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Economie

Saaid Amzazi écarte le spectre de l’année blanche

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5741 Le 15/04/2020 | Partager
L’examen du bac aura bien lieu, la date dépend de l’évolu­tion de la pandémie
Les universités disposent de l’autonomie pour l’évaluation des étudiants
«Si tout le monde joue le jeu, familles et apprenants, nous atteindrons nos objectifs»
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«Des instructions fermes ont été données aux différentes Académies régionales pour jouer le rôle d’intermédiaires entre les établissements privés et les parents d’élèves. L’objectif est clair: aucun élève ne doit être exclu pour cause de non-paiement des frais de scolarité», souligne Saaid Amzazi (Ph. Bziouat)

- L’Economiste: Le confinement est parti pour durer. Le spectre d’une année blanche est-il envi­sagé?
- Saaid Amzazi:
Absolument pas! Ce n’est pas comme si le confine­ment était intervenu en début d’an­née scolaire ou universitaire. Il ne faut pas perdre de vue que lorsque nous avons instauré la suspension des cours à partir du 16 mars dernier, 75% du programme étaient déjà ef­fectués pour ce qui est du primaire et du secondaire. Il nous restait donc à focaliser nos efforts de généralisation de l’enseignement à distance sur les quelques semaines de cours restantes, ce qui éloignait définitivement pour nous le spectre d’une année blanche.

- En France, l’examen du bac a été supprimé au profit du contrôle continu. Au Maroc, comment va-t-on procéder?
- Nos deux pays ont deux systèmes éducatifs différents avec chacun ses propres spécificités. La décision fran­çaise de se baser uniquement sur la note de contrôle continu pour le bac­calauréat n’est pas transposable dans notre système éducatif si nous sou­haitons garantir l’égalité des chances à tous nos bacheliers. En effet, en se basant exclusivement sur les notes de contrôle continu, nous risquons de pénaliser ces derniers en raison des disparités d’apprentissage qui existent dans les différentes situa­tions. Il ne fait donc aucun doute que seul un examen national unifié peut nous offrir la garantie d’éva­luer chaque élève sur la base de ses réelles capacités et de mettre tous les bacheliers sur un pied d’égalité.
Cet examen devant se dérouler à la mi-juin, nous espérons que nous serons sortis du confinement d’ici là. Mais nous menons déjà la réflexion sur les différents scenarii à mettre en place dans le cas où cette éventua­lité ne se réaliserait pas. L’examen du baccalauréat aura donc bien lieu, reste à définir sa date précise qui dépend forcément de l’évolution de l’épidémie de Covid-19 dans notre pays.
Dans tous les cas, des séances de soutien et de rattrapage en présentiel seront instaurées dans les semaines qui suivront la levée du confine­ment juste avant l’organisation des épreuves afin de permettre aux élèves de se mettre à niveau et de les mettre dans l’ambiance des examens.

- Qu'en est-il des concours d’ac­cès aux grandes écoles?
- Je suis tenté de dire que «qui peut le plus peut le moins». Ces concours auront lieu bien entendu plus tardi­vement que les examens du bacca­lauréat, et ils concernent aussi des effectifs moindres. Le problème ne se pose donc pas.

- Au niveau des universités, les examens seront-ils également maintenus?
- Déjà, le e-learning dans les universités est assez courant et la majorité des enseignants-chercheurs est déjà rompue à la pédagogie numérique. Les différents établis­sements d’enseignement supérieur, sous l’impulsion des doyens et des présidents, et surtout grâce à une mobilisation sans précédent des en­seignants, ont très vite réagi à l’an­nonce de la suspension des cours en présentiel. Chacun d’entre eux, en fonction de ses moyens et de ses spécificités, oeuvre continuellement à mettre à disposition des étudiants les différents supports de cours dont ils ont besoin, à travers son site web ou des plateformes e-learning qui permettent des échanges entre en­seignants et étudiants. Les étudiants continuent donc leurs apprentis­sages à distance. En outre, la chaîne de télévision nationale Arryadia a bien voulu nous réserver un créneau de 6 heures quotidiennes, de même que les radios régionales qui dif­fusent les cours relatifs aux champs des sciences humaines et sociales.
Il n’y a donc aucune raison d’annuler les examens. En outre, les examens universitaires n’étant pas, comme le baccalauréat, natio­naux. Les universités, qui disposent de leur propre autonomie, ont toute la latitude de s’organiser afin que les évaluations des étudiants se dé­roulent dans les meilleures condi­tions.

