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Economie

Ecole en ligne: Le défi de l’auto-apprentissage

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5858 Le 06/10/2020 | Partager
Des établissements entre pauvreté technologique et bricolage pédagogique
Des enseignants sans moyens supplémentaires pour affronter la crise
L’UM6P et Al Akhawayn réunissent des experts d’Afrique et du Canada

L’école africaine pourrait-elle se relever d’un drame supplémentaire, une pandémie mondiale susceptible d’intensifier les décrochages scolaires et de creuser encore plus les inégalités entre les élèves? Elle était déjà à terre, avec des moyens faibles et des rendements peu satisfaisants. Selon les chiffres de l’Unesco, plus de 32 millions d’élèves du continent redoublent annuellement (entre 2010 et 2020) et plus de 31 millions décrochent. Le taux net de scolarisation varie entre 60 et 78%. Au secondaire, il se situe entre 20 et 33%.

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Les élèves sans accès à la technologie ne sont pas les seuls à avoir souffert de la discontinuité pédagogique durant la crise pandémique. Faute d’autonomie, même les mieux équipés n’ont pas pu profiter correctement de la continuité des cours. L’autonomie des apprenants est un enjeu majeur de l’école de demain

La crise du Covid a mis l’école face à ses travers, mais également face à de nouveaux défis. L’Université Mohammed VI polytechnique (UM6P) et l’université Al Akhawayn ont réuni, les 2 et 3 octobre derniers, des experts du Maroc, du Sénégal, du Bénin et du Canada pour en parler. L’initiative fait suite à l’accord signé le 11 septembre 2020 par les deux universités, afin de renforcer leur collaboration en enseignement, recherche et innovation. 

Depuis mars dernier, les écoles de nombreux pays du continent, contraintes de fermer en raison de la pandémie du coronavirus et de déployer un e-learning improvisé, se sont retrouvées piégées entre deux maux: une pauvreté technologique et un bricolage pédagogique. Aucun pays n’était préparé à migrer vers le tout numérique. Télévision, radio, plateforme électronique, médias sociaux, tous les moyens étaient bons pour assurer la continuité des apprentissages. Toutefois, sans pour autant en garantir la qualité.

La majorité des enseignants, peu formés à l’enseignement à distance, n’ont reçu ni accompagnement, ni financement, ni matériels supplémentaires pour assurer leur mission. Ils ont été jetés au front sans armes. Les élèves aussi. «L’auto-apprentissage des élèves est l’un des principaux défis de l’enseignement à distance. Au Maroc, même les apprenants ayant accès au matériel technologique n’ont pas pu suivre les cours, car peu autonomes», relève Fouad Chafiqi, directeur des curricula à l’Education nationale. «Il faudra travailler en profondeur sur l’autonomisation des jeunes, et ce, dès le primaire», insiste-t-il. Les parents aussi se sont retrouvés, du jour au lendemain, forcés d’endosser la casquette d’enseignants à domicile. Une responsabilité lourde à assumer.

La socialisation des élèves, c’est l’autre défi à relever par l’école de l’ère Covid. «Il faut créer un espace, physique ou virtuel, de socialisation afin d’accompagner l’apprenant», relève Christelle Lison, enseignante à l’université de Sherbrooke. Néanmoins, la crise pandémique présente également une occasion pour l’école d’accélérer sa transformation et de se réinventer. «Nous devons changer notre rapport à l’enseignement, redéfinir nos cibles, nos méthodes d’évaluation, repenser le design des formations… La technologie doit être considérée comme un plus nous permettant d’agir mieux et autrement», souligne Lison.

Repenser l’usage des TIC, revoir la gouvernance des systèmes éducatifs, renforcer la formation des enseignants, garantir l’accès à Internet…, plusieurs pistes de réforme ont été relevées par les intervenants. La réflexion se poursuivra avec une dernière partie de la e-conférence internationale prévue le 9 octobre prochain. 

                                                                      

Continuité pédagogique: Les ripostes du Sénégal et du Bénin

A l’instar du Maroc, d’autres pays africains ont multiplié les initiatives pour assurer la continuité des apprentissages durant la crise pandémique. Au Sénégal, une plateforme en ligne, «Apprendre à la maison», contenant des cours du primaire au lycée a été mise en place. Une chaîne TNT, «Canal Education», opérationnelle 24/24 a également été lancée. Des formations ont, en outre, été programmées pour les enseignants, dont certains ont aussi bénéficié de tablettes et d’ordinateurs.

Dans le supérieur, le Sénégal a déjà pris de l’avance dans le domaine. Chacune de ses six universités publiques compte depuis une dizaine d’années un Institut de formation ouverte à distance (IFOAD), chargé d’accompagner la transformation numérique et de proposer des programmes à distance.

En plus de ces pôles, le pays compte la première université numérique publique d’Afrique francophone, l’Université virtuelle du Sénégal (UVS), créée en 2013. «La plupart des universités au Sénégal ont pu assurer la continuité des cours», se réjouit Ndeye Massata Ndiaye, enseignante à l’UVS. Tout n’est, cependant, pas parfait. «Actuellement, la plupart des cours en ligne ne sont pas scénarisés», précise Ndiaye. «Il faudrait aller vers une digitalisation complète des ressources pédagogiques. Les étudiants devraient avoir le choix entre la formation en ligne, en présentiel ou en mode hybride», estime-t-elle.

Au Bénin, un plan de continuité a été déployé en urgence. Le pays a conçu «un modèle contextualisé de production et de diffusion de contenus pédagogiques multimédias», baptisé «Modèle Fènou». Un site internet a été mobilisé et les radios/télévisions nationales et communautaires ont été mises à contribution pour une large diffusion des contenus.

«Après une phase de discontinuité, 57% des établissements ont pu garantir la continuité des cours, 7% ont pu continuer sans interruption tandis que 22% n’ont assuré aucune continuité», relève Judicaël Alladatin, enseignant à l’UM6P. L’accès est, également, difficile pour les enfants démunis.

Dans le supérieur, il a fallu attendre cinq semaines avant le lancement d’une plateforme numérique. «Il s’agit, cependant, d’un simple partage de documentations déjà utilisées en présentiel, sans scénarisation. La satisfaction des étudiants est relative», précise Alladatin.
Les pays n’ont, certes, pas pu assurer une réponse parfaite à la crise. Cependant, en quelques mois ils ont réalisé des pas de géant dans le domaine du numérique.

Ahlam NAZIH

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