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Economie

Sport en Afrique: Les maillons faibles de l'écosystème

Par Amin RBOUB | Edition N°:5861 Le 09/10/2020 | Partager
Infrastructures, gouvernance, stratégies publiques... Les sources de fragilité
Un secteur vecteur d'inclusion sociale et de développement économique
Les conclusions d'une étude réalisée par Mazars et l'Asci

Comment le sport peut-il devenir un vecteur de développement économique du continent africain? Au-delà de la dimension économique, le sport recèle des gisements d'opportunités en termes d'employabilité, d'inclusion, voire d'insertion sociale. De surcroît, et c'est partout avéré, c'est un ascenseur et un accélérateur social.

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En l'absence de données statistiques officielles, 30% des sondés estiment la valeur de l'économie du sport entre 500 millions et 1 milliard de dollars. 27% l'estiment à plus de 2 milliards de dollars

Par ailleurs, l'exercice physique a un impact direct sur la santé et le bien-être. Selon l'OMS, le manque d'activité physique est la 4e cause des décès dans le monde. «L'inclusion par le sport est un enjeu majeur pour le continent», confirme Abdou Diop, Managing Partner de Mazars au Maroc, lors de la présentation d'une étude sur «l'écosystème du sport en Afrique». En plus, poursuit Diop, c'est un domaine où il est plus aisé de devenir leader plutôt que dans la finance ou la technologie.

L'étude Mazars/Asci vise, dans un premier temps, à établir un état des lieux de l'industrie du sport en Afrique. Dans une seconde phase, elle définit les défis et opportunités qui se présentent à l'échelle du continent. L'étude a été réalisée par Mazars et l'African Sports & Creative Institute (ASCI). «L’économie du sport contribue déjà à la croissance africaine. En interrogeant les acteurs sur le terrain, nous espérons faire émerger les pratiques et idées innovantes à partir desquelles développer un ou plusieurs modèles propres au continent», soutient Mohsen Abdel Fattah, directeur de l’ASCI.

Selon les résultats préliminaires de l'étude, les trois quarts des sondés (74%) estiment que «l'écosystème est fragile, voire inexistant». Plus encore, la principale fragilité réside dans le manque d'innovation. 84% de l'échantillon estiment que "le sport manque d'innovation et de créativité en Afrique». Autre source de vulnérabilité, l'absence d'infrastructures. 77% des participants sont critiques vis-à-vis des infrastructures, de la formation (71%) ou encore du cadre législatif.

Selon Abdou Diop, «le rapport de Business France de février 2020 précise que l'économie du sport représente 2% du PIB mondial. Mais l'Afrique profite peu de cette manne, équivalente aujourd'hui à 0,5%». L'étude relève également de grandes difficultés à recruter des talents.

De plus, la perception montre que le sport «n'est pas pris au sérieux». Dans le même sillage, les répondants estiment que de nombreux acteurs comprennent «mal les enjeux spécifiques au sport». C'est le cas notamment des sponsors et investisseurs qui observent un déficit de compréhension des enjeux de la part des dirigeants de clubs et de fédérations. Ce qui empêche l'attractivité des bailleurs de fonds dans le financement de compétitions.

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Par ailleurs, l'absence de data représente l'un des freins majeurs au développement de l'écosystème. Malgré le manque de données statistiques officielles, 30% des sondés estiment la valeur de l'économie du sport en Afrique entre 500 millions et 1 milliard de dollars. 27% des répondants estiment cette même valeur à plus de 2 milliards de dollars.

Aujourd'hui, «le manque de données freine la capacité des dirigeants à détecter les opportunités». Principales raisons invoquées: «la carence de communication, la rareté de l'information  ou encore des clivages d'ordre national et régional... L'étude Mazars précise que l’écosystème sportif est plus développé en Afrique du Nord à hauteur de 49%. En Afrique centrale, il ne représente que 39%. En Afrique de l’Est, il est autour de 35% et il s'élève à 31% en Afrique australe. Du coup, des barrières institutionnelles, financières ou encore liées au capital humain doivent être levées. De l'avis de Abdou Diop, il y a certes des défis multiples, mais il y a aussi des gisements d'opportunités illimités à l'échelle du continent.

«Nous sommes face à un secteur où tout est à faire. C'est dire que les opportunités sont multiples pour renforcer l'écosystème en misant sur des stratégies et politiques publiques plus appropriées, des modalités de financement plus conséquentes et adaptées, l'innovation, la digitalisation, l'implication du secteur privé ou encore l'investissement dans les infrastructures et les équipements», recommande Diop.

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Justement, les conclusions de l'étude relèvent une unanimité sur trois grands défis: un environnement politique, juridique et institutionnel contraignant, des infrastructures insuffisantes et un accès difficile au financement. L'étude relève également trois barrières à caractère institutionnel, politique et légal.

Ces freins sont la conséquence directe d'un manque de stratégie d'ensemble et de politique cohérente, des procédures légales et institutionnelles lentes et complexes ainsi que des subventions publiques insuffisantes. Ce sont là autant de contraintes qui sont à l'origine de barrières à la commercialisation. Ces dernières dont aussi la conséquence directe de déficit de couverture des médias africains, d'un manque de compréhension des enjeux par les sponsors ou encore la non-professionnalisation des ligues.

Sur un tout autre registre, l'impact de la pandémie Covid-19 s'est fait ressentir sur ce secteur. Selon l'étude Mazars, 54% des organisations sportives ont enregistré une baisse de l'activité, 16% ont été contraintes de fermer et seules 6% n'ont pas connu de changement.

                                                                        

Tendances fortes et leviers de développement

Il va sans dire, l'Afrique a toujours été une pépinière de sportifs de haut niveau (football, basketball, athlétisme, boxe, arts martiaux...) Le sport est l'un des rares secteurs où le continent noir a de véritables champions. Mais ce sont généralement des initiatives qui relèvent de l'effort personnel (cas Aouita, Moutawakkil, Bekele, Gebrselassie...) ou de prédispositions génétiques, plutôt que de stratégie et de politique publique. Aujourd'hui, il y a un véritable potentiel de développement à travers «de nouveaux modes de pratique et de consommation du sport, la digitalisation tous azimuts (e-sport) ou encore le développement de l'offre de contenu en streaming (OTT)». Selon les sondés, l'avenir du sport africain passera indubitablement par «la formation du capital humain et le recrutement, la promotion et la structuration du sport amateur (de masse) et le soutien, voire l'accompagnement de l'entrepreneuriat des jeunes». Parallèlement, des efforts doivent être entrepris à travers les politiques publiques, les régulateurs, les fédérations, les ligues, les clubs... «le sport se doit d'être inscrit dans les stratégies sectorielles publiques des pays».

                                                                        

Méthodologie

Pour cerner la perspective des acteurs du sport africain ainsi que les défis et les opportunités sur le secteur, Mazars et l'African Sports & Creative Institute (ASCI) ont mené du 20 août au 20 septembre une étude qualitative et quantitative. Ce qui a permis de donner la parole aux différents acteurs de l'écosystème qui représentent la diversité de la chaîne de valeur du sport en Afrique. L'approche quantitative s'est basée sur un questionnaire rempli par 500 personnes à travers le continent. Quant à l'étude qualitative, elle a été menée auprès de 30 personnalités au parcours exceptionnel et représentant la diversité du paysage sportif africain. L'étude a la particularité d'être inclusive à trois niveaux: Elle a sondé l'ensemble du continent et des acteurs de la chaîne de valeur en plus de sa taille importante (tous les métiers de l'écosystème et tous les pays africains).

Amin RBOUB

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