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Economie

Se reconstruire en contexte Covid: Paroles d’économistes - Entretien avec le Pr. Fouzi Mourji

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5858 Le 06/10/2020 | Partager
La stratification des entreprises incontournable pour une meilleure orientation de l’aide publique
Financer le déficit par l’endettement plutôt que la création de la monnaie
Le risque social et économique plus grave que les déséquilibres financiers
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Bio express: Enseignant d’économétrie appliquée à l’Université Hassan II de Casablanca, Fouzi Mourji est professeur invité de diverses universités (Clermont Auvergne/CERDI annuellement et ponctuellement de Rouen, Paris 12, Montréal et Genève). Il a été expert ès sciences économiques auprès du CORUS (Comité de coopération pour la recherche universitaire et scientifique, mis en place par le ministère français des Affaires étrangères entre 2004 et 2011). Il a également été coordonnateur du réseau « Analyse économique et développement » de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF)  – de janvier 2003 à décembre 2007.

Fournir des clefs de décryptage pour tenter de comprendre une conjoncture inédite, suggérer des pistes de relance… L’Economiste propose à ses lecteurs une série d’entretiens avec des économistes et personnalités de premier plan. Le Pr. Fouzi Mourji pour cette édition.

- L’Economiste: Comment faire face au tsunami des faillites d’entreprises?
- Fouzi Mourji:
Il me semble que le terme «tsunami» que vous employez est assez approprié à la situation actuelle et probablement encore plus dans un proche avenir. Maintenant, si on se situe en amont des faillites, on peut donner une réponse globale d’une action sur la demande. Mais il importe ensuite de la décliner en stratifiant, pour bien cibler les soutiens à concevoir.
Ainsi, pour des actions préventives efficientes se situant du point de vue de l’offre, il faudrait «stratifier» pour mieux dimensionner et orienter les mesures: distinguer les entreprises selon leurs caractéristiques. Il s'agit de les différencier en considérant par exemple celles tournées vers le marché intérieur et celles qui exportent, ou encore selon leur taille (les plus grandes disposant de matelas plus confortables en matière de trésorerie). On peut aussi identifier celles qui exercent dans les secteurs ayant subi un choc d’offre (arrêt de l’activité du fait du confinement et qui, une fois que nous en sommes sortis, subissent un choc de demande) et celles dont les secteurs ont souffert de la chute de la demande dès le départ et pour lesquelles le choc se poursuit maintenant.  
On peut également stratifier en identifiant les secteurs/entreprises ayant subi simultanément les chocs d’offre et de demande. Dans l’optique d’optimiser l’emploi des deniers publics, qui s’avèrent rares, il faut axer le soutien sur les secteurs dont la production comporte un fort contenu en inputs provenant d’autres secteurs (situés en amont) et aussi un faible contenu en inputs importés. Ce sont les branches/entreprises qui ont le plus d’effets d’entraînement sur l’économie.
Mais il importe de préciser et clarifier au préalable les objectifs: cherche-t-on à privilégier une relance à court terme en ciblant les entreprises qui répondent au critère que nous venons de mentionner; ou bien à amortir l’effet des chocs subis, en ciblant les entreprises qui ont le plus pâti de la crise (les TPE-PME à faible trésorerie)? Quelques exemples pour illustrer mon propos: les entreprises de la chimie et parachimie ont de forts effets d’entraînement sur les branches productives, mais n’ont pas souffert de la crise. Celles qui exercent dans les «services immobiliers» ont été durement touchées mais n’ont pas (ou très peu) d’effets d’entraînement. Celles opérant dans le tourisme ont à la fois beaucoup souffert et ont de fortes connexions avec d’autres branches productives. Pour celles-ci, les mesures doivent viser simultanément à amortir le choc et favoriser la relance.
Pour avoir des détails sur certains de ces éléments, notamment la caractérisation des secteurs, je vous suggère le chapitre 2 du rapport, disponible sur le site de la revue «Réflexions économiques» (refeco .org), que nous avons produit avec un collectif de chercheurs de notre faculté. Nous avons recouru à un outil précieux (le Tableau Input-Output) et l’avons adapté à la nature de la crise actuelle pour hiérarchiser les branches productives selon divers critères.  
Toujours en liaison avec le soutien aux entreprises, il importe aussi de penser à réaliser un bilan des effets des soutiens déjà accordés. Par exemple, les 2.000 DH versés aux salariés pendant l’arrêt de l’activité, en vue du maintien de leur emploi, se sont-ils traduits par la suite par le respect de cette clause implicite? Il en est de même des facilités d’accès à l’emprunt. Cette évaluation et la compréhension des mécanismes expliquant la portée des soutiens contribueront à mieux concevoir et orienter les actions futures.
Mais la réponse au tsunami devra préférablement passer par l’action sur la demande adressée aux entreprises, pour éviter que beaucoup d’entre elles déposent le bilan. Car dès que les carnets de commandes sont garnis, les entrepreneurs reprennent espoir, investissent, offrent des postes d’emploi, demandent des financements.