- Avez-vous une idée de l’impact de cette crise sur le moral des élèves et des enseignants?
- La pandémie de coronavirus est un véritable cataclysme qui a frappé de plein fouet quasiment tous les pays, plongeant les populations dans un état d’inquiétude généralisée face aux risques non seulement sanitaires mais aussi de récession des écono­mies, de faillite des entreprises, de pertes d’emploi et de précarisation. Dans un tel contexte, notre rési­lience ne peut venir que d’une vision résolument positive et porteuse d’es­poir, sans quoi nous n’aurons même plus de raison de nous lever le matin. Autrement dit, nous devons persis­ter à voir le verre à moitié plein, et cela s’applique aussi à nos élèves et à nos enseignants. Les gens ont travaillé d’arrache-pied pour per­mettre un enseignement à distance, qui est disponible, les moyens mis en place sont très conséquents. Si tout le monde joue le jeu, familles et apprenants, nous atteindrons nos objectifs. Sincèrement, c’est l’esprit qui prévaut actuellement selon les témoignages des familles et des élèves que nous recevons par cen­taines au quotidien.

- La qualité de l’enseignement est la grande question. Avez-vous des retours d’information?
- Il est bien évident que sur les mil­liers de contenus mis en ligne dans le cadre de l’enseignement à distance, dans ces conditions exceptionnelles, étant donné l’urgence de la situation et la vitesse à laquelle nous avons dû agir, certains s’avèrent parfois moins per­formants que d’autres, mais beaucoup sont véritablement remarquables. En fait, ce que nous avons produit est en quelque sorte une large base de don­nées, que nous trions et que nous amé­liorons davantage de jour en jour.

Com de crise?

LE nouveau porte-parole du gouvernement Saaid Amzazi ne semble pas partager les critiques adressées à l’exécutif sur la gestion de la communication lors de cette crise. Au contraire, il a pu «consta­ter, comme nombre de citoyens l’ont d’ailleurs exprimé, une communi­cation très riche du gouvernement sur sa stratégie d’action anti-crise du Covid-19. Jamais auparavant, nous n’avions atteint un tel degré de com­munication et chaque département ministériel joue le jeu en s’exprimant très clairement sur ses décisions». Pour convaincre, il ajoute que «les actions avant-gardistes mises en place par le gouvernement, suite aux hautes instructions royales ont large­ment été diffusées. La réponse mas­sive des citoyens à chacune d’elles est la preuve que le message leur est clairement parvenu ». C’est le cas des modalités de confinement, d’obliga­tion de port du masque, de l’état de l’approvisionnement alimentaire ou encore des aides sociales débloquées. «Dans un tel contexte, mon plan d’action consistera bien évidemment à tout mettre en oeuvre pour perpé­tuer l’effort de communication très appréciable consenti par les diffé­rents départements ministériels. Il s’agit de veiller à «optimiser la coor­dination, le tout avec un challenge permanent, à la clé la clarté et la transparence de l’information».

Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

                                                                               

Le sort du Bachelor pas encore tranché

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Le système de Bachelor, qui avait fait couler beaucoup d'encre, devait démarrer à la prochaine ren­trée. En raison de la situation excep­tionnelle due à la pandémie, cette réforme est-elle reportée?
«La question n’est pas encore tranchée», tient à préciser Amzazi. La réflexion est actuellement en cours et la décision annoncée au moment opportun.
Juste avant la suspension des études, le cahier de normes péda­gogiques nationales était achevé et en passe d’être validé. De même, les universités étaient sur le point de charger leurs enseignants de pro­poser de nouvelles filières dans le cadre du Bachelor, explique le mi­nistre. Cependant, «cette étape cru­ciale de notre plan d’action exige une réflexion collective des ensei­gnants et de nombreux débats que le confinement a rendus totalement impossibles».
Cela sans compter, tient à pré­ciser Amzazi, que l’un des points clés innovants de la réforme du Bachelor est l’accompagnement personnalisé des futurs bacheliers au niveau de leurs établissements afin qu’ils puissent s’approprier l’usage de la nouvelle plateforme d’orientation post-bac conçue par le ministère. «Une autre action dé­terminante pour le lancement de la réforme du Bachelor que le confi­nement nous empêche de mettre en place».

 

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