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RAM: 50 millions de DH de pertes par jour!

Par Amin RBOUB | Edition N°:5762 Le 15/05/2020 | Partager
Addou: «C’est la pire crise de l’histoire de la compagnie»
La reprise attendue dans 36 mois
Des négociations en cours avec l’Etat pour le plan de relance
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«Grâce au plan d’austérité, nous avons pu respecter nos engagements sur mars, avril et mai. Le mois de juin nécessitera néanmoins un apport important en termes de cash flow… Nous pourrons lever de la dette garantie par l’Etat, pour  faire face à  nos engagements le mois prochain», annonce Abdelhamid Addou, PDG (Ph. L’Economiste)

Royal Air Maroc perd 50 millions de DH par jour! Ce sont là  les pertes quotidiennes de la compagnie nationale en termes de chiffre d’affaires. Des chiffres qui donnent froid dans le dos.

«Nous traversons la pire crise de notre histoire», tient à préciser le PDG Abdelhamid Addou dans un courrier daté du 12 mai et  adressé à l’ensemble des collaborateurs (dont L’Economiste détient copie).  Autre annonce du management, la compagnie a enregistré des baisses respectives de trafic de 60 et  100% entre mars et avril  derniers.

«Nous traversons la pire crise de notre histoire », regrette le PDG. Plus encore, la reprise n’est pas pour tout de suite. Elle se fera dans la durée sur une période de 36 mois, avant de retrouver une situation normale comparable à celle de 2019.  D’ici là, la route sera longue et pleine de turbulences, notamment en termes de contraction du  trafic, de la demande mondiale et de financements. En attendant, un plan de relance est en négociations avec les pouvoirs publics.

Selon le management, «des discussions sont en cours avec l’Etat depuis le début de la crise. Nous travaillons  avec plusieurs membres du gouvernement afin de préparer une ébauche de plan de reprise à même de garantir la pérennité de l’entreprise à long terme».
Plusieurs scenarii sont à l’étude, confirme le management. Mais quel qu’il soit, le scénario retenu sera soumis aux actionnaires et aux partenaires sociaux pour approbation et validation.

Il faut dire que cette sortie tant attendue a été globalement très bien accueillie par une bonne partie du personnel.  Même si la sortie du management a mis beaucoup de temps, elle a le mérite de s’inscrire dans une logique de transparence et de sincérité tout en expliquant les enjeux pour la compagnie et le personnel, témoignent des cadres. Et d’ajouter: «C’est rassurant dans un contexte de perte de repères et de visibilité».

En même temps, la lettre du numéro 1 de la RAM passe plusieurs messages en filigrane. Elle sollicite des sacrifices importants, de l’austérité, des efforts et la solidarité de l’ensemble des ressources de la compagnie. «Nous  devons changer notre manière de travailler, revoir nos coûts et nos charges fixes de manière forte et  pérenne afin d’être plus compétitifs et agiles», insiste le PDG.

L’heure est grave! Il en va de la survie de la compagnie. Dans ce contexte précis, le management appelle l’ensemble de collaborateurs à faire preuve de discernement: «il va falloir mettre toute démagogie de côté» et surtout «garder la tête froide… avec l’humilité nécessaire» dans de telles circonstances. Le  défi est de sortir de la crise en préservant les emplois et en assurant la pérennité de l’entreprise RAM.

«La crise sera longue et douloureuse… Elle appelle chacun de nous à  faire preuve d’abnégation et de discernement pour privilégier l’intérêt commun, préserver les emplois et la pérennité financière de la compagnie», fait valoir le patron.

A titre de comparaison, Air France-KLM fait état d’une perte de 1,8 milliard d’euros au 1er trimestre. La perte d’exploitation a atteint 560 millions d’euros sur le  mois de mars uniquement. Pour  faire face à la crise, Air France-KLM a réduit ses investissements et entrepris des réductions de coûts estimés à 350 millions d’euros par mois au 2e trimestre.

Un accord a été trouvé avec l’Etat français pour un plan d’aide de 7 milliards d’euros et un prêt garanti à 90% de 4 milliards d’euros. L’Etat néerlandais devra aussi apporter un soutien qui  varie entre 2 et 4 milliards d’euros.

Les prévisions de l’IATA

Pour le cas de RAM, la reprise requiert une forte  mobilisation de l’Etat marocain, du management ainsi que l’ensemble du personnel de la compagnie. Il s’agit là  du pavillon national, une compagnie porte-drapeau et surtout une question de souveraineté. Ce qui se traduira aussi par des sacrifices en termes d’avantages sociaux, de primes, de rémunérations des salariés toutes catégories confondues. Selon les prévisions de l’IATA (Association internationale du transport aérien), « aucune compagnie au monde ne pourra résister à la baisse brutale du trafic… » En effet, l’IATA prévoit une contraction de 55% de la demande en 2020, avec des pertes  évaluées à 314 milliards de dollars (au niveau mondial), dont 6 milliards de dollars en Afrique. Plus encore, 25 millions d’emplois sont menacés dans le transport aérien à travers le monde.

Amin RBOUB

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