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Economie

Bagarre autour de la hausse du Smig

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5795 Le 02/07/2020 | Partager
Elle devait intervenir dès mercredi 1er juillet
Cette augmentation jugée suicidaire pour des secteurs en difficulté
L'UMT écarte tout report mais se dit prête à examiner les cas à problème

Faut-il geler la hausse du Smig? Les opérateurs économiques espèrent toujours un report de cette mesure décidée lors du dialogue social du 25 avril 2019. A cette date, les syndicats et la CGEM avaient convenu d’un ensemble de mesures dont une revalorisation du Smig et du Smag (salaire minimum dans l’agriculture) en deux phases à raison de 5% par an: la première tranche actée en juillet 2019 et la seconde est entrée en vigueur hier mercredi 1er juillet.

Si elle s’applique, cette augmentation serait visible sur les bulletins de paie du mois de juillet. Elle est jugée dénuée de sens dans la conjoncture marquée par la sortie du confinement, la baisse drastique de la commande adressée au Maroc, le recul de la consommation… Durant les cinq premiers mois de l'année, les importations comme les exportations sont en retrait respectivement  de 16,9% et de 20,1%.

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Autre indicateur surveillé de près et qui donne une idée sur l'activité, la consommation de l'électricité. Celle-ci se redresse doucement: de -15% durant le confinement, la baisse se situe aujourd'hui autour de 5%, selon les données de l'Office national de l'eau et de l'électricité.

Certains secteurs sont toujours empêtrés dans les dégâts causés par le confinement et n'arrivent pas à redémarrer. C'est le cas en particulier de l'écosystème tourisme: agences de voyages, hôtellerie, restauration, transport touristique, etc.  A fin mai, la crise sanitaire a été à l'origine d'une chute de 24,2% des recettes voyages, selon les dernières statistiques de l'Office des changes.

«Il faut une réunion entre les secrétaires généraux des syndicats, le patronat et le gouvernement. Nous ne comprenons pas cette fuite en avant. Nous avons une réalité économique et une décision urgente s'impose», soutient un chef d'entreprise. Il appelle les syndicats et le gouvernement «à prendre leurs responsabilités». Contactée par L'Economiste, l'UMT s'oppose à un report généralisé de la hausse du salaire minimum horaire.

«C'est un accord tripartite qui ne peut être annulé. Nous pouvons examiner la situation des secteurs ou des entreprises en difficulté», confie Miloudi Al Mokhareq, secrétaire général. Et d'ajouter, «nous parlons de 0,67 DH l'heure, ce qui revient à 128 DH pour 191 heures de travail par mois. Or, les entreprises ne tournent pas à plein régime. De plus, le Smig devrait être attribué aux salariés sans qualification professionnelle et non à des techniciens et des diplômés».

Lors de la réunion tripartite organisée la semaine dernière, les discussions se sont surtout focalisées sur «la méthodologie de travail» et se sont terminées sur le souhait des syndicats de mettre en place un Comité de veille social. Pourtant, les opérateurs s'attendaient à plus de «réactivité» et de «pragmatisme» pour sauver l'emploi dans les secteurs fortement impactés par les conséquences du Covid-19.

L'idéal aurait été de reporter rapidement la hausse du Smig pour les entreprises en difficulté et les secteurs fortement impactés. «Ce n'est pas la première fois qu'un secteur disposera d'un peu plus de temps pour appliquer une telle mesure. Le textile avait obtenu un traitement à part durant les dix dernières années», relève un chef d'entreprise. 

                                                                                 

Immobilier, cuir...

Dans l'immobilier, les opérateurs n'ont toujours pas de visibilité. «Le secteur est en train de se relever lentement. Nous n'avons par exemple pas de visibilité sur les MRE qui, en général, représentent une grande partie de nos clients  durant les mois de juillet et août», souligne Karim Amor, vice-président de la Fédération nationale de la promotion immobilière. La FNPI ne s'oppose pas à une augmentation du Smig mais à sa mise en œuvre durant cette période difficile.

Comme c'est le cas dans les autres  activités, les règles sanitaires sont impératives et leur non-respect peut entraîner l’arrêt de toute entreprise. «Nous devons réfléchir à des moyens d’organisation intelligents pour éviter la perte de productivité  inhérente au respect de ces mesures», poursuit Amor.  Dans les conditions actuelles, une hausse du Smig se traduirait même par une augmentation du «coût unitaire» alors que la profession essaie de trouver les moyens pour faciliter l’accession à la propriété.

L'industrie du cuir, dont l'activité a baissé de moitié,  a également du mal à maintenir les emplois. «Notre premier souci est de sauvegarder l'emploi et payer les salaires. Une augmentation du Smig ne ferait que compliquer la situation», indique Hamid Ben Rhrido, président de la Fédération des industries du cuir.

A fin mai, les exportations du cuir textile ont reculé de 33,8%. Elles ont été affectées surtout par la baisse des ventes des vêtements confectionnés (-3,9 milliards de DH) et celles des articles de bonneterie (-1 milliard de DH).

Khadija MASMOUDI

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