- Jusqu’où le gouvernement pourrait-il activer le levier de la dette pour faire face aux impacts économiques et sociaux de la crise?
- D’un point de vue strictement économique et financier, il y a des référentiels dont la pertinence mérite à la fois discussion et contextualisation.
On parle de dette soutenable, en considérant le stock de dettes par rapport au PIB; ou encore le service de la dette externe, rapporté aux recettes en devises (exportations, tourisme et transferts). Plus judicieux est le raisonnement qui consiste à s’assurer que le taux d’intérêt de la dette est couvert par le taux de croissance nominal de l’économie. Une dernière argumentation discute l’opportunité de l’usage de la dette: quels sont les rendements des dépenses pour lesquelles elle a été contractée.
Mais si l’on veut contextualiser, en situation exceptionnelle, nous gagnerions à relâcher les contraintes de soutenabilité. La raison est que les maux économiques et sociaux qui risquent de survenir sont amplement plus graves que les méfaits des déséquilibres financiers. D’autant plus qu’une lecture judicieuse révèle que la hausse du ratio est due surtout à la baisse du dénominateur (le PIB en l’occurrence). Ainsi plus rapide sera la croissance, grâce en partie à l’endettement et l’investissement public, plus vite le ratio de la dette au PIB se stabilisera.
Je souhaiterais ajouter qu’un financement du déficit par l’endettement est bien préférable dans notre situation à un financement par la création de monnaie. D’aucuns pensent que ce qui est valable pour la Fed (avec le dollar) ou la Banque centrale européenne (avec l’euro) est transposable chez nous. Or, ce serait omettre la contrainte de la balance des paiements que nous avons. Il importe aussi de se souvenir qu’en principe les contreparties de la masse monétaire sont constituées d’or et de devises, sauf pour des monnaies comme celles précitées dont les valeurs sont «garanties» par d’autres éléments: pour le dollar il s’agit du volume de l’économie américaine et de ses avancées technologiques, outre le fait que cette monnaie sert dans les échanges internationaux. A ce propos, Jacques Rueff parlait au siècle dernier du possible «déficit sans pleurs» des Etats-Unis. Du fait du rôle de leur monnaie dans les échanges, ils peuvent se permettre des déficits extérieurs, sans que la valeur du dollar en pâtisse significativement. D’ailleurs il suffit que la Fed augmente les taux d’intérêt pour voir les capitaux affluer, ce qui correspond à une demande supplémentaire de dollars qui «annule» les effets néfastes du déficit de leurs balances des paiements.
Pour l’euro, le gigantesque appareil industriel européen remplit également le rôle de «garantie» autre que l’or et les devises.  
Dans notre cas, nos importations sont payées en devises et donc créer des dirhams va conduire à une chute du ratio des contreparties en devises, au point de devoir dévaluer le dirham. Les effets inflationnistes seront alors automatiques, du fait du contenu en import de notre demande intérieure. De plus cette dévaluation va alourdir le coût du service de la dette et une détérioration des termes de l’échange, d’où un cercle vicieux.

- Un bon plan de relance devrait-il s’appuyer uniquement sur la distribution d’aides?
- De mon point de vue, comme signalé plus haut, un «plan optimal» devrait s’appuyer sur des critères bien définis et justifiés pour:
1. hiérarchiser et choisir les secteurs à en faire bénéficier;
2. distinguer les niches ou strates concernées et les mesures les plus appropriées dans chaque cas;
3. agir indirectement sur l’offre, en soutenant la demande.
Les soutiens à l’offre sont plus délicats à mettre en œuvre du fait des groupes de pression et de leurs capacités d’influence, voire de nuisance, dans le sens d’engendrer des biais ou illusions d’optique chez les décideurs. Ils ont tendance à situer l’action publique dans une approche «réactive» et non «pro-active». Or il est salutaire que les autorités gardent la main dans les choix des politiques publiques, notamment en hiérarchisant.

Propos recueillis par Hassan EL ARIF

                                                                               

Pas de risque de crise bancaire

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La crise économique due à la pandémie du coronavirus pourrait-elle se transformer en une crise bancaire? «Vous avez raison de formuler ainsi cette question car il est d’usage de penser à la transmission de crise, de la sphère financière vers l’économie réelle, ici peut-on assister à l’inverse? Le bon sens en situation «normale» ferait pencher la réponse vers l’affirmative: les difficultés des entreprises devant se traduire par des défauts de remboursement; et bien que nous ayons beaucoup de prêts interentreprises, les banques seraient in fine touchées au moins en partie», répond le professeur Fouzi Mourji.

Et d’ajouter: «Maintenant, étant donné leur habituelle faible prise de risque, la crise en serait d’autant atténuée et il y a des chances que les lignes dévolues à la garantie des prêts aux entreprises dans le cadre du «pacte de relance» soient «mises à profit» pour transformer les dettes contractées auparavant en nouveaux emprunts, garantis cette fois». L’économiste estime que «de ce point de vue, les banques seraient à nouveau protégées».

A noter aussi que l’histoire récente confirme que les banques continuent d’être prudentes face au risque et de s’assurer de confortables marges. «Parmi les mesures de relance, BAM avait baissé le taux directeur. Or les taux débiteurs relevés au premier trimestre 2020 étaient à 4,64% pour les facilités de trésorerie, à 4,52% pour les crédits à l’équipement, à 5,16% pour les concours immobiliers et à 6,75% pour les prêts à la consommation. Et vraisemblablement, ils n’ont pas accusé de baisse significative durant les deux trimestres suivants», signale Mourji.

En considérant le Canada, par exemple, les taux débiteurs tournent autour de 2%, alors que le taux directeur y est de 0,25% contre 1,5% chez nous. «Si on applique la différence (1,75%) observée dans ce pays, les taux débiteurs chez nous devraient se situer à environ 3%! La situation actuelle exige que les banques révisent leur marge. C’est une condition pour le succès du mécanisme de garantie qui absorbe 62,5 des 120 milliards du «pacte de relance» mentionné plus haut», conclut l’économiste.

 

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