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Economie

Le Maroc prépare un déconfinement contrôlé

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5771 Le 29/05/2020 | Partager
Il est en pole position des pays ayant stoppé la pandémie
Le nombre de reproduction sur un trend baissier
Les conclusions d’une étude du HCP
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Après la hausse effrénée de la propagation du virus, la tendance actuelle s’oriente à la baisse

C’est parti pour le déconfinement! A en juger le renforcement de la vigilance et l’intensification, le Maroc s’achemine vers une logique de déconfinement sous contrôle. Le constat est dégagé par le HCP qui publie par la même occasion une étude sur la situation de la pandémie dans notre pays.

Tout en se basant sur un benchmark de pays pour conclure que le Maroc est en pole position des pays qui ont réussi à stopper la propagation du virus. Ce benchmark effectué sur un ensemble assez large a permis de donner une approche pour classifier les pays par compartiment et appréhender plus aisément leur situation pandémique. Cette classification a permis également d’examiner pour chacun des 4 groupes les impacts ou risques de la levée du confinement. (Voir encadré ci-contre).

Grâce à cette classification, il est aisé de constater que le Maroc, après les efforts mis en œuvre pour contenir la propagation de la pandémie, se retrouve très proche de la zone de succès. La confirmation de la tendance à la baisse du R0 (nombre de reproduction), permettra de s’assurer que le déconfinement prochain d’une partie de sa population, dicté par des raisons économiques et sociales évidentes, ne fera pas dévier le Maroc de la trajectoire qui devrait le conduire vers la configuration des pays ayant levé le confinement.

Le Maroc est classé parmi les pays du groupe 4 où le déconfinement peut s’opérer sans risque majeur. Ces pays ont généralement adopté un confinement très tôt et strict qui leur a permis d’approcher maintenant une maîtrise de la propagation. Les exemples de la Grèce ou la Malaisie sont édifiants à cet égard. Ils ont déconfiné de manière progressive en début de ce mois de mai malgré quelques sursauts de cas nouveaux car la tendance lourde était à la baisse.

La situation post-déconfinement  semble poursuivre la même tendance, vers une extinction progressive de la maladie malgré les quelques soubresauts de nouvelles infections qui sont à ce stade de faible amplitude. Même si le risque d’une seconde vague n’est pas totalement exclu (en cas de relâchement des règles d’autoprotection par exemple), ces pays ont atteint une situation où même un rebond potentiel n’aura plus d’impact sanitaire significatif.

Le Maroc fait figure des pays relativement peu touchés à ce stade et qui sont en quête de la maîtrise de la propagation (son R0 serait en dessous de 1 et sa progression récente sur les 10 derniers jours  de 1,4%  est en baisse continue). Il est cependant le pays le mieux positionné parmi les grands pays africains dans ce groupe et le plus proche pour basculer vers la classe des peu atteints et qui sont en cours d’éradication de la maladie. Si l’on considère les cas actifs (c’est-à-dire nets des guérisons et décès), la trajectoire est à la baisse.

Par groupes de pays, le 1er   reste confronté à un risque d’escalade. Il s’agit des pays  qui ne sont pas encore arrivés à circonscrire la propagation de la pandémie.  Certains de ces cas sont édifiants car ils illustrent une situation de risque de  propagation exponentielle qui s’apparente au scénario dit «d’évolution naturelle». Certains pays d’Amérique latine ainsi que l’Inde en sont des illustrations parlantes.

A titre d’exemple, le Brésil compte plus de 300.000 cas au 22 mai avec une tendance de multiplication de ses cas cumulés par 2 tous les 12 jours. A ce rythme, il atteindrait 1,7 million de contaminés au bout d’un mois et beaucoup plus sur une longue période.

Pour bon nombre de ces pays (UK, USA, Brésil, Inde, Iran…)  le confinement n’a pas été appliqué de manière stricte et dans les temps ce qui aboutit maintenant à une situation de déconfinement confuse.  
A titre d’exemple, l’Iran a connu une situation chaotique avec une levée, le 14 avril, d’un confinement peu respecté mais qui semble se solder par un rebond potentiel des contaminations.

La Suède figure également dans ce groupe alors qu’elle a opté pour une configuration de recherche d’immunité collective (accompagnée d’orientations de prudence et d’hygiène) qui se traduit par une augmentation linéaire forte du nombre de cas cumulé (sans perspective d’aplatissement à ce jour de sa courbe).

Le 2e groupe est constitué de pays qui ont réussi à freiner la propagation du virus grâce au confinement et aux mesures associées et ce malgré les nombres élevés d’infections. La stratégie de tests massifs, grâce aux moyens importants déployés par  ces pays généralement développés, a également été décisive (à titre d’exemple le Danemark a atteint 75 tests pour 1.000 habitants). Ceci a permis, d’entamer un déconfinement une fois les indicateurs majeurs au vert (R0 inférieur à 1) et les pré-requis logistiques mis en œuvre.

La tendance d’évolution dans ces pays va dans le sens d’une stabilisation de la situation et augure de l’extinction progressive de l’épidémie.

Les taux de létalité enregistrés dans ces pays sont cependant très élevés et dépassent les 10% (France 15,5%, Italie 14,2%, Espagne 12,2%) et résultent probablement de la forte pression sur le  système de santé induite par les chiffres très élevés des contaminations.

L’âge moyen des populations de ces pays  dépasse pour la plupart  les 40 ans, ce qui expliquerait également la mortalité importante observée. Le déconfinement étant récent pour la plupart (début mai), il est encore trop tôt pour se prononcer sur un éventuel rebond non perceptible à ce stade.

Au vu des 1ers chiffres post-déconfinement la situation semble se stabiliser. Mais rien n’est moins sûr, la quasi-maîtrise de la propagation du virus n’est toujours pas à portée pour l’ensemble des pays. Ceci en l’absence de moyens de vaccination. Aussi, un déconfinement prématuré ou mal planifié pourrait-il basculer sur une situation défavorable.

                                                                                  

Les bases de l’approche comparative

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Les pays considérés sont classés en groupes selon leur état pandémique. Ils sont analysés selon deux axes. Le 1er porte sur le nombre cumulé de contaminations par million d’habitants qui renseigne sur l’impact de la maladie. La maîtrise de la propagation est quant à elle mesurée à travers le nombre de reproduction (R0). Cet indicateur  est très lié mathématiquement  à celui de «progression moyenne des contaminations cumulées sur la dernière décade» qui est ainsi choisi comme 2e  axe de classification.

Pour le premier axe, les pays  sont classés par rapport à une moyenne mondiale (hors Chine) qui est d’environ 800 contaminations/million d’habitants.  Pour le 2e  axe, la barre de 1%  reflète approximativement le seuil épidémiologique de R0=1 qui renseigne sur le niveau de maîtrise de la propagation. La situation présentée se base sur les données arrêtées à la date du 22 mai 2020. La  classification sur cette base fait apparaître  4 groupes. Le 1er est constitué des pays très atteints par la pandémie mais qui n’ont pas pu, à ce stade selon des degrés divers, maîtriser son évolution.

Le 2e groupe se réfère aux pays fortement touchés mais qui ont réussi à atteindre une assez bonne  maîtrise de la propagation de la maladie. Il s’agit notamment des grands pays européens (Espagne, Italie,  France, Allemagne). Alors que le 3e groupe est constitué des pays relativement peu touchés mais n’ayant pas encore atteint un contrôle total de la propagation.
Le dernier groupe est composé des pays qui ont atteint le contrôle de l’épidémie et où son impact relatif est limité.

A.G.

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