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Economie

Rachida Dati «Créer un choc de confiance pour rebondir»

Par Ghizlaine BADRI | Edition N°:5754 Le 05/05/2020 | Partager
C’est le moyen le plus sûr de réussir le déconfinement
L’exemple marocain, rôle de l’OMS, chloroquine, retard de la France… ses 4 vérités
Renforcer l’Afrique qui servira de «tuteur» à une Europe en crise
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«Le Maroc a des arguments forts grâce au leadership et à la vision de Sa Majesté le Roi du Maroc: ses atouts économiques, sa culture et son histoire, sa position méditerranéenne géostratégique exceptionnelle au centre des relations entre deux continents. Le dynamisme entrepreneurial de sa population le met en situation de relever de grands défis. J’y vois là un dynamisme et une coopération, tellement utile et précieuse, entre nos deux pays» (Ph. RD)

Pour Rachida Dati, maire du 7e arrondissement de Paris, il n’y a pas une leçon à tirer de cette crise mais plusieurs. La première d’entre elles, et que les Français ont reçu de plein fouet, est que «tout ne peut pas être abandonné aux seules lois du marché ou à des impératifs budgétaires», regrettant que la France n’ait pas su maintenir sur son territoire certaines activités économiques stratégiques et clefs pour l’indépendance d’un pays.

L’autre est la lenteur des décisions de l’appareil gouvernemental et de la prise de conscience de l’ampleur du risque sanitaire. Des tergiversations qui ont aggravé la crise de confiance en France.

Refusant de s’engager dans un débat scientifique sur l’usage de la Chloroquine, elle souligne néanmoins, les décisions fortes et la stratégie claire du Maroc en la matière, un  pays qui demeure cher à son cœur. Décryptage.

- L'Economiste:  Quel est votre regard sur la gestion de la crise sanitaire liée au COVID-19 en France ?
- Rachida Dati: Cette
pandémie a pris à revers la plupart des pays dans le monde, y compris la France. Une fois la crise surmontée, peut-être faudra-t-il se pencher sur le rôle de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) dans sa mission de lanceur d’alerte. Dans le cas de la France, la prise de conscience de l’ampleur du risque sanitaire a été d’autant plus tardive que les scientifiques n’étaient pas d’accord entre eux. Les mesures de confinement ont été annoncées à la veille du premier tour des élections municipales en mars, ce qui a jeté un profond trouble dans le pays, on pouvait aller voter mais ne plus sortir ! Je pense d’ailleurs que cela a démobilisé l’électorat. Depuis lors, force est de constater que les Français ont été désorientés, en particulier à cause de la difficulté à se procurer des masques et la crainte que le système hospitalier ne s’écroule. Face à une crise d’une telle intensité, je pense que les gouvernants doivent tenir un discours clair et courageux. Et ils ne doivent pas être soupçonnés de ne pas être transparents ou de ne pas dire la vérité. La perte de confiance aggrave la crise.

- A votre avis qu’est-ce qui explique certains retards observés?
- La crise du coronavirus a malheureusement souligné, en France, la lourdeur de l’appareil d’Etat chargé de la protection sanitaire qui n’a pas su analyser ce qui se passait. La bureaucratie sait travailler quand les procédures sont précisément définies et que les événements se déroulent sans imprévu. Mais quand des circonstances exceptionnelles surviennent, le temps de réaction se révèle très lent et les circuits de décision beaucoup trop longs. Tout cela doit amener à des réorganisations, en matière de décisions ! A Paris, ce qui a le mieux fonctionné, c’est le niveau local grâce à une grande réactivité: les mairies d’arrondissement, les associations, la solidarité dans les quartiers et entre voisins... Il faut également saluer le dévouement exceptionnel du personnel de santé de terrain qui tient le choc depuis plusieurs semaines : ils sont d’ailleurs applaudis, tous les soirs à 20h, par les Français qui leur rendent hommage à leurs fenêtres, dans les rues ou sur leurs balcons.

- Le Maroc a entrepris très vite des dispositions pour le confinement de la population. Les stocks d’Hydroxychloroquine ont été réquisitionnés auprès de Sanofi et les hôpitaux approvisionnés. Pour quelle raison la France n’a-t-elle pas suivi l’exemple du Royaume?
- En France, un débat s’est très vite installé entre les scientifiques, les épidémiologistes, les virologues et l’Académie de Médecine, pour savoir comment lutter le plus efficacement possible contre le virus. Dans ce cadre, l’Hydroxychloroquine a suscité de nombreuses controverses, entre ceux la considérant comme un médicament à privilégier dans l’urgence et les autres estimant que des tests supplémentaires étaient nécessaires avant une utilisation à grande échelle. Je ne suis pas médecin et je me garderai bien de trancher dans cette querelle scientifique, mais j’observe qu’en effet certains pays, comme le Royaume du Maroc, se sont engagés dans une stratégie claire, transparente et efficace.

