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Economie

Enquête Sunergia-L’Economiste: Des gens très, très sages…

Par Nadia SALAH | Edition N°:5749 Le 27/04/2020 | Partager
Les Marocains font toujours preuve de discipline
Les cinq gestes de protection sont plébiscités
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Les Marocains sont toujours aussi coopératifs avec les mesures demandées par les pouvoirs publics.  Personne ne dit que les cinq précautions ne servent à rien. Déjà, il y a trois semaines, personne ne le disait. Au contraire, avec un échantillon nettement plus grand, on a maintenant un niveau d’approbation légèrement et globalement plus haut.

Donc au moins pour l’instant, pas de «lassitude» ou alors, s’il y a de la lassitude, les Marocains ont la volonté de la surmonter.

Les taux d’approbation tournent au-dessus de 90% pour les juger «importantes», «très importantes» ou «capitales». Et ce, quelle que soit la mesure sanitaire: se laver les mains souvent, tousser dans son coude, garder ses distances, restreindre les sorties et porter un masque dehors.

Globalement, les femmes sont plus attentives que les hommes, et ce à toutes les mesures de sécurité. Elles qualifient de «capitales» 4 des 5 mesures, avec des scores compris entre 76 et 81%. Les hommes donnent aussi des scores très largement positifs, mais un rang en dessous, de 60 à 75%.

Le sexe est la donnée qui différencie le plus les résultats mais ce ne sont que de petites différences. Si on regarde les mesures une par une, il n’y a pas de gros écarts. Ceux qui apparaissent peuvent être attribués à des artéfacts. Il faut prendre une grande marge d’erreurs quand le sous-échantillon est petit. On peut donc avoir dans ces cas-là un résultat à prendre avec des pincettes.

Par rapport aux revenus, où les sous-échantillons sont grands, les jugements sont homogènes. Autrement dit, que l’on gagne peu ou beaucoup, l’immense majorité considère qu’il faut se laver les mains. On ne remarque qu’une chose: les Marocains sont plus convaincus qu’ils ne l’étaient il y a trois semaines. On avait quelques «bof» chez les moins de 18 ans. Ils ont disparu.

Tousser dans son coude, qui n’est pas un geste évident dans le maintien marocain, est approuvé par la majorité, et ce très largement. Ceux qui n’y croient pas beaucoup («peu important»), ont moins de 18 ans et sont de Béni-Mellal/Khénifra.

Béni Mellal-Khénifra sont les seuls à trouver qu’il n’est pas très utile de garder ses distances.  Partout ailleurs, tout le monde approuve, et ce à 93%. Ce qui pourrait étonner. En effet, les distances à l’autre sont des marqueurs sociaux puissants au Maroc peut-être plus qu’ailleurs. Y manquer est/était une faute.  Au contraire, les citoyens s’y sont donc bien conformés: Si quelqu’un l’oublie, l’autre le lui rappelle.

Un homme sur dix, plutôt dans la force de l’âge, gagnant moins de 4.000 DH, du Souss, de Rabat ou de Béni-Mellal trouve que ce n’est pas si important de restreindre les sorties. Mais les autres, c’est-à-dire l’immense majorité, trouvent cela parfaitement bien, et même «capital».

L’enquête explique peut-être un phénomène se produisant dans la propagation du virus au Maroc. Il progresse par bond. Il s’appuie sur des communautés contaminées, que les médecins appellent cluster: usine, marché… Une seule personne peut se trouver à l’origine du phénomène, par manque de précautions.

Ainsi à Fès est-il passé par une seule personne pour attaquer tous les employés du marché. Il a donc fallu rechercher chacun des clients se trouvant sous la menace, puis quadriller la ville. Une grosse opération quasi militaire pour une seule personne imprudente.

                                                                                 

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L’âge ne change pas grand-chose au plébiscite en faveur du masque. Seuls les moins de 18 ans dépassent la barre de 10% de «bof»

Lors de la première enquête Sunergia-L’Economiste, les masques venaient juste d’être rendus obligatoires. Avant, il n’y avait pas assez. Au lieu de rester «les deux pieds dans le même sabot» (adage canadien), le gouvernement, et particulièrement le ministre Hafid Elalamy, s’est jeté dans la bataille du masque.

Des usines ont été rouvertes, des tests et des normalisations ont été posés… pour passer en trois semaines de zéro à plus de 11 millions de pièces par jour. C’est probablement un record du monde. En tout cas, il a été salué comme tel. C’était sans compter les 2 organisations de pharmaciens d’officine, qui ont réussi à s’arroger un monopole alors qu’elles étaient bien incapables d’assurer la distribution.

Espérons que dans 14 jours ce grave manquement n’accélérera pas l’épidémie. Il y a trois semaines, la moitié des gens pensaient que les masques étaient «peu importants». Maintenant, l’opinion a changé du tout au tout.

Les masques sont classés majoritairement dans la section «nécessité capitale», à laquelle s’ajoutent les «très importants» et les «importants».

On arrive à un score moyen de 90%. Etrangement, on retrouve nos mauvais coucheurs de Béni-Mellal/Kénifra, probablement jeunes: ils sont très peu nombreux, juste assez pour créer une bizarrerie.

Ce qui semble important de noter est que les masques confirment la bonne volonté des Marocains.  Cet équipement, pas très commode, que les autorités ont recommandé puis rendu obligatoire depuis seulement 3 semaines, s’est imposé dans les esprits comme «capital».

                                                                                 

Fiche technique

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La présente enquête est la troisième d’une série qui suit l’opinion publique marocaine depuis le 1er avril 2020. Elle se déroule sur le web, les répondants s’auto-administrent le questionnaire.

Pour la présente phase, 1.495 personnes ont répondu valablement.

Nous avons 43% de femmes et bien sûr 57% d’hommes. 37% ont de 18 à 24 ans; 27% de 25 à 34 ans; 15% de 35 à 44; 8% de 45 à 54 ans; 7% ont de 55 à 64 ans et 4% ont plus de 65 ans. Ont été ajoutés, 50 jeunes de moins de 18 ans qui ont répondu valablement. Ils apportent en quelque sorte un mini-mini touche de jeunesse qu’il n’y avait pas dans l’enquête précédente, laquelle commençait au-delà de 18 ans. Mais on ne peut pas commenter valablement ce qui se passe dans ce groupe de jeunes personnes: la marge d’erreur y est de plus ou moins 14.

Les dix régions sont:

- Casa-Settat: 25%
- Rabat-Salé-Kénitra: 18%
- Béni-Mellal-Khénifra: 4%
- Fès-Meknès: 15%
- Souss-Massa: 7%
- Tanger-Tétouan-Al Hoceïma; 11%
- Oriental: 6%
- Marrakech-Safi: 10%
- Drâa-Tafilalet: 2%
- Région Sud: 2%

Si nécessaire, les régions ont été regroupées en trois pour améliorer le sens des données.

En ce qui concerne les revenus:

22% de l’échantillon gagne moins de 2.000 DH
24% ont entre 2.000 et 4.000 DH
15% ont entre 4.000 et 6.000 DH
21% gagnent entre 6.000 et 12.000 DH
18% plus de 12.000DH.

N. S.

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