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Economie

Assurance: Pourquoi Atlanta et Sanad fusionnent - Entretien exclusif avec Mohamed Hassan Bensalah, PDG du Groupe Holmarcom

Par Dr Mohamed BENABID - Hassan EL ARIF - - | Edition N°:5773 Le 02/06/2020
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Un nouveau géant des assurances avec 5 milliards de DH de chiffre d’affaires et 15,5% de part de marché sur la non-vie
«Cette fusion est un choix stratégique et non une nécessité»
Le processus de rapprochement entamé il y a près d’un an, notamment avec la restructuration du pôle Finance du Groupe
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Mohamed Hassan Bensalah: «Nous avons tout mis en place pour ne rien laisser au hasard. Notre atout se manifeste, d’un point de vue opérationnel, dans le fait que les deux compagnies cohabitent au sein de notre Groupe depuis plus de 20 ans» (Ph. Privée)

- L’Economiste: Quel est le montage que vous avez retenu pour ce rapprochement?

- Mohamed Hassan Bensalah: Il faut savoir que Atlanta détient aujourd’hui plus de 99% de Sanad. Juridiquement parlant, le montage prévoit une fusion par voie d’absorption de Sanad par Atlanta. Mais dans les faits et au vu des différents indicateurs des deux compagnies, je parlerais, personnellement, plutôt d’un rapprochement.
Je m’explique. Atlanta et Sanad sont deux compagnies d’assurances qui ont quasiment la même taille, avec des parts de marché et des performances similaires.
Par ailleurs, les deux compagnies disposent de structures, dispositifs et ressources équivalentes. Nous sommes ici loin d’un scénario où une grande entreprise absorbe une plus petite. Notre projet de fusion est un regroupement de deux entités robustes et prospères. Nos acquis conjugués à deux, donneront lieu à une seule et unique compagnie, plus grande, plus forte et encore plus ambitieuse.

- Quelles synergies envisagez-vous?
- La réalisation des synergies figure parmi les objectifs premiers de ce rapprochement. Nous envisageons des synergies à tous les niveaux, que ce soit d’un point de vue commercial, technique ou financier.
L’idée est de viser l’excellence en mettant en commun les forces d’Atlanta et de Sanad, tout en capitalisant sur les meilleures pratiques adoptées jusque-là chez chacune des deux compagnies. Cela va nous permettre de réaliser nos ambitions et atteindre nos objectifs de développement. Et dans notre métier, ça passe obligatoirement par des offres claires et innovantes adaptées aux besoins de nos clients, un réseau plus étendu pour une meilleure proximité et accessibilité, une efficacité opérationnelle…

- Quelle sera la gouvernance du nouvel ensemble?
- Chez les deux compagnies, nous avons construit depuis des années un modèle de gouvernance à la fois solide et efficace. Notre objectif aujourd’hui est de le consolider. Bien entendu, un redimensionnement et un renforcement seront nécessaires, vu que la gouvernance et l’organisation de la future entité devront prendre en charge une compagnie deux fois plus grande. L’ensemble sera dirigé par Monsieur Jalal Benchekroun, qui dirige actuellement Atlanta, avec l’appui de 3 DGA, Azzdine Belammari, Hicham Tabine et Achraf Ftouhi. La gouvernance comme l’organisation cible seront mises en place pour fin septembre.

- Combien de temps faudra-t-il pour boucler la fusion?
- Notre objectif est d’entériner la fusion fin septembre, évidemment à condition de se voir accorder toutes les autorisations requises. Pour cela, nous travaillons activement pour sécuriser ce closing. Nous avons tout mis en place pour ne rien laisser au hasard. Notre atout se manifeste, d’un point de vue opérationnel, dans le fait que les deux compagnies cohabitent au sein de notre Groupe depuis plus de 20 ans. Ce n’est pas tout. Elles partagent les mêmes locaux, ont des organisations, des process et des systèmes d’information homogènes, ce qui permet d’aborder leur rapprochement sereinement, efficacement et rapidement. Nous fonctionnerons en tant qu’une seule entité à partir du mois d’octobre prochain.

