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Economie

Loi de finances rectificative: Le scénario de la reprise

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5798 Le 07/07/2020 | Partager
Les orientations générales délibérées hier devant le conseil des ministres
Le déficit budgétaire placé à 7,5% contre 3,5% prévu initialement
Hausse des investissements du budget général de l’Etat de 15 milliards de DH

Les orientations générales du projet de loi de finances rectificative (PLFR) ont été délibérées hier devant le conseil des ministres, présidé par le Souverain. Après cette étape constitutionnelle, le processus d’adoption va s’accélérer par la tenue d’un conseil de gouvernement, le dépôt du PLFR au Parlement et la présentation du ministre des Finances devant les deux Chambres réunies.

Au cours de cette réunion, Mohamed Benchaâboun a présenté une  réactualisation des hypothèses de la loi de finances en vigueur. Le contexte de la pandémie est amplifié par un manque de pluviométrie impactant négativement le secteur agricole ainsi que les fluctuations des prix des matières premières.

L’autre donnée incontournable porte sur la nécessité d’une gestion exemplaire des dépenses et la réorientation des priorités. Dans le cadre du PLFR, le gouvernement augmentera de 15 milliards de DH les investissements du budget général de l’Etat pour atteindre 86 milliards de DH. L’objectif est de redonner du dynamisme à l’économie, tout en accompagnant la reprise économique et la préparation de l’après-Covid-19. Les principales données sont les suivantes:

■ Une croissance de -5%: La définition d’un scénario macro-économique dans un contexte d’instabilité et de manque de visibilité, causé par la crise du Covid-19, dépendra du rétablissement des partenaires internationaux et la rapidité de la reprise des secteurs économiques au Maroc. En se basant sur la relance de l’activité économique dès ce mois et le recul de la demande extérieure de 20% (en dehors des phosphates et dérivés), le ministère des Finances table sur une croissance négative de - 5% contre 3,7% prévu dans le cadre de la loi de finances 2020. Sachant que la récolte céréalière est de 30 millions de quintaux et un prix du gaz butane de 290 dollars la tonne en moyenne.

■ Nouveau calcul du déficit budgétaire:

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Les calculs sont effectués sur la base d’un recul des recettes du budget général de l’Etat de 40 milliards de DH et des mesures prises pour réorienter les priorités au niveau des dépenses pour accompagner la reprise de l’activité économique. Avec de telles données, le déficit budgétaire sera de 7,5% du PIB pour cette année contre 3,5% prévu par la loi de finances en vigueur.

■ Benchaâboun fait le point sur le Fonds spécial

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Le PLFR prévoit une modification du compte d’affectation spéciale pour la gestion de la pandémie. Le but est de lui permettre de recevoir les reversements sur les dépenses imputées au niveau du crédit. Idem pour la prise en charge des restitutions des sommes indûment imputées sur le Fonds au niveau du débit.
Ce Fonds a totalisé 33 milliards de DH. Pour l’heure, les engagements de dépenses ont atteint 25 milliards de DH dont 18 ont été décaissés. Ainsi, 2 milliards de DH ont servi à acheter les équipements et les dispositifs médicaux nécessaires pour affronter le Covid-19. A cela s’ajoutent 16 milliards de DH pour financer les mesures de soutien prises par le gouvernement dans le cadre du Comité de veille économique. 7 milliards de DH ont été réservés comme allocations à la CNSS dans la limite de 2 milliards et 5 milliards de DH pour la Caisse centrale de garantie (CCG). Ces dépenses en provenance du Fonds spécial ont permis d’allouer  des aides financières à près de 900.000 salariés affiliés à la CNSS et 5,5 millions de familles du secteur informel dont 45% sont dans le monde rural.

■ Réserves en devises pour couvrir 6 mois d’importation

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En vue d’alléger l’effet de la crise sur le stock des réserves en devises, le Maroc a mobilisé 4,5 milliards de dollars, en particulier à travers le tirage de 3,2 milliards de dollars dans le cadre de la Ligne de précaution et de liquidité du FMI et de 270 millions de dollars de la ligne de protection contre les risques de catastrophes avec la Banque mondiale. En outre, d’autres efforts pour mobiliser les financements extérieurs sont conduits dans le cadre des relations de coopération avec différents partenaires. Tout cela va permettre au Maroc de conserver son stock en réserves de devises pour couvrir 6 mois d’importation.

■ Baisse importante des exportations

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Selon les prévisions du FMI, le recul du commerce international  sera de -13%, le repli de la croissance économique de l’Union européenne, le principal partenaire du Maroc,  sera de -10,5%. En raison de son ouverture, l’économie marocaine a été négativement impactée par la crise. Cela est perceptible dans la comparaison des données de mai dernier par rapport au même mois de l’année dernière. Ainsi, les exportations automobiles ont reculé de 90%, l’aéronautique de 76% et le textile habillement de 74%. Le ralentissement de l’activité économique est visible, avec une baisse des recettes touristiques de 70% au cours de  2020, et autant pour les IDE. Les transferts des MRE ne reculent que de 20%.

                                                                             

Soutien aux TPME et PME, accélération des réformes administratives...

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L'un des trois piliers à la base de la préparation du PLFR est l’accompagnement de la reprise progressive de l’activité économique. Il s’agit de présenter l’appui nécessaire aux entreprises nationales affectées, dans le cadre de conventions  avec les différents secteurs. L’objectif est de renforcer les mécanismes de garantie pour financer les prêts au profit des entreprises publiques et privées, les TPME et les PME.

Le taux d’intérêt ne dépasse pas 3,5%, remboursables sur une période de 7 ans et un délai de grâce de 2 ans. La garantie de l’Etat varie entre 80 et 95%, selon le chiffre d’affaires. En contrepartie, les entreprises sont tenues de conserver les postes d’emploi et réduire le délai de paiement entre elles à un niveau de 50% des prêts accordés. Ce qui va contribuer de façon effective à l’amélioration de la trésorerie et l’accélération du cycle économique.

Le 2e pilier porte sur le maintien de l’emploi. En dépit des mesures prises pour soutenir les entreprises et les salariés jusqu’à fin juin, certains secteurs ont encore besoin d’un accompagnement de l’Etat. Pour cela, des ressources du Fonds spécial pour la gestion de la pandémie seront réservées à l’accompagnement social et économique de ces secteurs.

Mohamed Benchaâboun a décidé de lier le soutien aux différentes entreprises pour la reprise de leurs activités à la nécessité de maintenir au moins 80% de leurs salariés déclarés à la CNSS en plus de l’engagement de régulariser rapidement la situation des salariés non déclarés. Cela se fera dans un cadre contractuel.

Dernier pilier, l’accélération des réformes administratives, conformément aux orientations royales. Le gouvernement va veiller à la mise en œuvre des dispositions de la loi relative à la simplification des procédures administratives, particulièrement le respect par l’administration des délais maximums pour répondre aux demandes d’investissement. Idem pour l’application rapide de la Charte de déconcentration administrative pour renforcer l’efficacité de la prise de décision sur le plan local.

En plus, il est question de consolider la transparence et l’efficacité dans la présentation des services aux citoyens et aux investisseurs à travers l’appui à la transformation numérique de l’administration et la généralisation de la digitalisation des services. De même, le renforcement de l’inclusion financière passe par l’extension du paiement électronique.

Mohamed CHAOUI
   
 

 

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