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Economie

Textile: Le sourcing mondial chamboulé

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5789 Le 24/06/2020 | Partager
L’approvisionnement de proximité offre plus de flexibilité et de réactivité
L’Amith redemande des mesures de protection douanière
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Pour Mohamed Boubouh, président de l’Amith, «les volumes importants d’invendus, ainsi que l’impact de la crise sur la situation financière des donneurs d’ordre et sur les revenus des ménages, conjugués au respect des mesures barrières, sont autant de facteurs qui augurent d’une reprise progressive et modérée de l’activité dans notre secteur» (Ph. L’Economiste)

Le secteur textile, un des plus gros pourvoyeurs d’emplois, pourrait profiter du changement de la cartographie du sourcing mondial. Comme l’explique Mohamed Boubouh, président de l’Amith, «les donneurs d’ordre étrangers affichent aujourd’hui une volonté claire de réduire leur dépendance au sourcing asiatique». Une opportunité pour les industriels marocains qui attendent des mesures pour pouvoir mieux conquérir le marché local.

- L’Economiste: La fabrication de masques a constitué une bouffée d’oxygène pour les entreprises du secteur. Dans quelles autres niches celles-ci peuvent-elles se reconvertir?
- Mohamed Boubouh:
L’impact de la crise que nous avons commencé à ressentir dès le mois de mars dernier, perdurera bien au-delà des semaines et des mois à venir. Les industriels du textile-habillement se sont mobilisés massivement et très rapidement pour produire en premier lieu des masques barrières en tissus lavables et réutilisables, avant de lancer également la production d’autres équipements de protection en non-tissé (blouses, charlottes…). Les entreprises du secteur se sont également organisées pour répondre à une demande internationale grandissante.
En parallèle, elles ne perdent pas de vue le fait que cette crise a indiscutablement chamboulé la cartographie du sourcing mondial, ouvrant une nouvelle fenêtre d’opportunité pour l’offre textile marocaine. Les donneurs d’ordre étrangers affichent aujourd’hui une volonté claire de réduire leur dépendance au sourcing asiatique en faveur d’un approvisionnement de proximité offrant plus de flexibilité, de réactivité, et une meilleure gestion des stocks.

- Les entreprises textiles marocaines peinent à positionner leurs produits sur le marché domestique. Comment conquérir le consommateur local?
- L’Amith, à l’instar d’autres associations et fédérations sectorielles, milite depuis plusieurs années en faveur d’un assainissement du climat des affaires dans notre pays pour y rétablir des règles de concurrence loyale. Le marché domestique est inondé de produits fabriqués, localement ou à l’étranger, dans des conditions de concurrence déloyale. Il est donc très difficile, voire impossible, pour un acteur structuré de survivre dans cet environnement concurrentiel très hostile. C’est pourquoi l’Amith demande la mise en place de mesures tarifaires et non tarifaires visant à rétablir des règles de concurrence équitable sur le marché.
Les industriels fabriquent pour le compte des marques les plus exigeantes et les plus en vue dans l’univers de la mode à l’international. La question qui se pose serait de savoir pourquoi ces industriels ne sont pas en mesure de faire de même sur le marché national.
Premièrement, les prix de vente sur le marché local sont tirés vers le bas par cette concurrence déloyale évoquée précédemment, ce qui ne permet pas aux acteurs structurés de se positionner sur leur propre marché domestique. Et deuxièmement, ces industriels étant pour une partie non négligeable des exportateurs ayant recours à des régimes économiques en douane spécifiques pour leurs importations d’intrants, il est important d’apporter plus de flexibilité dans la reconversion de ces intrants en produits finis mis à la consommation pour permettre d’enrichir l’offre locale.

- L’informel, les sous-déclarations, le travail au noir... Quelles mesures faut-il actionner pour assainir le secteur?
- Le secteur auquel vous faites référence est le secteur informel pour lequel plusieurs mesures ont depuis longtemps été proposées par l’Amith. Il est important ici de distinguer entre le secteur informel de production et l’informel d’importation. L’informel de production emploie une main-d’œuvre significative. Il est donc primordial de l’accompagner dans son intégration au secteur formel pour mettre fin à la précarité et la vulnérabilité de ses employés.
L’informel d’importation, pour sa part, détruit des pans entiers de la chaîne de valeur textile. A ce titre, des mesures de contrôle strictes doivent être mises en place pour limiter autant que possible l’entrée sur le territoire national de produits de contrebande à l’origine de pertes massives d’emplois dans l’industrie textile-habillement formelle et structurée. 

Propos recueillis par Khadija MASMOUDI

                                                                           

Assainir le marché domestique

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Pour le patron de l’Amith, des mesures devraient être également prises pour l’export. A ce niveau, le secteur doit, à la fois, consolider sa présence dans ses marchés traditionnels et pénétrer de nouveaux marchés. Pour se faire, le président de l’Amith soutient que «les actions de promotion doivent être renforcées et soutenues pour tirer profit de la reconfiguration de la chaîne d’approvisionnement textile mondiale déclenchée par la crise actuelle».

A l’échelle nationale, la priorité devrait être accordée à l’assainissement du marché domestique. Il s’agit notamment de renforcer les barrières tarifaires et non tarifaires, de poursuivre la révision des accords de libre-échange déséquilibrés, avec en priorité l’ALE avec la Turquie, et de lutter contre la contrebande.

Enfin, la crise a mis en exergue l’urgence de mesures inclusives pour encourager l’intégration de l’informel de production. Une des mesures proposées consiste à atténuer le coût fiscal de cette intégration sur l’unité informelle en réduisant le taux de TVA du secteur à 10% au lieu de 20% actuellement.

Ce qui permettrait également de réduire l’écart de compétitivité entre producteurs formels et informels. Autre mesure visant à réduire la vulnérabilité des employés du secteur informel serait d’alléger les charges sociales pour encourager la souscription à la CNSS.

 

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