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Economie

PLF 2021: Trésorerie et compétitivité, les urgences

Par Franck FAGNON | Edition N°:5853 Le 29/09/2020 | Partager
La CGEM défend ses propositions pour relancer la machine économique
Il faudra dépasser le dogme sur l'équilibre des finances publiques pour sauver l'assiette
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Le patronat part de l'idée que ce n'est pas le moment de rester collé à l'orthodoxie budgétaire. Toutefois, il reconnaît que le gouvernement n'est pas dans une position facile et qu'il faudra des efforts de part et d'autre pour trouver le bon équilibre (Ph. L'Economiste)

«Il faut juste montrer la lumière aux opérateurs, ils sauront se diriger vers elle», a indiqué Chakib Alj, président de la CGEM, pour conclure la séance de présentation des mesures du patronat pour la prochaine loi de finances. Sa préparation intervient dans une conjoncture exceptionnelle et la CGEM veut, plus que par le passé, peser dans les débats. L'organisation patronale propose une batterie de mesures pour relancer la machine économique (voir aussi L'Economiste n°5852 du lundi 28 septembre).

Certaines sont plus urgentes et constitueraient un vrai soutien à l'activité économique, en tout cas au maintien des capacités de production dans de nombreux secteurs. Celles qui constitueraient un vrai soutien à l'activité économique sont celles qui vont dans le sens du soutien de la trésorerie et de la compétitivité des entreprises. «Toutes les mesures qui sont liées à la trésorerie sont absolument urgentes. Nous avons ensuite celles liées à la compétitivité. Elles vont permettre de maintenir l'emploi et favoriser le développement des entreprises.

Ce sont des mesures qui nous semblent fondamentales», estime Hakim Marrakchi, président de la commission Fiscalité et Douane. En dehors des crédits Damane Oxygène et Relance, le patronat réclame notamment l'accélération du remboursement du crédit de TVA et la réforme de cet impôt (réaménagement des taux et suppression du butoir, redéfinition du champ d'application de la TVA...).

D'un autre côté, le patronat pousse à la mise en place rapide du fonds stratégique qui viendra soutenir les entreprises en fonds propres et offrir une alternative aux entreprises non bénéficiaires des dispositifs actuels. La CGEM demande par ailleurs la mise en place d'un crédit d'impôt pour encourager les entreprises à investir.

Pour les entreprises qui procèdent à une augmentation de capital en numéraire, elle propose de leur accorder un crédit d'impôt de 20% du montant de l'augmentation dans la limite de 10 millions de DH. En contrepartie, les entreprises s'engagent à préserver au moins 80% des effectifs pendant cinq ans.

Avec une récession de l'ordre de 6% et le choc sur les recettes fiscales l'année prochaine, les marges de manœuvre seront très limitées d'autant plus que les demandes des entreprises portent notamment sur la baisse de l'IS à partir de 2021 pour in fine atteindre 25% en 2025. Compte tenu de la conjoncture, elles réclament aussi une suppression de la cotisation minimale ou encore une exonération de l'IR et des charges sociales pendant au moins deux ans pour tout nouvel emploi dans la limite d'une rémunération de 10.000 DH.

A ce stade, le patronat n'est pas en mesure de fournir le coût des ces demandes. Mais il part de l'idée que ce n'est pas le moment de rester collé à l'orthodoxie budgétaire. Toutefois, il reconnaît que chaque partie doit fournir des efforts pour trouver le bon dosage.

«Toutes les mesures ne sont pas budgétivores. Certaines n'ont pas d'impact sur le budget. Nous avons conscience que les recettes de l'Etat seront impactées par la crise. D'un autre côté, si les entreprises ferment, les conséquences sur les finances publiques seront plus fâcheuses. Il y a un arbitrage à faire», estime Abdelmajid Faiz, vice-président de la commission Fiscalité et Douane.

                                                                          

«Il faut investir pour recevoir»

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Ph. L'Economiste

Un peu partout, où l’équilibre des finances publiques est un dogme national, les préoccupations des équilibres budgétaires et l’endettement ont été balayées par l’urgence sociale et la préservation de l’emploi. «Il faudra effectuer un calcul dynamique. Sur l'exonération de l'IR par exemple, l'analyse doit se baser sur ce que la mesure génère et ses effets induits sur les autres composantes de la recette fiscale. Il faut se projeter sur le moyen et long terme en fonction de ce que gagne le pays en termes de croissance et de création d'emplois au lieu d'effectuer un calcul uniquement budgétaire», souligne Abdelmajid Faiz. «Il faut investir pour recevoir», complète Chakib Alj, président de la CGEM.
La bataille de la préservation de l'assiette de l'impôt a débuté les premières semaines de la crise et il faudra renforcer les actions et accélérer leur mise en œuvre pour entrevoir un rebond rapide. Pour l'heure, difficile de quantifier l'impact du plan de relance sur la croissance. Cela dépendra du rythme du transfert des fonds vers les entreprises et de l'évolution de la situation sanitaire. L'un des enjeux aujourd'hui est aussi de veiller à ce que les mesures de soutien profitent aux bonnes entreprises. Le risque est qu'une partie des fonds finance des entreprises qui étaient déjà condamnées avant la crise. Ce qui pourrait limiter l'efficacité du plan de relance.

F.Fa

 

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