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Entreprises

Acide phosphorique purifié: OCP double sa production

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5823 Le 13/08/2020 | Partager
Elle atteindrait 280.000 tonnes en 2022
Objectif, renforcer l’intégration de produits à forte valeur ajoutée

Une fois n’est pas coutume. D’habitude le groupe OCP ne communique que sur les réalisations. Cette fois-ci, s’il anticipe l’annonce d’un projet de grande envergure c’est que l’ensemble des paramètres sont bien maîtrisés. Et c’est le cas de la nouvelle unité de production d’acide phosphorique lancée par la filiale Emaphos sur le site de Jorf Lasfar.

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Les terres mortes sont recyclées pour devenir les espaces verts dans les environs de la mine (Ph. OCP)

«La nouvelle usine permettra aux partenaires  d’asseoir leur leadership dans la production de l’acide phosphorique purifié», annonce un communiqué du groupe OCP. Les partenaires ne sont autres que l’Allemand Budenheim et le Belge Prayon, associés en Joint-Venture avec Emaphos.

L’entreprise belge est également filiale à 50% du groupe OCP. Alors que Budenheim s’érige en compagnie spécialisée dans les produits à forte valeur ajoutée à base de phosphates avec notamment des applications en industries alimentaires, pharmaceutiques et autres. Budenheim est une filiale du Groupe multinational Oetker employant un effectif de 34.000 personnes. Son chiffre d’affaires s’est élevé à 7,4 milliards d’euros en 2019.

Il s’agit donc de partenaires à la pointe technologique et solides financièrement.   De son côté Emaphos est forte d’une certification internationale qui lui confère les usages spécialisés de l’acide purifié. Et c’est l’objectif de la nouvelle usine.

Celle-ci devrait répondre à l’évolution du marché mondial. Ce projet s’inscrit, par ailleurs, dans le cadre de la stratégie du groupe OCP visant une intégration en aval, vers des produits à plus forte valeur ajoutée. Il vise une production annuelle globale de 280.000 tonnes à horizon 2022, soit le double du niveau actuel.

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L'équipe de L'Economiste, lors d'une visite à la mine de Khouribga en novembre 2010, devant la fameuse dragline. Cet engin, doté d'une très grande capacité d'enlèvement des phosphates, a été remis à neuf par les techniciens du groupe (Ph. OCP)

Ce doublement de la capacité mettra, par ailleurs, à la disposition du Groupe OCP une partie de la production pour valorisation, dans le futur, sous forme de produits de niche à base d’acide purifié. Ce qui permettrait au groupe de renforcer son rôle de fournisseur mondial de produits phosphatés de spécialité. Compte tenu de son implantation au sein de la plateforme de Jorf Lasfar, ce projet bénéficiera de grandes synergies et d’économies d'échelle grâce à son accès direct aux infrastructures, aux services partagés et aux matières premières mis à sa disposition au sein de cette plateforme.

Au-delà de ces avantages économiques, la nouvelle usine va s'appuyer et capitaliser sur l'expertise et le savoir-faire développés, depuis plus de deux décennies, par le staff technique de Emaphos. Après la finalisation des travaux des études d’ingénierie de base en mars 2020, le projet est aujourd’hui au stade des études de détail.

Les équipements nécessitant un long délai de fabrication seront commandés dès ce  3e trimestre et le lancement des travaux de construction est prévu au 1er trimestre 2021.

                                                                                             

Cartographie de la production mondiale

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Pour le transport du phosphate dans la mine, le Groupe OCP utilise des engins géants de capacité proche de 200 tonnes, voire plus (Ph. OCP)

Hors Chine, la capacité mondiale de production d’acide phosphorique est estimée à 147 millions de tonnes/an. Celle de la Chine ne devrait pas dépasser  les 85 millions de tonnes au lieu des 140 millions annoncées officiellement par les autorités.
Après la mise en production en Arabie Saoudite du complexe de Waad Al Shammal alimenté par la mine de Al Khabra, exploité par Saudi Arabian Mining en association avec Mosaic à 25 % et Sabic à 15 %, la capacité de production du pays a été portée à 10,5 millions de tonnes en 2019. La seule mine de phosphates en activité dans l’Union européenne, exploitée par Yara est située en Finlande. Sa production, en 2018, s’élevait à 989.000 tonnes.
En 2017, la capacité mondiale annuelle de production d’acide phosphorique avait atteint 61,1 millions de tonnes exprimées en P2O5. Celle des États-Unis s’élevait à 8,5 millions de tonnes alors que le Maroc tenait la 3e place avec 6,1 millions de tonnes.
Les principaux pays producteurs sont, en ordre décroissant: la Chine, les États-Unis, le Maroc, la Russie, la Tunisie, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud, Israël et la Jordanie…
En 2017, les États-Unis disposaient de 11 usines d’acide phosphorique, avec une capacité de production de 8,489 millions de tonnes de P2O5/an (elles étaient au nombre de 20, en 2000, avec une capacité de production de 12,3 millions de tonnes de P2O5/an.
Dans l’Union Européenne (en 2018), la production d’acide phosphorique de la Finlande s’établissait à 693.540 tonnes exprimées
en P2O5, celle de la Lituanie à 464.418 tonnes alors que l’Allemagne assurait 21.500 tonnes.
Les phosphates naturels, produits pondéreux à environ 30 % de P2O5 ont pendant longtemps été importés et traités dans les pays consommateurs d’engrais, en particulier la France. Cela n’est plus le cas actuellement, les pays producteurs valorisant en grande partie leurs ressources en produisant sur place  les produits dérivés. Ces derniers dont le Maroc,  exportent de l’acide phosphorique à 75 % (54 % de P2O5), du superphosphate triple (46 % de P2O5) ou du phosphate d’ammonium. La part prise, dans la production et le marché de l’acide phosphorique et des engrais phosphatés, par le Maroc et la Tunisie est de plus en plus importante. L’Afrique représente 54 % du total des exportations d’acide phosphorique. Les productions de l’Union européenne et de la France (qui était en 1990 le 1er producteur de l’union) sont en diminution constante ou ont pratiquement disparu.
Entre 1980 et 1992, alors que les capacités mondiales annuelles sont passées de 29 à 34,4 millions de tonnes, celles de la France ont chuté de 1,1 à 0,21 million de tonnes pour devenir nulles en 2004.

                                                                                             

Le Maroc, 1er exportateur mondial

Le groupe OCP produit de l’acide phosphorique à Jorf Lasfar et à Safi. En  2018, sa production s’élevait à 6,1 millions de tonnes exprimées en P2O5. Une grande partie étant utilisée sur place pour produire divers engrais destinés principalement à l’exportation. En 2016, la production de Jorf Lasfar avait atteint 3,42 millions de tonnes de P2O5, celle de Safi 1,51 million.
Par ailleurs, l’OCP est le premier exportateur mondial d’acide phosphorique avec, en 2018, 2,1 millions de tonnes, soit 47% de part de  marché.  Une partie de la production d’acide phosphorique est réalisée par des joint-ventures situées sur le site de Jorf Lasfar avec des partenaires de l’Inde et du Pakistan. S’ajoute également Emaphos intégrant le Belge Prayon et l’Allemand Budenheim.

A.G

 

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