verbales sont courantes”
Jamal El Kattabi, président de l’Association des Marocains aux Pays-Bas pour la défense des droits de l’homme

Par L'Economiste | Edition N°:1896 Le 12/11/2004 | Partager

- L’Economiste: Quelle est la situation de la communauté marocaine après ces incidents? - Jamal El Kattabi: La situation est critique surtout à Amsterdam où le réalisateur Van Gogh a été tué. La peur règne parmi les Marocains. Les regards des Néerlandais ont changé depuis cet assassinat. Le sentiment de rejet grandit au sein de la communauté marocaine. Un récent sondage a montré que 80% d’entre eux sont pour un durcissement de l’intervention de l’Etat au détriment des libertés individuelles. Ce qui est une première dans un pays où la liberté de ton fait partie des traditions. - Comment les Néerlandais manifestent-ils ce sentiment de colère?- A l’heure actuelle, il n’y a pas eu de vraies manifestations de racisme, mais les agressions verbales sont courantes. La culture de l’extrémisme prend de l’ampleur. Les politiciens de droite en profitent pour pousser à plus de dureté dans le traitement des étrangers. Pour eux, l’assassinat du réalisateur Van Gogh est la preuve qu’il faut opter pour “une politique de minorité” et non encourager l’intégration. Beaucoup utilisent un langage indécent comme “la culture musulmane est basée sur le meurtre et que les musulmans sont derrière la prolifération d’un terrorisme structurel”. Les esprits sont chauffés par les médias aussi. . Groupes organisés- Les incendies des mosquées dans plusieurs villes montrent que le commanditaire est un groupe organisé…- C’est vrai. C’est la première fois que ces incendies sont d’une telle ampleur. Il faut savoir aussi qu’après l’assassinat du réalisateur, le parti de l’extrême droite a pour la première fois obtenu une autorisation pour organiser une manifestation de protestation où il y avait, entre autres, des skin-heads. Il n’a jamais eu cette autorisation auparavant, car la loi interdit toute manifestation publique qui prône la discrimination. - Et du côté de la communauté musulmane, comment se manifeste l’intolérance? - Les Pays-Bas abritent quelque 500 nationalités et ethnies. La communauté marocaine est toujours pionnière quand il s’agit de dénoncer ce qui se passe en Palestine ou en Irak. Je remarque aussi que certains Marocains essaient d’attiser cette intolérance car ils n’acceptent pas encore le concept de liberté dans la société néerlandaise. Dans les rues, certains critiquent la façon de s’habiller des femmes. - Quel est le poids des extrémistes islamistes aux Pays-Bas?- Ces groupes se trouvent dans toute l’Europe. Partout, il y a des personnes qui recrutent. Ils utilisent Internet, leur outil de communication de prédilection. Aux Pays-Bas, ceux qui n’ont pas de souci pour gagner leur vie, se tournent vers la défense d’une cause particulière. Il y a beaucoup de mosquées aux Pays-Bas et elles se multiplient. Les imams font la prière en néerlandais pour les émigrés de deuxième génération. C’est justement cette population qui est la plus convoitée.- Quel est le profil de ces extrémistes?- Il y a beaucoup de jeunes parmi ces groupes. La plupart sont nés aux Pays-Bas et y ont fait leurs études. Ils intègrent des organisations islamiques où on débat de la situation en Palestine et en Irak. Ces groupes se rassemblent librement car l’autorisation des autorités n’est pas obligatoire aux Pays-Bas. Ils louent des salles et organisent des rencontres. - A votre avis, quelle leçon tirer de ces incidents? - Nous avons dénoncé l’assassinat du réalisateur, même si nous ne sommes pas d’accord avec son langage provocateur à l’égard de l’islam. Je crois qu’il faut avoir un minimum de respect envers les autres. Je crois que le débat du futur portera sur les limites de la liberté d’expression chez toutes les composantes de la société néerlandaise. Les amis du réalisateur assassiné ont reconnu, dans un communiqué, qu’il fallait faire montre d’une plus grande compréhension des étrangers et de leurs attentes.


Qui est l’assassin de Van Gogh?

L’assassin présumé du réalisateur Van Gogh, Mohammed Bouyeri, est un Néerlandais, né aux Pays-Bas dont la famille est d’origine marocaine. Selon Jamal Al Kattabi, patron de l’Association des Marocains aux Pays-Bas pour la défense des droits de l’homme, il s’agit d’un jeune de 26 ans, dont le parcours ne prédestinait aucunement à devenir extrémiste. Jusqu’à 23 ans, il menait une vie bien remplie comme les jeunes de sa génération. Sa mère meurt, son père tombe malade et une parente aurait plongé dans la débauche. Il aurait alors petit à petit basculé vers l’islamisme radical. En somme, le parcours type de plusieurs terroristes, impliqués dans des attentats un peu partout dans le monde. Propos recueillis par Nadia LAMLILI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc