×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Les patrons réclament plus de fermeté envers les mauvais payeurs

Par Franck FAGNON | Edition N°:5855 Le 01/10/2020 | Partager
La crise a rallongé des délais de paiement déjà anormaux
Des dizaines de milliers d'emplois menacés dans les prochains mois
amine-diouri-055.jpg

Amine Diouri, responsable Programme Inforisk Dun Trade, directeur Etudes et Communication: «La période est propice pour des réformes structurelles majeures afin de favoriser et d’accompagner la reprise. Sur les moyens à mettre en œuvre, c’est une question de choix politique» (Ph. AD)

- L'Economiste: Quel est l’état d’esprit des chefs d’entreprises actuellement et comment voient-ils l’après-Covid-19?

- Amine Diouri: Au moment où les chefs d’entreprises ont été interrogés, nous étions à la fin du 1er semestre, le confinement touchait à sa fin et la maladie semblait quasiment enrayée. Ils étaient donc dans le constat de la période de confinement, mais avec l’idée que le plus dur était derrière nous. Or, aujourd’hui, avec la détérioration de la situation sanitaire et la reprise plus lente de l'activité, l’incertitude sur l’horizon économique est plus forte que jamais: aurons-nous un nouveau confinement, la situation de nos partenaires commerciaux freinera-t-elle la reprise des exportations et du tourisme…
A fin juin déjà, les constats établis par les dirigeants étaient les suivants: très forts impacts de la crise sur leur business avec une baisse de l’ordre de 30% du chiffre d'affaires, des délais de paiement en augmentation de 60 jours couplés à des difficultés accrues de recouvrement, et une réflexion sur la réduction des charges fixes, particulièrement l’emploi, pour s’ajuster à la crise.

- Les mesures de soutien ont atténué le choc et les défaillances d’entreprises. La digue montée contre les faillites est-elle solide?
- Effectivement, les mesures prises par le Comité de veille économique ont eu un effet «amortisseur». Elles ont atténué les tensions de trésorerie engendrées par la crise et maintenu en vie un certain nombre d’entreprises. Cela explique en partie le faible niveau des défaillances d’entreprises enregistré à aujourd’hui (-40% par rapport à 2019). Néanmoins, le report des échéances bancaires a pris fin en septembre. Beaucoup d’entreprises risquent d’avoir du mal à honorer leurs futures échéances.
Maintenant, toutes ces mesures ont un coût pour les finances publiques. La quasi-totalité du Fonds Covid-19 a été absorbée en à peine 3 mois. Les ressources financières très importantes annoncées par Sa Majesté devraient permettre une relance économique dont les agents économiques ont besoin. Tout dépendra de leurs allocations. Mais il faut garder à l'esprit qu'on ne pourra pas sauver toutes les entreprises, notamment celles qui étaient en difficulté avant la crise.

- Les patrons expriment de fortes attentes à l'égard de la prochaine loi de finances. Risquent-ils d’être déçus?
- Il est clair que beaucoup d’attentes reposent sur la prochaine loi de finances. Elle doit être le moteur de notre croissance l’année prochaine et contribuer à redonner confiance aux opérateurs économiques pour relancer la machine. La période est propice pour des réformes structurelles majeures (réformes fiscales notamment) afin de favoriser et d’accompagner la reprise. Sur les moyens à mettre en œuvre, c’est une question de choix politique.

- Que préconisent-ils en priorité pour un rebond rapide?
- Les propositions des chefs d'entreprises sont nombreuses et concernent les délais de paiement, la trésorerie, l'emploi, la formation... Sur les délais de paiement, les dirigeants réclament plus de fermeté envers les mauvais payeurs. D’autre part, en matière de marchés publics, les entreprises suggèrent la refonte des circuits de paiement et de favoriser les TPME par des avances importantes lors de la signature.
En matière de trésorerie, les propositions portent sur une révision de la fiscalité (IS, taxes locales), sur une simplification des procédures de remboursement de TVA. Concernant l’emploi, les mesures demandées portaient sur plus de flexibilité du code du travail, ainsi que des réductions de l’IR et des cotisations sociales.

Propos recueillis par  Franck FAGNON

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc