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Economie

«Pourquoi les cas Covid-19 montent en flèche»

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5792 Le 29/06/2020 | Partager
Instauration des mesures de protection: le gouvernement a raté sa pédagogie, déplore le Pr Allal Amraoui
Il ne faut ni dramatiser ni sous-estimer le virus…mais plutôt réapprendre à vivre avec
«Nous sommes en période de convalescence psychologique, sociale, professionnelle», insiste le député PI
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Pour Dr Allal Amraoui, «La communication dans cette période de pandémie a été extrêmement difficile et délicate avec très vite dans certaines situations des conséquences néfastes». «On ne peut pas dire blanc et noir en même temps, les citoyens se trouvent perdus… surtout lorsque Mr El Othmani ne met pas le masque», déplore-t-il (Ph. L’Economiste)

- L’Economiste: Pourquoi le nombre de cas Covid-19 augmente-t-il au Maroc?

- Allal Amraoui: Il est tout à fait normal de tomber sur autant de clusters au fur et à mesure qu’on augmente notre capacité de tester de façon active, même en absence de toute symptomatologie clinique. Ces mesures ne peuvent être efficaces que si, à titre individuel et collectif, on prend les précautions pour se protéger et protéger les autres, maintenir la distance physique, continuer de se laver les mains, et porter un masque tout le temps et devant toute personne en dehors du cercle intime de la petite famille. Force est de constater un relâchement visible de la part d’une grande partie de la population. Le gouvernement a manqué de vision politique globale de santé publique et de pédagogie, lors de la préparation du déconfinement, accusant même un retard néfaste et inexpliqué dans sa mise en œuvre. Le défi était d’amener et de faire adhérer la population générale aux mesures de protection qui devaient absolument faire suite aux mesures de riposte tant réussies des premières phases de l’épidémie. Pour rappel, SM le Roi a donné l’exemple et le ton en appliquant très tôt des mesures de distanciation. Le 11 mars dernier, le Souverain respectait déjà la distanciation lors de la nomination des 4 nouveaux membres de la cour constitutionnelle. Il a porté le masque de protection dans toutes ses activités publiques, depuis le 7 avril, montrant l’intérêt de cette mesure barrière.

- Le gouvernement a-t-il failli à cette mission pédagogique de protection?
- Malheureusement, on a vu aussi des membres du gouvernement, surtout Mr El Othmani, qui était pratiquement à chaque apparition en public sans ce masque. De cette manière, le Chef du gouvernement a instauré un flottement et un malaise autour de cette mesure hautement altruiste. Le port aléatoire du masque par la population générale au travail, dans les souks ou dans la rue, est une des failles manifestes dans la politique de communication du gouvernement. La responsabilité collective est une addition de responsabilité individuelle. Le meilleur exemple de l’importance de la vigilance à tout moment est le fait qu’au sein même des milieux hospitaliers au Maroc, ou ailleurs en Europe, milieux considérés à juste titre comme les plus risqués, les contaminations ne se sont pas faites au bloc ou au contact des malades comme attendues, mais plutôt dans des salles de repos quand la protection et l’attention ont été relâchées par le personnel.

- Faut-il craindre une 2e vague et comment stabiliser les contaminations?
- On ne peut pas parler de 2e vague. Car, on ne peut pas avancer qu’on a eu une véritable première vague, mais plutôt, des clusters à gérer en même temps. Les uns plus importants que d’autres. Il ne faut ni dramatiser ou affoler à outrance ni sous-estimer. Il s’agit de réapprendre à vivre avec ce risque, à le surmonter, à le dresser, le contrôler et non pas le nier ou en être paralysé. L’enjeu est de trouver l’équilibre nécessaire entre protéger la population et veiller à limiter autant que possible les dommages socio-économiques. Nous pouvons assurer les deux, et n’oublions pas qu’une mauvaise économie retentit inexorablement sur la santé. Nous devons faire preuve d’intelligence, de créativité, de communication et de beaucoup de pédagogie pour permettre aux citoyens de se prémunir du ‎danger tout en menant leur vie sociale et professionnelle. Il faut donc maintenir et renforcer les mesures fondamentales de santé publique comme le préconise sans cesse l’OMS. Tester, trouver, isoler et prendre en charge chaque cas et chercher sans relâche chaque contact…ne sont pas en reste. On est mieux armés pour étendre de plus en plus les tests. Pour cela, il est essentiel de s’ouvrir et rentabiliser les moyens humains et matériels des laboratoires privés.

- Des pays ont reconfiné les populations…
- Si on observe la Chine ou le Mexique on se rend compte qu’il n’y a pas de saisonnalité, mais le retour de l’hiver préoccupe. On n’aura pas besoin de réensemencement car le virus sera toujours là. Le retour du virus est encore probable, mais ce qui est sûr, c’est qu’on est mieux préparés, et on doit l’être davantage. Renforcer nos stocks de masques, de réactifs, des médicaments, des concentrateurs d’oxygène, est obligatoire. Il n’est absolument plus d’actualité de reconfiner de façon massive, mais plutôt continuer à confiner à géométrie variable, à l’échelle d’une localité, ou d’une ville. Ceci, pour ne pas perdre le contrôle de l’épidémie. Surtout parce qu’on soigne mieux les malades aujourd’hui. En outre, les personnes vulnérables doivent être encore plus protégées. L’importance du dépistage de masse restera de mise. Encore une fois, j’insiste sur le fait qu’il faut faire preuve de beaucoup de pédagogie. Et ce, afin d’amener le citoyen à dépasser le blocage psychologique, pour reprendre doucement une vie sociale et professionnelle tout en gardant un degré de vigilance élevé. C’est une période de convalescence psychologique, sociale, professionnelle...

La santé n’est pas un luxe

Dr Amraoui signe: «la principale leçon de cette pandémie: la santé n’étant pas secondaire ou un luxe, mais bien l’essentiel de toute politique publique, permettant aussi bien la prospérité, que la stabilité, et la sécurité». Peut-on nous permettre de ne pas assurer la refonte globale de notre système de santé? «Non», répond le député ancien vice-maire de Fès. Selon lui, il faut se préparer à d’éventuelles crises sanitaires, former les ressources humaines nécessaires, afin de permettre une riposte efficace à ce type de menace, actuelle ou future, et maintenir les services de santé essentiels. Car, l’incidence de ce difficile épisode va engendrer des perturbations et des conséquences qui se feront sentir pendant de nombreuses années sur le reste des services de santé. Une donnée aujourd’hui très positive, c’est que ce virus a beaucoup perdu de sa virulence. «Nous avons vécu la paralysie de prestations de service, ambulatoire, hospitalier et de soins communautaires, programme de vaccination perturbé, retard de diagnostic et de traitement des maladies non transmissibles, des cancers, des maladies mentales, soins dentaires, services de réadaptation, entre autres… des phénomènes à éviter en nous protégeant», conclut Dr Amraoui.

Propos recueillis par Youness SAAD ALAMI

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