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Economie

Modèle de développement: Le plaidoyer de l’IRES

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5791 Le 26/06/2020 | Partager
Rompre avec les modes actuels de gouvernance et revigorer l’administration
Encourager la libre entreprise et l’économie de plateforme
Adapter le système éducatif aux nouvelles exigences de l’emploi 2.0

L’Institut royal des études stratégiques (IRES) se greffe sur le débat autour de la refonte du modèle de développement. Cette instance a mis en avant, dans son rapport annuel 2019-2020, les leviers à activer pour réussir ce chantier stratégique. Pour l’IRES, il s’agit de proposer une approche permettant «la construction d’un nouveau modèle de développement, tenant compte des enjeux systémiques mondiaux, et répondant aux aspirations en termes de bien-être de la population».

Dans cette configuration, l’IRES a privilégié la démarche de leapfrog (saut de grenouille), «la seule susceptible de réaliser de grands sauts en avant, permettant au Maroc de rejoindre le club des pays développés sans toutefois calquer son modèle sur celui qui a dominé au cours du XXe siècle».

Pour cet Institut, il est décisif de prendre en compte, dans ce processus, les quatre ruptures qui sont en train de changer la donne à l’échelle nationale et mondiale. Il s’agit notamment du passage de la valeur matérielle à celle immatérielle, la revalorisation de l’humain, la fin de l’économie de prédation et l’émergence rapide de technologies disruptives.

Le nouveau modèle proposé par l’IRES s’articule autour d’une série de piliers. Sa mise en œuvre «dépend en premier lieu de l’action de l’Etat, montrant de manière exemplaire la voie à suivre et guidant la transformation de la société marocaine».

■ Révolutionner les modes de gouvernance

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Il est incontournable de marquer une rupture avec certains modes de gouvernance ayant prévalu jusqu’à présent, et qui ont empêché le Maroc de réaliser un rythme de développement soutenu. C’est l’une des principales orientations du modèle proposé par l’IRES. Son dernier rapport insiste sur l’importance d’opter pour des modes d’action renouvelés. Il s’agit de miser sur trois leviers: l’agilité pour permettre une adaptation continue, l’expérimentation pour favoriser les pratiques innovantes et le pragmatisme pour répondre au mieux aux besoins exprimés. La réhabilitation de l’administration publique sera décisive dans cette démarche. C’est ce qui permettra d’attirer des profils pointus, tout en mettant fin aux dysfonctionnements actuels, particulièrement dans les secteurs en relation directe avec les citoyens, selon cette instance. Dans cette transformation, l’administration doit être dotée des mêmes outils que le secteur privé, notamment un plan comptable, une programmation stratégique, la culture des résultats… Il serait également judicieux, selon l’IRES, de passer de la logique d’usagers et de contribuables à celle de clients. Cela devra s’accompagner de la mobilisation de nouvelles formes de leadership, misant sur les soft-skills.

■ Vers une «économie plus humaine»

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Le rapport de l’IRES plaide pour une «humanisation» de l’économie marocaine. Une série de leviers peuvent être déployés dans ce sens. Cela passe notamment par «la reconnaissance immédiate et effective de travailler en tant qu’indépendant, sans avoir à passer sous les fourches d’une bureaucratie indépendante». Concrètement, il s’agit «d’attribuer à chaque personne, à la fin de la scolarité obligatoire, un numéro de travailleur, lui permettant, de facto, de procéder à toutes les transactions, au même titre que n’importe quel représentant légal d’une entreprise». Cela permettra, selon l’IRES, de réduire le travail informel et de répartir la charge de l’impôt sur un plus grand nombre de contribuables. Autres leviers proposés: la facilitation de l’économie de plateforme, à l’image des success stories Amazon et Uber, ainsi que la création d’un statut spécial de jeune entreprise, permettant d’embaucher et de licencier librement, avec un meilleur accès aux emprunts et une taxation minimale.

■ Comment réduire les inégalités

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Pour l’IRES, l’éducation et la formation sont décisives pour la résorption des inégalités sociales. Mais à court terme, la priorité est de procéder à «la redistribution des fruits de la croissance, à travers une réforme fiscale et une politique d’inclusion financière des très petites entreprises et des personnes à faible revenu». Ce document insiste sur l’importance de prendre en compte la fracture numérique, afin d’éviter la marginalisation d’une partie de la population. Ces mesures, parallèlement à l’implémentation efficiente du Registre social unifié, «permettraient de renforcer la confiance institutionnelle».

■ Education: Changer d’esprit

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La réussite du nouveau modèle de développement passe par une refonte du système d’éducation et de formation. L’objectif est de favoriser un «changement radical d’état d’esprit». Actuellement, «les systèmes éducatifs visent à produire des agents économiques interchangeables, dotés de compétences similaires». Or, l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le recrutement a changé la donne. D’où le besoin de préparer les jeunes, notamment en termes de développement des aptitudes, de leadership, d’interdisciplinarité, d’expérimentation…

M.A.M.

 

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