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Economie

Covid-19: Les laboratoires privés assaillis de demandes

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5831 Le 28/08/2020 | Partager
A Casablanca, des milliers de sollicitations par jour et une pression énorme
Jusqu’à plus de 500 patients par opérateur pour une capacité de 200
Pour l’heure, ils ne sont autorisés à dépister que les voyageurs

C’est vers début août, autrement dit, au commencement du pic de la crise du Covid-19 au Maroc, que des laboratoires d’analyses médicales privés ont démarré les dépistages. Seulement une dizaine d’opérateurs privés, répartis sur cinq villes, avaient été autorisés par le ministère de la Santé durant la dernière semaine de juillet. Depuis, quelques laboratoires se sont rajoutés.

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Seuls les voyageurs peuvent s’orienter vers les laboratoires privés agréés pour le test. Les non voyageurs doivent obligatoirement se diriger vers les hôpitaux publics dont ils relèvent. La pression est à son comble dans les structures hospitalières. Entre rendez-vous, formalités administratives et dépistage, l’opération peut prendre plusieurs jours (Ph. Jarfi)

A Casablanca, de trois ils sont passés à cinq qui œuvrent désormais aux côtés du CHU et des structures publiques, en plus de l’hôpital Cheikh Khalifa. A l’échelle de la région, l’on peut compter deux autres à Mohammedia et El Jadida. Tous ne sont autorisés à dépister que les voyageurs se présentant avec un billet d’avion. Les non voyageurs doivent obligatoirement passer par un hôpital public pour les prélèvements.

Dès leur démarrage, les biologistes privés sont assaillis de demandes. «Le premier jour, nous avons reçu 300 personnes pour le dépistage», témoigne un biologiste. Un effectif difficile à gérer, sachant le caractère infectieux de la maladie et le protocole strict à déployer. Sur son téléphone personnel, le biologiste médical reçoit des centaines d’appels par jour, le standard de son laboratoire explose et les emails fusent.

La pression est telle qu’il a dû engager une société privée pour gérer les rendez-vous, ainsi que du personnel supplémentaire (agents de sécurité, techniciens, assistante…). La rareté des places disponibles et la «psychose» des contaminations créent un climat de tension, et poussent parfois des patients à l’agressivité.

«Les laboratoires de ville au Maroc ne peuvent dépasser 200 patients par jour, dans le meilleur des cas. Ceux agréés par le ministère sont aujourd’hui sous haute pression. Certains ont dû gérer plus de 500 par jour», relève un deuxième biologiste casablancais. Leur charge dépasse ainsi deux fois et demie leur capacité.

«Clairement, cinq laboratoires privés à Casablanca ne suffisent pas. Il en faudrait au minimum une vingtaine», ajoute-t-il. Certains estiment le besoin entre 30 et 40. La capitale économique en compte près de 150 au total. Cependant, le ministère verrouille toujours les dépistages pour le privé (voir encadré).

Evidemment, les examens Covid empiètent sur ceux des autres pathologies. Les biologistes agréés essaient, tant bien que mal, de s’organiser en réaménageant leurs horaires et leurs process.

Après avoir dépisté des milliers de patients durant ce mois d’août, les opérateurs agréés par le ministère de la Santé ont pu sortir avec des estimations de la prévalence de la maladie. Selon l’un des laboratoires autorisés, chez les personnes présentant des symptômes, la probabilité d’être infecté peut aller à 25%. Chez les cas contacts, elle est de 5 à 10%. Pour les asymptomatiques, le taux est de 2 à 3%.

Le prix du test PCR dans le privé varie entre 600 et 700 DH, tandis que celui de l’examen sérologique oscille entre 100 et 300 DH. Les résultats sont délivrés entre 24 et 48H. Les tests Covid ne sont pas remboursables.

                                                                                

«Tout un bataillon de guerre exclu!»

«Dans cette pandémie, nous sommes en guerre. Nous disposons de tout un bataillon de qualité, prêt à aider, et nous ne l’engageons malheureusement pas», déplore un biologiste casablancais. Même avec sa stratégie de dépistages massifs, le ministère de la Santé a préféré limiter les tests Covid aux laboratoires publics, et à quelques rares privés. Un cahier de charges jugé «draconien» avait été imposé en juin dernier, excluant de fait la majorité écrasante des laboratoires de ville. «Les dépistages, c’est notre métier, et notre expertise est reconnue à l’international. Notre objectif est d’apporter notre contribution et non de gagner de l’argent. Ce n’est pas possible d’écarter toute une profession de la stratégie», souligne le biologiste. A Casablanca, une quinzaine de laboratoires de ville était prête à demander l’autorisation du ministère. Le cahier de charges a fini par les dissuader.

Ahlam NAZIH

 

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