×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Conjoncture: Sale temps pour l’industrie et les services

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5789 Le 24/06/2020 | Partager
Les principaux leviers de l’export en panne
Le tourisme perd plus de 8 milliards de DH en trois mois

La récession s’aggrave de jour en jour. La plupart des pays, développés, émergents et en voie de développement en souffre. Certes, des perspectives de   reprise se dessinent à partir du deuxième semestre, compte-tenu de la levée des mesures de confinement et de l’adoption de plans de relance, le retour à la normale n’est pas pour demain, résume d’emblée la Direction des études du ministère des Finances.

artisanats-089.jpg

A l’appui, le constat de la Banque mondiale qui s’attend à une «contraction de l’activité économique plus forte dans les économies avancées que dans les pays émergents et en développement». L’impact sur le Maroc de la pandémie est encore plus exacerbé par les effets de la sécheresse.  En effet, la dynamique sectorielle nationale est affectée, d’une part, par l’exposition des secteurs échangeables aux chocs économiques externes et, d’autre part, par l’effet du confinement sur certains secteurs domestiques.

La réactivité des pouvoirs publics a certes permis d’atténuer les impacts néfastes de la pandémie sur l’économie, sans pour autant enrayer le risque d’une récession sévère. Du côté de la demande intérieure, les mesures prises ont permis quelque peu d’absorber le choc du confinement sanitaire sur les ménages vulnérables et les entreprises en difficulté ainsi que leurs employés.

En revanche, la baisse de la demande étrangère adressée au Maroc a fortement impacté l’essor des exportations. Les secteurs exportateurs les plus impactés sont les activités industrielles dépendant des chaînes de valeur mondiales, notamment l’automobile, l’aéronautique, l’électronique et le textile-habillement.

La crise s’est également reflétée sur le rendement des recettes touristiques et des transferts des marocains résidant à l’étranger. Toutefois, le tirage sur la ligne de précaution et de liquidité a permis d’atténuer l’impact sur la balance des paiements et de maintenir les réserves de change à un niveau adéquat.

En effet, les avoirs officiels de réserve représentent, à fin avril, l’équivalent de 6 mois et 11 jours d’importations de biens et services. La situation des charges et ressources du Trésor à fin mai 2020 a été marquée par une aggravation du déficit budgétaire de 31%, sur fond d’une forte baisse des recettes ordinaires. Les crédits bancaires se sont accélérés à fin avril, portés, particulièrement, par les prêts aux sociétés non financières privées (+11,4% après +1,3%). Les indices boursiers poursuivent leur évolution dans le rouge à fin mai, malgré la légère correction haussière affichée durant ce mois.

■ Industrie: Ralentissement sur toute la chaîne  
Le secteur manufacturier est de loin le plus affecté par la crise sanitaire. Depuis le 20 mars dernier, la plupart des unités ont été mises à l’arrêt partiel ou total. Cette situation a été aggravée par le recul des ventes tant au niveau du marché intérieur qu’extérieur dans plusieurs secteurs.

marrakech-089.jpg

Pour l’industrie automobile, l’indice a plongé de 20,3%. De même, les indices  de production des autres produits non métalliques, de l’industrie métallurgique , électronique  de textile et de la chaussure de 26,3% ont accusé des contractions variant entre 4,5 et plus de 25%.

Courant le mois d’avril, les résultats de l’enquête de conjoncture de Bank Al-Maghrib auprès du secteur manufacturier font état d’un recul de la production et des ventes d’un mois à l’autre dans l’ensemble des branches d’activité. Le taux d’utilisation des capacités de production (TUC) s’est replié pour le deuxième mois consécutif pour se situer à son plus bas niveau de 47% en avril 2020 après 56% en mars, soit une baisse de 9 points en glissement mensuel et de 28 points en variation annuelle.

A fin avril dernier, ce taux s’est établi à 61,5%, en baisse de 13,3 points par rapport à fin avril 2019, reflétant un recul dans l’ensemble des branches. Pour ce qui est de l’export du secteur manufacturier, une évolution négative de leur valeur a été enregistrée dans la quasi-totalité des branches d’activité, à fin avril 2020. L’automobile (-39%), le textile et cuir (-28,3%), l’aéronautique (-33,9%), l’industrie alimentaire (-7,4%) et l’électronique (-1,9%).

En revanche, l’industrie chimique et para-chimique a quasiment stagné. La valeur des expéditions des phosphates et dérivés est restée ainsi inchangée par rapport à fin avril 2019  avec, toutefois, une performance en volume de plus de 22%. A partir du 11 juin 2020, les autorités marocaines ont annoncé l’allégement des mesures de confinement dans plusieurs régions. Ces mesures devraient s’étendre à partir du 25 juin courant. La reprise de l’activité économique concerne l’industrie, le commerce, l’artisanat, les petits métiers, les professions libérales et similaires ainsi que la réouverture des souks hebdomadaires.

■ Le tourisme, secteur sinistré

plongeon-des-recettes-089.jpg

Le secteur touristique, le plus frappé par les conséquences de la pandémie de Covid-19, a connu un quasi-arrêt de l’activité dans la majorité des villes du Royaume. A fin mai 2020, les arrivées ont plongé de 54% par rapport à la même période de l’année passée. La chute recouvre un recul des arrivées des touristes étrangers de 55% et de 53% de celles des MRE. Pour sa part, le nombre de nuitées réalisées dans les établissements d’hébergement classés s’est réduit de plus de moitié en glissement annuel. Pour ce qui est des recettes touristiques, leur retrait a atteint 46,2% durant les trois mois de mars à mai 2020 cumulés, comparativement à la même période de l’année précédente, soit une perte de 8,3 milliards de DH. Cette évolution fait suite à un recul de 14,3% en mars, de 51,4% en avril et de 73,5% en mai 2020. Au terme des cinq premiers mois de cette année, ces recettes se sont repliées de 24,8% (ou de 7,1 milliards de DH), après une performance de +8,3% un an auparavant, pour se situer à 21,5 milliards de DH. Pour rappel, l’OMT estime que la crise pourrait entraîner, sur l’année 2020, une régression du nombre des arrivées internationales comprise entre 60% et 80% par rapport aux chiffres de 2019.
Des signes de reprise sont attendus au dernier trimestre 2020, mais surtout en 2021.

                                                                      

Rebond des prix de produits énergétiques

cour-su-brent-089.jpg

Les  cours des matières premières ont enregistré une nette remontée, en lien avec le redémarrage de l’économie dans plusieurs pays. Ainsi, l’indice des prix des produits énergétiques, calculé par la Banque mondiale, a rebondi de 32% en mai, avec une forte progression des cours de pétrole (+33%). Ceux du Brent se sont établis à 31 dollars le baril en moyenne en mai dernier. Sur les 5 premiers mois, les prix moyens du Brent ont atteint 41 dollars, en baisse de 38% en glissement annuel.
Dans le sillage du pétrole, les prix du gaz butane ont atteint 367 dollars la tonne le 19 juin, en hausse de 25% sur un mois et de 167% depuis leur creux du début avril, ramenant leur baisse à 25% depuis début 2020. Entre janvier et le 19 juin, les prix moyens du gaz butane se sont établis en moyenne à 354 dollars la tonne, en baisse de 21% en glissement annuel.

A.G.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc