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Economie

Le sport se cherche encore un pilote

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5773 Le 02/06/2020 | Partager
Pas encore une place importante dans la politique de développement, selon le CESE
La stratégie nationale n’a pas été pilotée de manière efficace
Appel à la transformer en politique publique inscrite dans une loi-cadre
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Le légendaire Younes El Aynaoui à Roland Garros en 2003. Il a écrit avec deux autres «mousquetaires» , Karim Alami et Hicham Arazi l’une des plus belles pages du Tennis national. Une hirondelle ne fait malheureusement pas le printemps. Comme pour d’autres sports, le Maroc n’a pas été en mesure de structurer et pérenniser le succès  (Ph. AFP)

Le Conseil économique, social et environnemental s’est penché sur l’état des lieux du secteur du sport, qui souffre d’une série de dysfonctionnements au Maroc. Le lancement d’une stratégie nationale, suite aux Assises du sport de 2008, n’a pas permis d’inverser la tendance.

Cette étude, élaborée suite à une saisine du président de la Chambre des conseillers, «propose d’évaluer la mise en œuvre de cette stratégie nationale, en tant que traduction de la politique sportive au Maroc, figurant au niveau du programme gouvernemental 2016-2021». Il en ressort que, certes, cette stratégie a «formulé une vision politique très ambitieuse et a défini des leviers et axes stratégiques clairs et pertinents qui restent toujours d’actualité».

Cependant, «sa mise en œuvre n’a pas permis d’atteindre les objectifs escomptés». Pour le CESE, le sport n’occupe pas encore la place qu’il mérite au sein de la politique de développement du pays. Actuellement, le ministère de la Jeunesse et des sports et les fédérations restent les principaux acteurs de la promotion du sport.

Aucune action relative à la diversification des acteurs et des canaux de promotion, tel que prévu par la stratégie, n’a été entamée. Résultat, en l’absence d’un système d’information intégré, et l’exclusion statistique des actions de 8 fédérations sportives, le bilan quantitatif reste biaisé, selon le CESE.

Par exemple, «le nombre de pratiquants réguliers, devant être atteint en 2017, estimé à 9,1 millions de pratiquants, n’a pu être valablement apprécié». Le Conseil précise néanmoins que le nombre de licenciés a connu une croissance de 30% entre 2008 et 2016. «Alors qu’il devait atteindre 653.700 en 2016, il n’a pas dépassé 337.400 licenciés, soit 1% de la population, dont 66.300 femmes».

Cette étude a également pointé la domination de certaines fédérations sportives, notamment du football et d’athlétisme. «20% des fédérations sportives se répartissent 80% du nombre des licenciés au Maroc», est-il indiqué. Au-delà des actions du ministère de tutelle, le CESE a mis l’accent sur l’apport décisif de l’INDH. Entre 2005 et 2010, 1.400 projets en relation avec le sport ont été réalisés, en plus de 2.600 autres lancés entre 2011 et 2018. Cela concerne la construction de salles omnisport, des maisons de jeunes, des terrains de proximité…

Pour le Conseil économique et social, plusieurs facteurs ont entravé la mise en œuvre de la stratégie nationale du sport. Par exemple, cette dernière n’a pas été déclinée en véritable politique publique et n’a pas été pilotée de manière efficace. S’y ajoute l’insuffisance des moyens humains et financiers mobilisés.

Pour inverser la tendance, le CESE appelle à «transformer cette stratégie en politique publique, inscrite dans une loi cadre». Ce texte devra définir clairement les rôles et modalités de la participation des différents intervenants. Cela devra s’accompagner de la garantie d’un pilotage institutionnel efficace au niveau central et territorial. Lors des prochaines années, cette étude propose de donner la priorité au développement du sport scolaire et universitaire. La relance du secteur sportif au Maroc passe également par une mise à niveau du dispositif juridique.

«Le cadre réglementaire, particulièrement la loi 30-09, devrait être révisé, de sorte à dépasser les facteurs de blocage et permettre la parution de l’ensemble des décrets d’application». Cette dynamique devra s’accompagner de la mise en place d’un système d’information intégré, afin de permettre une évaluation rigoureuse de la mise en œuvre de la stratégie et de son impact.

La construction de grandes infrastructures sportives devrait être poursuivie, selon le CESE. Mais cela doit être accompagné de la garantie de «leur conformité aux normes internationales, en tenant compte de leur accessibilité et de leur rentabilisation à moyen et long terme».

Chiffres-clés

  • 12 millions de pratiquants réguliers, c’était l’objectif de la stratégie nationale à l’horizon 2020
  • 1,05 million de licenciés, c’était l’objectif de la stratégie à l’horizon 2020 contre 263.000 en 2008
  • 333.400 c’est le nombre réel des licenciés en 2016, soit une hausse de 30% par rapport à 2008  
  • 20% des fédérations sportives, notamment du football et d’athlétisme, accaparent 80% du nombre des licenciés

M.A.M.

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