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Economie

Le spectre d’une année blanche chez les libraires

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5756 Le 07/05/2020 | Partager
Aucune recette depuis plus d’un mois et demi
La profession s’estime boudée par le gouvernement

«Nous allons tout droit vers une année blanche!», s’alarme Mohamed Barni, président de l’Association marocaine des libraires. L’association a alerté le comité de veille économique il y a deux semaines et tout récemment le ministre de l’Education et le chef du gouvernement sur l’impact de la crise du coronavirus sur la profession. Mais à ce jour, aucun retour.

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En temps normal, les librairies sont confrontées à la mévente des livres. Le manuel scolaire ne représente pas une alternative viable pour la profession (Ph. Bziouat)

Selon le président de l’association, la quasi-totalité des librairies sont fermées après la diffusion par les ministères de l’Industrie et de l’Intérieur de la liste des activités vitales devant rester ouvertes. Les librairies n’en font pas partie. «Les membres affiliés à la CNSS ont bien bénéficié de l’indemnité forfaitaire de 2.000 DH destinés aux employés, mais sans aucune recette depuis mars, nous sommes dans l’incapacité de faire face aux charges fixes, telles que le loyer, l’eau, l’électricité…», rappelle Barni.

Sur ce point de la couverture sociale, le président concède que beaucoup de libraires ne sont pas affiliés à la CNSS. Une situation qui pénalise les employés, privés de l’indemnité forfaitaire qui est de 2.000 DH. Du coup, ils sont obligés de se rabattre sur celle destinée aux personnes travaillant dans l’informel.

Il n’existe pas de statistiques officielles sur les librairies ni leurs catégories mais l’association tient sa propre nomenclature:  les librairies qui font de la vente de livres culturels, de livres et fournitures scolaires, ou des deux, et celles qui vendent d’autres produits tels que les journaux et magazines, tabac, etc. Celles qui distribuent en même temps les journaux et les magazines ont été durement touchées depuis l’interdiction de l’impression des journaux par le gouvernement.

«Les difficultés des librairies ne datent pas de la crise du coronavirus. La concurrence des écoles privées qui, depuis quelques années vendent des livres directement aux élèves en contradiction avec leur vocation a porté un coup dur au secteur», explique le président de l’association. La profession n’a pas su suivre les transformations des habitudes du lectorat ni aux nouveaux canaux de distribution du livre.

Plus besoin d’aller en librairies pour acheter les livres scolaires. Ces derniers sont désormais vendus, en plus de certaines écoles privées, par les marchands ambulants et les grandes surfaces. Ce qui représente autant de clients perdus par les libraires classiques.

Pour atténuer l’impact de la crise de la pandémie, l’association a proposé au comité de veille économique de décréter l’exonération des impôts au profit des libraires lourdement touchés par la crise dont les implications se poursuivront après la reprise.

En guise de compensation du manque à gagner, elle propose également l’allotissement de l’appel d’offres relatif à l’opération 1 million de cartables de manière à garantir un quota pour chaque libraire. La profession rappelle l’exemple de la province de Kénitra qui assure un business minimum pour les libraires opérant dans la région.

                                                                            

Livres scolaires: Un cauchemar

La rentrée scolaire 2019-2020 a été marquée par le retard pris par l’impression et la distribution de plus de 40 livres scolaires, dont le contenu avait totalement ou partiellement été modifié par le ministère de tutelle. Les derniers livres n’étaient disponibles qu’en novembre.

«Cette année a été la pire que la profession ait jamais connue. Quand un client ne trouve pas un seul des livres demandés par l’école ou le lycée, il refuse d’acheter les autres articles. Du coup, nous avons perdu beaucoup de clients à cause des perturbations qu’a connues l’approvisionnement du marché du livre», ajoute Barni. Mais le pire est à venir.

En effet, les librairies disposent actuellement d’un important stock de livres imprimés en 2019. Si le ministère venait à y apporter des modifications, ces livres seront une pure perte pour les libraires puisqu’ils ne peuvent être repris par leurs éditeurs comme c’est le cas des journaux et des magazines.

Or, en raison de l’état d’urgence, les ventes de livres scolaires sont à l’arrêt. Par ailleurs, à supposer que la situation revienne à la normale en mai, ce sera presque la fin de l’année scolaire. L’association affirme ne pas pouvoir évaluer le volume des pertes potentielles.

Hassan EL ARIF

 

 

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