- Pourquoi cette opération intervient en ce moment en particulier?
- Notre philosophie au sein du Groupe Holmarcom est de nous inscrire de manière perpétuelle dans une perspective de développement. Partant de là, chaque année nous avons fixé dans le cadre de nos plans stratégiques, des objectifs de plus en plus ambitieux à nos deux compagnies. Sanad et Atlanta ont toujours su les atteindre et n’ont cessé de grandir et de se transformer.
Mais le développement est et continuera d’être notre leitmotiv. Ce que nous avons accompli sur le marché, nous donne aujourd’hui la possibilité et la capacité de franchir un autre cap, passer à l’étape suivante, continuer à créer de la valeur et écrire ainsi une nouvelle page de notre histoire. En rapprochant nos deux compagnies, nous actionnons un levier unique sur le marché pour aller encore plus de l’avant.
Pour répondre à votre question, ce projet de rapprochement s’inscrit dans la stratégie élaborée par le Groupe Holmarcom pour le secteur financier. Le déploiement de cette stratégie a démarré il y a près d’un an, notamment avec la restructuration du pôle Finance du Groupe et la création de Holmarcom Finance Company en août 2019. Aujourd’hui, la fusion constitue un niveau supérieur de restructuration et d’efficience de notre organisation. Ce qui nous permettra, dans une perspective plus globale, de consolider notre position au Maroc et de pouvoir capitaliser dessus pour accroître notre développement.

- Comment seront gérées les marques commerciales existantes?
- Les deux marques Atlanta comme Sanad ont, chacune, une longue histoire et occupent une place particulière que ce soit sur le marché de l’assurance ou pour notre Groupe. Aujourd’hui, notre objectif est de développer une marque commune, incarnant notre ambition sur le marché, mais aussi et surtout prenant en considération les valeurs ancrées par chacune des deux marques.

- Comment réalise-t-on une fusion de cette ampleur en préservant l’emploi?
- Cette fusion est un choix stratégique et non une nécessité. Comme je l’ai dit au début de notre interview, les compagnies sont de tailles équivalentes et réalisent d’excellentes performances sur le marché. Nos collaborateurs retrouveront leur place naturelle dans l’ensemble fusionné, selon leur expertise et leurs compétences. Bien sûr que nous chercherons l’efficience, mais elle ne se fera pas au dépens de nos hommes et nos femmes. L’efficience de notre organisation passera avant tout par notre développement. Nos collaborateurs comme notre réseau sont et resteront un pilier incontournable de notre stratégie. Nous voulons qu’ils soient, tous ensemble, un levier de ce changement et nous sommes sûrs qu’ils sont à la hauteur de ce défi.

Impact Covid-19

S’agissant des conséquences de la crise Covid-19,  Bensalah reconnaît que cette crise sanitaire a relativement impacté le projet de fusion. Les équipes ayant à faire face à plusieurs challenges imposés par les contraintes de la pandémie. «D’un côté, nos équipes projet ont dû s’adapter aux visioconférences et au télétravail, mais sans que cela n’empêche leur implication et efficacité. Au contraire, je dirais qu’ils ont travaillé plus qu’en temps normal et je les en remercie. De l’autre, plusieurs de nos managers impliqués dans le projet de fusion ont eu à gérer, en parallèle, la mise en place des mesures sociales que nous avons prises suite à la crise au profit, entre autres, de nos assurés et nos agents». Pour le PDG du groupe Holmarcom,  les temps sont contraignants pendant cette crise sans précédent, mais il a fallu faire un choix et nous avons choisi de continuer le projet, de maintenir la dynamique et de relever le défi. «Nous avons l’ambition de ressortir de cette crise unis et plus forts pour affronter l’avenir» précise-t-il.

Que pèsera le nouvel ensemble?

Dans un marché marqué par la présence croissante de multinationales et de bancassureurs, le rapprochement Atlanta-Sanad devrait donner naissance au 2e assureur du Royaume en non Vie, avec près de 5 milliards de DH de chiffre d’affaires et 15,5% de part de marché sur la Non-Vie.

Propos recueillis par Mohamed BENABID et Hassan EL ARIF

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