- Concernant la polémique autour des masques, pourquoi est ce si compliqué d’en fabriquer en France?
- Pendant des années, le stock de masques en réserve a toujours été entretenu, de manière à pouvoir faire face à une épidémie du type Covid-19. Ce sage principe de précaution n’a, par la suite, plus été respecté, ce que je regrette vivement. Dans le même temps, la France n’a pas su maintenir sur son territoire certaines activités économiques stratégiques et clefs pour l’indépendance d’un pays. La dernière usine fabriquant des masques de protection a été fermée voilà quelques mois quand le Coronavirus a commencé à se propager sur le territoire. Il a fallu reconvertir certaines usines de production en urgence et certains masques ont également été confectionnés, de manière artisanale, pour répondre à la pénurie. Tout ceci illustre les limites de la logique économique dans la conduite d’un Etat. Tout ne peut pas être abandonné aux seules lois du marché ou à des impératifs budgétaires et à la recherche permanente de pays à la main d’œuvre bon marché. Il faut une vision stratégique et une volonté politique pour garantir l’indépendance d’une Nation sur la scène internationale et pour protéger sa population.

- L’Afrique est relativement épargnée par rapport à l’Europe, comment l’expliquez-vous?
- Effectivement, les zones du monde actuellement les plus touchées comptent parmi les plus prospères de l’hémisphère Nord (New-York et le reste des Etats-Unis, Londres, Rome…), tandis que l’Afrique demeure proportionnellement moins concernée, en l’état actuel des connaissances. Je forme très sincèrement le vœu que le virus épargne ce continent, que j’ai dans mon cœur et qui a trop souvent souffert au cours des dernières décennies. Certains scientifiques s’interrogent sur l’effet éventuel de la chaleur sur le virus, qui ne résisterait pas aux températures trop chaudes, ce qui expliquerait ce qui apparait comme bonne résistance de l’Afrique au virus. Mais la crise n’est pas terminée et les situations sont très différentes d’un pays à un autre. Concernant le Maroc, je suis convaincue que la situation tient à la réactivité de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Le Royaume du Maroc a su prendre rapidement des mesures fortes pour endiguer au plus tôt la contamination et traiter les malades et a agi sans faiblesse tout en procurant à tous des masques. La situation est cependant très différente entre le Maghreb, l’Afrique subsaharienne où les pays qui connaissent des conflits comme la Libye ou le Soudan. Mais les populations ont montré leur capacité de résilience. Il faut cependant renforcer tous ces Etats car l’Europe va connaître une crise économique profonde et sans précédent avec des risques politiques très grands pour la démocratie.

- La Chine a été pointée du doigt par Emmanuel Macron et Donald Trump. Comment risquent de se dessiner les relations internationales post-épidémie?
- Lors de chaque grande épidémie, il y a toujours la tendance à vouloir trouver un coupable. On parle par exemple de «grippe espagnole» alors que cette épidémie comparable à celle d’aujourd’hui est née aux Etats Unis. Mais il faut se garder de ce réflexe, surtout dans le cadre des relations internationales. Ce qui n’exclut pas pour autant qu’on cherche à comprendre, pour mieux prévenir de nouvelles crises sanitaires. Sur la scène internationale, le multilatéralisme est mis à mal depuis plusieurs années. Avec le Covid-19, on voit bien que les réponses n’ont pas été coordonnées entre les Etats et que les frontières se sont fermées aux hommes mais pas au virus. Nous sommes probablement arrivés à un tournant dans l’histoire des Nations: le multilatéralisme, qui fût la grande idée du XXe siècle, a-t-il définitivement vécu ou conserve-t-il encore un avenir ? Pour ma part, je considère que, quoi qu’il en soit, les relations entre les Nations ne peuvent être régies ni par la loi du plus fort ni par celle du marché, mais par celui de la coopération et du co-développement. C’est tout l’enjeu de la période qui s’ouvre désormais à nous que d’imaginer un nouveau mode de régulation des relations interétatiques pour le bien-être de tous.

- Quelles seront les répercussions sur le Maroc et plus globalement sur l’Afrique ?
- Par définition, une crise n’est jamais qu’une période de transition, souvent douloureuse et pleine d’incertitudes, entre un ordre ancien et un nouvel ordre. Dans ce nouvel ordre international qui reste à inventer, le Maroc a des arguments forts grâce au leadership et à la vision de Sa Majesté le Roi du Maroc: ses atouts économiques, sa culture et son histoire, sa position méditerranéenne géostratégique exceptionnelle au centre des relations entre deux continents. Le dynamisme entrepreneurial de sa population le met en situation de relever de grands défis. J’y vois là un dynamisme et une coopération, tellement utile et précieuse, entre nos deux pays. Dans cette redistribution des cartes au niveau mondial, j’ai la certitude que l’Afrique a un avenir et qu’elle peut déjouer beaucoup de pronostics, à une condition : croire en elle, notamment en formant sa jeunesse et en offrant aux meilleurs, des perspectives pour éviter, notamment la fuite des cerveaux

- Pour réussir le déconfinement prévu le 11 mai prochain, vous avez soumis 15 propositions au gouvernement, de quoi s’agit-il et comment celles-ci ont été accueillies ? Par ailleurs, avez-vous voté le plan de déconfinement proposé par le gouvernement à l’Assemblée nationale?
- Afin de contribuer à l'élaboration du plan de déconfinement de la capitale, j’ai transmis au Gouvernement des propositions volontaristes, propres à créer un «choc de confiance» chez les Parisiens. Je me suis appuyée sur mon retour d’expérience et sur celui de nombreux élus, français et européens. Nous sommes en action depuis le début de la crise. Ce plan de déconfinement élaboré avec des élus, des citoyens, des commerçants, des associations s'articule autour de trois axes. D’abord, que les maires d'arrondissement soient les pivots du plan pour, par exemple, procéder à la distribution des masques, aux tests de dépistage et aux actions de solidarité. Ensuite, qu'on profite de ce confinement pour procéder à des actions d'hygiène et de propreté à Paris : nettoyer Paris, désinfecter le mobilier urbain, accéder aux transports dans de bonnes conditions. Enfin, qu’on dote Paris d’une bonne gouvernance en temps de crise : il faut adopter à Paris, comme l'a fait le Gouvernement au niveau national, un budget de crise pour protéger les Parisiens et relancer l'activité économique. Cela impliquera évidemment de différer ou d'annuler d’autres dépenses, car on connaît tous la situation d'endettement excessif dont la Ville pâtissait avant cette crise. Certains réfléchissent à comment organiser Paris plage. Moi je réfléchis à comment soutenir nos commerces, nos restaurants, nos cafés, nos établissements culturels. Et il serait de plus incongru qu’il y ait Paris plage alors que l’on risque d’interdire la plage aux vacanciers des bords de mer.

- Selon vous, quelles seront les conséquences économiques en Europe, en Afrique et dans le monde? Comment faire repartir l’économie?
- L’économie mondiale s’apprête à rentrer dans une période de récession, toute la question étant de savoir: «pour combien de temps?». Les milieux d’affaires s’accordent actuellement à penser que deux ans seront nécessaires pour retrouver le niveau de croissance et de production qui était le nôtre en début d’année. Il est certain que la réaction rapide des banques centrales a permis d’amortir le choc financier. A cet égard, les enseignements ont heureusement été tirés de la crise 2008-2009 et on peut donc espérer un rebond économique plus rapide. Le mot clef sera: la «confiance». C’est elle qui conditionnera le redémarrage de l’activité économique (les restaurants, les commerces, le tourisme…) et la consommation.

- Vous êtes candidate (LR) arrivée en seconde position au premier tour des élections municipales derrière Anne Hidalgo en tête et devant Agnès Buzyn, comment préparez-vous le second tour?
- Ce n’est pas ma préoccupation du moment; la campagne est suspendue. Un rapport sur ce sujet doit être remis en mai au Premier ministre. Pour l’heure, je suis concentrée sur la lutte contre le coronavirus et la sortie de crise pour les Parisiens: cet enjeu passe devant tous les autres. Dans le 7e arrondissement, j’ai été réélue au premier tour, malgré le fort taux d’abstention et c’est la première fois que cela intervient depuis les années 80 dans le 7e arrondissement. D’ailleurs je suis la seule maire élue au premier tour d’une grande ville comme Paris, Lyon, Marseille. Le moment venu, le second tour,  sera organisé et nous savons tous que la campagne du second tour sera différente de celle du premier, ne serait-ce qu’en raison des mesures sanitaires et de distanciation. Mais les Français et les Parisiens ont droit à un vrai débat électoral, encore plus après l’épreuve que nous aurons traversée. La démocratie ne peut pas être confinée.

«Tout ce qui touche le Maroc, me touche directement»

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«Le Maroc est le pays de ma famille, j’y suis profondément attachée. J’y retourne régulièrement, à chaque fois avec émotion, mes parents y sont enterrés», rappelle Rachida Dati non sans émotion.

Sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Maroc a consolidé des atouts exceptionnels, renforcé sa place en Afrique et dans le monde, dont le leadership est reconnu. Sa Majesté le Roi a ouvert pour le pays des voies nouvelles, dans les relations diplomatiques mais aussi du point de vue économique, souligne-t-elle.

Le Maroc a pu faire face avec ses propres ressources pour gérer efficacement cette pandémie. «En partageant la fierté des Marocains pour toutes ces réussites, je mesure la force de mes liens avec le Maroc: tout ce qui le touche me touche directement, personnellement, intimement et affectivement».

La protégée de Sarkozy

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Actuelle maire du 7e arrondissement à Paris, Rachida Dati fait ses débuts politiques en 2002 lorsqu'elle devient conseillère de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur. Ce dernier la nommera ministre de la Justice et garde des Sceaux en 2007 après avoir remporté l'élection présidentielle. Et elle gardera toujours avec lui des liens privilégiés. D’ailleurs, à la question «avez-vous toujours des liens avec l’ancien président Nicolas Sarkozy» ou encore «avez-vous eu l’occasion d’échanger avec lui au sujet de l’actualité en France?» elle dira de lui: «Nicolas Sarkozy a été un grand président de la République. C’est un homme d’expérience, qui aime profondément la France. Bien sûr, j’échange avec lui très régulièrement et sur tous les sujets. Ces échanges sont autant de moments stimulants et utiles à ma réflexion».
Pour la suite de sa carrière, en 2008, elle est élue maire du VIIe arrondissement de Paris sous l'étiquette UMP, puis députée européenne de la circonscription Île-de-France l'année suivante. Elle quitte alors le gouvernement de François Fillon. En 2014, Rachida Dati est réélue respectivement maire et députée européenne. Elle est diplômée d'une maîtrise en sciences économiques à l'université Paris II en 1991 et obtient une maîtrise en droit par validation des acquis en 1996. Elle entre alors à l’École nationale de la magistrature où elle étudie en tant qu'auditrice de justice.

Propos recueillis par Ghizlaine BADRI

                                                                             

Ses actions anti-Covid pour sa mairie du 7e arrondissement de Paris

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Dès l’annonce du confinement, ma première priorité a été le maintien du lien social et le maintien du lien scolaire. J’ai créé une page Facebook dédiée à la garde des enfants et au soutien scolaire, pour mettre en lien les parents avec des étudiants qui pouvaient donner des cours ou de l’aide aux devoirs à distance.

Pour les seniors, j’ai organisé avec les enseignes de l’arrondissement des livraisons de paniers à petit prix. J’ai fourni aux établissements hébergeant des personnes âgées les moyens de continuer d’assurer le portage de repas chauds à leurs résidents dans leur chambre. Pour ces établissements, j’ai également proposé un dépistage gratuit à tous les personnels et résidents.

Ensuite, j’ai aidé les professionnels de la santé dans leur travail: j’ai mis à la disposition de leurs enfants une école et une crèche de l’arrondissement afin qu’ils puissent être accueillis. J’ai fourni des masques aux pharmacies de l’arrondissement qui me le demandaient: près de 30.000 masques ont été fournies, le week-end du 11 avril, aux pharmacies de mon arrondissement.

Les commerçants qui m’ont saisie ont également reçu des masques, pour pouvoir rester ouverts en sécurité. J’ai recensé tous les commerces ouverts avec leurs horaires sur une page dédiée du site de la mairie, afin de soutenir leur activité et d’informer les habitants.

J’ai lancé, le 6 avril, un appel aux couturières de l’arrondissement et, en partenariat avec un lycée professionnel, j’ai créé un atelier de couture bénévole. Deux jours par semaine, nous distribuons ces masques gratuits aux personnes de plus de 65 ans, aux personnes fragiles, vulnérables et nous les faisons porter à tous ceux qui ne peuvent pas se déplacer.

Pour pouvoir doter rapidement tous les habitants, j’ai également commandé des masques lavables, qui seront distribués à partir du mardi 5 mai. Pour les seniors et les personnes qui ne pourraient pas se déplacer, j’ai organisé une livraison à domicile. Objectif, que tous les habitants de l’arrondissement puissent être prêts pour le 11 mai, date du début du déconfinement en France.

J’ai également ouvert pour les soignants et pour les habitants, un centre de dépistage gratuit et rapide. J’ai pu ainsi dépister l’ensemble des personnes âgées accueillies dans des structures dédiées.

La réouverture des écoles et des crèches de l’arrondissement, qui sont sous ma responsabilité, se fera dans le respect des mesures sanitaires: des groupes de 10 enfants pour les crèches, de 15 pour les écoles. La restauration scolaire sera assurée quand les parents le souhaitent.

 

 

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