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Economie

Agriculture: Akhannouch démonte les clichés sur la consommation en eau

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5774 Le 03/06/2020 | Partager
1 kg d’orge consomme 12 fois plus que la pastèque
Avec les céréales, l’agriculture perdra une valeur ajoutée de 20 milliards de DH par an
Un objectif de 300.000 ha pour l’agriculture biologique

Ceux qui s’attendaient à une pâle copie de la prestation de Aziz Akhannouch chez les députés de celle devant les conseillers quelques jours auparavant ont été déçus. En effet, lors des questions orales de la Chambre des représentants lundi, le ministre s’est montré combattif au point de démonter, chiffres à l’appui,  «les clichés» reproduits par des députés dans leurs tentatives de dévaloriser sa stratégie sectorielle.

C’est ainsi qu’il a démenti le préjugé selon lequel la culture de la pastèque consomme plus d’eau que les céréales. Selon lui, 1 kg d’orge consomme 12 fois plus que ce fruit. Pour convaincre, il a rappelé qu’un hectare produit 50 tonnes de pastèque contre seulement 30 quintaux d’orge. Une occasion pour le ministre de revenir sur la revendication de certains députés relative à l’autosuffisance en matière céréalière.

Pour Aziz Akhannouch, l’autosuffisance en céréales nécessite d’augmenter de 900.000 ha supplémentaires en terres irriguées en plus des 300.000 ha actuellement. Or, les ressources en eau consacrées à l’agriculture ne dépassent pas 40% des besoins réels à cause des déficits en matière de pluviométrie.

Les agriculteurs, qui cultivent les agrumes, l’avocat ou les tomates, ne peuvent pas les remplacer par les céréales, indique le ministre. Et pour cause, le rendement à l’hectare des céréales est de 12.000 DH alors qu’il s’élève à 34.000 DH pour les autres produits agricoles. Il rappelle à qui veut l’entendre que l’orientation vers les céréales fera perdre à l’agriculture marocaine une valeur ajoutée de 20 milliards de DH par an. Surtout que sa politique vise à améliorer le niveau du secteur agricole. En tout cas, le Maroc peut acheter les céréales sur le marché mondial.

D’ailleurs, le stock de sécurité de ces produits a augmenté pour atteindre 4 mois. En outre, les céréales emploient moins de main- d’œuvre que les autres secteurs, ajoute-t-il, avant de s’interroger sur l’objectif: améliorer la rentabilité et le niveau de vie des agriculteurs ou bien les garder dans la pauvreté? Aziz Akhannouch n’a pas oublié de faire de la politique avec ce constat: «la plupart de ceux qui parlent aujourd’hui des céréales cultivent en fait les olives. Ce n’est pas sérieux!» s’est-il exclamé.

■ Promotion de l’agriculture bio

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Le programme prévoit d’encourager les filières de production, particulièrement le secteur de l’agriculture biologique. Après la Covid-19, la priorité de la consommation en Europe et d’autres pays va vers ces produits. L’ambition du ministre est d’augmenter les superficies réservées à ce type d’agriculture, qui a un avenir prometteur national et international, dit-il. L’objectif est d’atteindre une superficie globale de 300.000 hectares.

■ La nouvelle stratégie génération verte sur les rails
Depuis son lancement en février dernier par le Souverain, la nouvelle feuille de route après le Maroc vert commence à se concrétiser. En effet, au cours de ces deux derniers mois, le ministère de l’Agriculture a enclenché la machine à travers plus de 3.000 réunions par visioconférence. Ces rencontres ont concerné les chambres régionales d’agriculture, les 19 interprofessions et la Comader. L’objectif est d’arriver à ce que tous les partenaires et intervenants puissent s’approprier cette nouvelle stratégie. Pour le ministre, la mise en œuvre effective a commencé par les instances de gouvernance et de pilotage, avec la participation des opérateurs régionaux et nationaux. Son département travaille actuellement sur une nouvelle génération de contrat-programme pour les années à venir.

