×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    4ème Salon du Bâtiment : L'optimisme en attendant les financements

    Par L'Economiste | Edition N°:48 Le 08/10/1992 | Partager

    Le 4ème Salon du Bâtiment, tenu à Casablanca du 1er au 6 Octobre. est à l'image du secteur: hétérogène.... par ses produits, concurrentiel, ouvert à l'étranger, professionnel et populaire à la fois. L'optimisme règne chez les professionnels qui avouent quelques commandes, quelques contacts, mais surtout une promotion auprès d'un public nombreux et varié.

    Les visiteurs étaient d'abord des "curieux" pour 90%, affirment les exposants. Ils raflent les catalogues, encombrent les stands. L'affluence populaire rappelle que le bâtiment, avant d'être matériaux et outillages, est d'abord un logement, voire un équipement ménager. Ainsi, les familles ont envahi un stand de cuisines encastrées, comme s'il présentait la dernière innovation. Le sanitaire importé d'Italie ou de France impressionne par ailleurs.

    L'innovation technologique touche surtout le matériel de sécurité exposé par Canderay, Cetelma et d'autres encore. "Un marché porteur. Le public croit que le développement des droits de l'homme s'accompagnera d'insécurité", avouera un vendeur. Du coup, les villas et les appartements de standing sont équipés de vidéo-portier. Ces interphones audio-visuels permettent de voir le visiteur, même dans la nuit noire, grâce à une caméra à infrarouge. Au besoin, les visages de ceux qui sonnent sont enregistrés, mémorisés, restitués. Un tel système (collectif) est installé pour 4.500 à 7.000 DH en appartement et pour 10.000 Dirhams (individuel) en villa. Les entreprises sont aussi démarchées et il n'y a que les administrations qui sont réticentes: un gardien revient moins cher qu'une vidéo portier ou qu'un système de contrôle d'accès.

    Pour tous ces types de matériel, les revendeurs prospectent les foyers installés, mais surtout les promoteurs, circuit de distribution privilégié. Ils achètent en grand nombre, incluant le coût de l'équipement (quelques milliers de Dirhams) dans le prix des habitations (quelques dizaines de milliers de Dirhams), d'une manière indolore.

    Cette stratégie de distribution, via le promoteur, a été initiée par les marchands de moquettes américains il y a 30 ans. Elle se développe aujourd'hui dans l'équipement ménager (sanitaire, satellite TV,...).

    Une autre stratégie révélée par le Salon consiste à placer les produits à travers les professionnels. Les entreprises de peinture Sadvel, Colorado, Chimicolor... vendent les nouvelles peintures à travers la formation, voire l'équipement du peintre. Les stands organisent des séances de démonstration, au pistolet, pour des groupes de peintres invités par de gros revendeurs. "La peinture ordinaire recule au profit de la peinture décorative", explique un responsable commercial de Sadvel. Au passage, il explique que l'entreprise en arrive à vendre des groupes pistolets-compresseurs, à prix coûtant, pour encourager les peintres à l'équipement et donc à l'usage des nouveaux produits.

    Une démarche identique amène Rev-Sol, à commercialiser, en plus des carreaux pour les trottoirs et les sols, les laveuses de carreaux. L'entreprise a jugé qu'il était utile, pour son image de marque, que les carreaux soient maintenus propres.

    Ces diversifications illustrent le sentiment général des exposants: les nouveaux produits et les nouvelles technologies rencontrent des résistances auprès des artisans, des patrons de PME qui constituent l'essentiel du tissu du secteur du bâtiment. L'illustration la plus frappante est donnée par un marchand de machines pour la menuiserie, représentant la marque Griggio. "Près de 90% des menuisiers ont les doigts coupés. Pourtant, ils résistent à s'équiper d'entraîneurs à 20.000DH qui poussent les planches, qui évitent de mettre les doigts sur la scie, et améliorent la productivité, la finition".

    Le même retard en outillage est observé par un responsable de CEMA, ce qui ne favorise pas le développement du stratibois, devenu matériau de base en Europe. Seules les grandes entreprises suivent néanmoins, s'équipent en matériel, en accessoires de fixation...

    La formation professionnelle et les crédits jeunes promoteurs pousseront peut-être à l'équipement moderne. Si toutefois les jeunes trouvent les locaux nécessaires. Car le principal handicap a est à la base un problème de bâtiment, foncier et de financement.

    Le financement du bâtiment, discuté dans les allées, les stands, a constitué le thème de la dernière table ronde du Salon.

    Les professionnels et les administrations de tutelle s'accordent mal sur le diagnostic de la crise du secteur. Pour la Fédération des B.T.P, le bâtiment connaît un marasme. Il étouffe par manque de financement. "La crise du logement est là, dira M. Lahjouji, Président de la Fédération. Nous la constatons chez nos employés, nos proches". Les matériaux sont fortement taxés en douane et en TVA. Les nouvelles mesures, d'exonération de TVA sur les logements d'un VIT de moins de 500.000DH, annoncées par le CIH, laissent sceptique la profession. Ce qui" manque, c'est une politique du logement, une volonté", s'accordent à dire les promoteurs et architectes. Au CIH qui focalise toutes les aigreurs, les dirigeants expliquent qu'ils sont touchés par la réforme bancaire, qu'ils ne peuvent financer des emplois à long terme par des ressources à court terme, désormais très chères.

    Il reste l'administration de l'habitat fière de ses réalisations. Elle calcule qu'il faut construire 164.000 logements par an pour résorber le déficit et qu'elle en initie 100.000, en matière de résorption des bidonvilles, d'habitat social surtout.

    K.B

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc