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Economie

Suez Maroc: Coup d'accélérateur sur l'économie circulaire

Par Amin RBOUB | Edition N°:5792 Le 29/06/2020 | Partager
Le groupe multiplie les plateformes de traitement industriel
60 millions de DH investis dans les zones franches de Tanger et Kénitra
Entretien avec Benjamin Vauthier, DG
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Benjamin Vauthier, DG de Suez Maroc: «Les plateformes multimodales permettront d’apporter des solutions de collecte, de tri et de prétraitement des déchets générés par les industriels implantés à Atlantic Free Zone de Kénitra et à Tanger Free Zone. Elles permettront le développement écologique des zones franches et favoriseront la mise en œuvre de programmes de développement durable à bas niveaux de carbone» (Ph. SM)

- L'Economiste: Dans un contexte post-Covid, quelles seront les orientations de Suez Maroc en termes de solutions et projets
- Benjamin Vauthier:
Les conséquences de la pandémie Covid-19 appellent à des solutions économiques plus respectueuses de l’environnement. Ce qui est en parfaite adéquation avec la raison d’être de notre groupe à l’international comme ici au Maroc. Pour relancer l’économie marocaine, nous misons sur le développement de solutions environnementales à travers la multiplication des plateformes de traitement des déchets industriels, le renforcement et le développement d’outils de traitement avec l’introduction d’outils digitaux pour une meilleure gestion de la ressource.

- Quels sont les futurs projets écologiques que Suez programme au Maroc et les priorités en matière de protection de l’environnement?                                        
- Suez Maroc a lancé en 2019 deux projets de construction de nouvelles plateformes de valorisation dans les zones franches de Tanger et de Kénitra.  Ces plateformes multimodales permettront d’apporter des solutions de collecte, de tri et de prétraitement des déchets générés par les industriels implantés à Atlantic Free Zone (AFZ) et à Tanger Free Zone (TFZ). Elles contribueront au développement écologique des zones franches et favoriseront la mise en œuvre de programmes de développement durable à bas niveaux de carbone. La plate-forme AFZ s’étendra sur une superficie de 24.000 m². Celle de Tanger (TFZ) est une extension de 5.000 m² qui viennent s’ajouter aux 20.000 m² déjà en service. Les deux plateformes seront dotées d’une capacité de près de 100.000 tonnes par an. Ces deux installations accueilleront tous types de déchets: carton et papier, plastique, bois, métaux ferreux et non ferreux, résidus industriels spéciaux... Notre objectif est d’atteindre un taux de valorisation supérieur à 85%. Les plateformes viendront compléter d’autres activités du groupe exercées par Boone ComenorMetalimpex, filiale de Suez spécialisée dans le recyclage des déchets métalliques et implantée depuis 2011 sur TFZ.

- A combien s'élèvent les investissements sur les 2 plateformes?

- Suez a investi plus de 60 millions de DH dans ces deux plateformes dont la mise en service est prévue en 2020. Ce qui permettra la création d'emplois directs et indirects. A noter que malgré la situation actuelle, les travaux de construction de notre plateforme de traitement des déchets industriels à la zone franche de Kénitra se sont poursuivis. Le démarrage de son activité est prévu pour juillet 2020. Pour rappel, nous avons mis en place en 2014 une plateforme à Bouskoura. Dotée d’une superficie de 7.000m² et d’une capacité de 50.000 tonnes par an, cette plateforme est au service des industriels installés dans le périmètre du Grand Casablanca.
Sur un tout autre registre, Suez Maroc souhaite mettre son expertise et son savoir-faire au service d’un traitement plus avancé des déchets.

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Ptateforme de Suez à Atlantic Free Zone, non loin du site PSA de Kénitra (Ph. SM)

- Quels enjeux derrière cette nouvelle génération d'investissements?
- Nous prenons en considération les spécificités locales afin de répondre aux enjeux environnementaux liés au traitement des lixiviats (1). Il s'agit là d'une problématique majeure au Maroc compte tenu de la forte proportion de déchets organiques. Suez propose un procédé industriel performant, économiquement adapté et unique à l’échelle nationale et nord-africaine. Il y a aussi des enjeux liés au captage et à la valorisation du biogaz pour un développement durable. Le biogaz produit par les déchets enfouis est capté puis valorisé pour pouvoir être utilisé comme source d’énergie. Enfin, il y a la dimension tri. Au-delà de l’aspect économique (récupération des matières valorisables) et environnemental (réduction de la quantité de déchets à éliminer en décharge), Suez Maroc fait de cette opération un véritable levier social en intégrant les récupérateurs informels présents dans la décharge tout en les organisant en coopérative permettant ainsi le maintien de leur activité et l’amélioration de leurs revenus et conditions de travail.  Pour nos clients industriels, nous participons à l’amélioration de la gestion des ressources en favorisant le réemploi et la valorisation des effluents et déchets. De nouvelles ressources sont ainsi accessibles en parfaite application des principes de l’économie circulaire. Sur ce point, je cite à titre d’exemple la fourniture de la biomasse pour les chaudières de l’usine Renault Tanger.

- Le constat aujourd'hui fait que les prestations et les services assurés au Maroc sont loin des exigences et standards en Europe... Comment expliquez-vous ce décalage dans les prestations?
- Grâce à l’expertise mondiale de notre groupe et à notre gamme de prestations locales, je peux vous assurer que nous sommes l’un des rares acteurs du secteur de l’environnement à pouvoir offrir à nos clients au Maroc une prestation respectant les normes internationales et nos références commerciales en attestent. Aujourd’hui, si les industriels ou les collectivités locales à la recherche de solutions de traitement font appel à Suez Maroc, c’est parce que nous sommes une entreprise capable de délivrer un service conforme aux standards européens (santé et sécurité, qualité, process, environnement,…). De plus, nos prestations apportent une réelle valeur ajoutée à nos partenaires à travers la gestion dynamique des filières de valorisation pour plus de compétitivité, la recherche continue d’optimisation dans le transport ou encore le traitement des déchets sans parler de la traçabilité de l’ensemble de nos opérations dont une grande partie est maintenant digitalisée pour davantage de transparence. Je précise qu’une enquête réalisée l’année dernière auprès de nos clients a montré que ces derniers sont satisfaits de nos services à hauteur de 82%.

- Les expériences de Suez dans les secteurs industriels restent limitées. Comment comptez-vous développer ce type de prestations, tous secteurs confondus...?
- Bien au contraire, notre portefeuille clients couvre l’ensemble des secteurs d’activité. D’ailleurs, tous les secteurs sont concernés par des problématiques environnementales et l’économie circulaire trouve son application dans tous les domaines. C’est grâce à nos premiers contrats dans l’industrie agro-alimentaire marocaine que nous avons consolidé une forte expertise qui nous a permis de mieux se positionner sur le secteur avec des offres sur mesure et adaptées aux besoins de nos clients. Les références mondiales du groupe ont également contribué à notre développement. Je rappelle que Suez Maroc compte aujourd’hui des clients dans la construction automobile (les usines Renault de Somaca et Tanger ou tout récemment l’usine PSA à Kénitra), l’industrie chimique, les gestionnaires de zones industrielles, les centres commerciaux ou encore les complexes touristiques…

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Centre d'élimination et de valorisation de Suez à Meknès (Ph. SM)

- Quelles sont les limites qui entravent l'économie circulaire voire le développement d'un écosystème de l'économie verte?
- Le Maroc représente de grandes ambitions pour le développement d’une économie verte grâce à sa stratégie énergétique et environnementale. La volonté royale de faire du Maroc un exemple environnemental est un catalyseur pour tous les intervenants du secteur. Je pense que l’un des vecteurs de développement de l’économie circulaire au Maroc est la mise en place d’outils de traitement respectueux des normes environnementales. Ceci passe par une généralisation de solutions de recyclage sous formes énergétique, biologique ou organique.
Un autre levier serait la multiplication de centres de tri et des plateformes de valorisation des déchets. Equipés de technologies avancées, ils peuvent traiter une grande diversité de flux, dangereux ou non. Enfin, il faudra maîtriser les filières de traitement spécialisées notamment celles opérant dans la valorisation énergétique des déchets.

- Comment Suez Maroc tire parti de la transformation digitale, des nouvelles technologies et de la numérisation des process?
- A chaque étape du processus industriel, notre connaissance approfondie des métiers de l’eau et des déchets permet de créer de la valeur pour nos clients industriels. Notre approche collaborative nous permet de délivrer des technologies de pointe, des solutions innovantes et des services digitaux sur-mesure conçus pour renforcer la performance, la compétitivité et favoriser une gestion durable des ressources en conformité avec les réglementations les plus strictes. Suez Maroc propose un large portefeuille de solutions digitales. Ces solutions permettent de dématérialiser certaines activités pour une efficacité accrue de la gestion quotidienne. Ces applicatifs servent à mieux organiser et protéger les données et augmentent la productivité, que ce soit pour des opérations de collecte des déchets, leur transport, la facturation ou encore la gestion des eaux industrielles.

Propos recueillis par Amin RBOUB

                                                                             

Une offre zéro carbone...

Selon Benjamin Vauthier, DG de Suez Maroc, «l’écosystème d’innovation chez Suez permet de proposer des offres différenciées et compétitives». Il en veut pour preuve la mise en service du procédé Evalix à Meknès. Il s’agit d’un bioréacteur à membranes d’ultrafiltration puis osmose inverse avec gestion des concentrâts par évaporation et déshydratation des boues issues du traitement biologique. «Ce procédé permet de garantir une qualité de traitement des lixiviats conforme avec un rejet en milieu naturel, tout en produisant de l’eau utilisable en irrigation», explique Vauthier. Pour ses clients industriels, Suez Maroc propose des procédés de gestion des eaux industrielles plus durables grâce à une panoplie de process novateurs conçue par Suez Water Technologies & Solutions. «Autre innovation que nous comptons bientôt introduire, la mise en place d’une unité de transformation des câbles sur nos nouvelles plateformes de Kénitra et Tanger», annonce le DG. Cette unité permettra de broyer et de séparer les métaux non ferreux des plastiques afin de trouver les filières les plus courtes et mettre en place l’économie circulaire. D’autres projets de valorisation du plastique ou la mise en place d’une offre zéro carbone sont également en cours de développement.

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(1) Le lixiviat est le liquide résiduel engendré par la percolation de l'eau et des liquides à travers une zone de stockage de déchets.

 

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