■ Protection sociale pour le secteur

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Dans le cadre de l’émergence de la classe moyenne, il est impératif de concrétiser l’axe de la protection sociale, avec un système pour les exploitants agricoles. Il s’agit aussi de réfléchir à une version pour aider les ouvriers agricoles à profiter de cette protection sociale. Le but est de dépasser la faiblesse de leurs contributions, qui limite le bénéfice de prestations de la CNSS. Les discussions sont en cours au niveau des associations, des interprofessions et des chambres. «Nous allons entamer les pourparlers avec la CNSS pour avancer dans ce projet», précise le ministre.

■ Offre pour les jeunes entrepreneurs agricoles
Avec les professionnels, le ministère est en train de préparer une offre complète pour les jeunes qui souhaitent se lancer dans l’entreprise agricole. La proposition comprendra un appui à l’investissement, des aides ainsi que d’autres incitations en direction des jeunes. Elle sera présentée après la sortie de la pandémie, qui nécessitera une relance économique. En tout cas, cette offre prévoit d’intégrer près de 180.000 jeunes, sachant que 360.000 exploitants agricoles sont âgés de plus de 65 ans. Dans le même sillage, Aziz Akhannouch compte encourager la création d’entreprises tournées vers les services agricoles, notamment le transport et la gestion des coopératives.

■ Classe moyenne agricole avec 400.000 familles
Cette stratégie green generation se base sur deux piliers importants dont l’un vise à donner la priorité à l’élément humain. Cela se fera à travers la mise en œuvre de plusieurs axes. C’est le cas de l’émergence d’une classe moyewnne avec la possibilité de permettre à 400.000 familles de l’intégrer. Il s’agit de mettre en valeur de nouveaux entrepreneurs à travers la mobilisation et la valorisation  de 1 million d’hectares de terres collectives.

■ Mécanismes d’accompagnement
De même, il s’agira de compter sur de nouvelles générations d’organisations agricoles innovantes. L’idée est également de renforcer les rôles des professionnels dans la gestion des filières de production. Dans la même lancée, il est question de nouveaux mécanismes d’accompagnement dans la mise à niveau des agriculteurs et le développement de leurs capacités. Cela se fera en liant près de 2 millions d’agriculteurs aux plateformes des services numériques.

■ 350 millions de DH d’indemnités de l’assurance
A titre exceptionnel, cette année, l’opération d’évaluation des effets de la sécheresse a démarré un mois et demi avant les délais. «L’indemnisation des agriculteurs a commencé à la mi-avril alors que par le passé, elle n’intervenait que vers juillet. Nous avons commencé plus tôt pour alléger les effets de la sècheresse sur les agriculteurs», a noté le ministre. Ainsi, le montant distribué aux agriculteurs s’élève à 350 millions de DH. De même, le ministre a salué le Crédit agricole du Maroc qui a accompagné les petits agriculteurs à travers le lancement de plusieurs produits. Ainsi, il a accordé 1,5 milliard de DH en financements.

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■ Réseaux de distribution des produits

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L’autre pilier fixe 4 axes stratégiques qui se concrétisent à travers le renforcement des filières agricoles dans le but d’améliorer les réseaux de distribution des produits à travers la modernisation de 12 marchés de gros et des marchés traditionnels. L’amélioration de la qualité et la capacité d’innovation passeront par l’octroi d’accréditations aux abattoirs modernes, avec un renforcement du contrôle sanitaire.

Priorité à la production nationale des céréales

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La première mesure dans le cadre de l’intervention du gouvernement en vue d’alléger le poids du déficit en eau a consisté dans une réunion avec les professionnels des minoteries industrielles. Ces derniers se sont engagés à acheter la production nationale dans les meilleures conditions. «Je suis ce dossier personnellement», dit-il. Ainsi, le prix de référence a été fixé à 280 DH/q, la prime d’emmagasinage de 2 DH pour tous les 15 jours. Il a été décidé de consacrer 5 DH comme prime forfaitaire et renouveler les appels d’offres d’approvisionnement qui ira en premier à la production nationale en ce qui concerne la farine subventionnée.

Mohamed CHAOUI

 

 

 

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