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Economie

Gel de l’économie, chômage, commerce... Les prévisions du FMI

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5741 Le 15/04/2020 | Partager
Vers une récession au Maroc de -3,7% du PIB cette année
Réserves officielles: le Royaume devrait conserver un niveau adé­quat suite au recours à la LPL
Choc pour toutes les régions du monde

Après la Banque mondiale (cf. notre édition du 13/04/2020) c’est au tour du FMI de publier ses perspec­tives économiques mondiales les­quelles font référence à la croissance de l’économie marocaine. Pour les deux institutions internationales, la ré­cession serait inévitable.

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En ces périodes de crise sanitaire et économique, le FMI ne cache pas son pessimisme. La récession serait au rendez-vous cette année. Si tout va bien, la croissance de l’économie marocaine devrait reprendre progressivement l’année prochaine. Pour faire face au choc, le Maroc a décidé de recourir à la ligne de précaution et de liquidité (LPL)

Si pour la pre­mière, la croissance nationale devrait enregistrer cette année une régression de (-1,7%), la seconde s’attend à un choc plus violent: -3,7% (un taux qui évoluerait à 4,8% en 2021 dans les meilleures conditions). Le FMI pré­voit d’autre part une hausse du taux de chômage: de 9,2% en 2019 à 12,5% cette année. Il faudrait s’attendre à un impact social très important.

Bien que les autorités aient pris une série de mesures pour accroître les dépenses de santé et soutenir les entre­prises et les ménages, le Maroc risque de connaître une récession en 2020, avait annoncé le FMI. Ceci en raison d’un net recul des exportations, du tou­risme et des envois de fonds, ainsi que d’un gel temporaire de l’activité éco­nomique.

Même si le déficit des tran­sactions courantes va se creuser et que les entrées de capitaux devraient dimi­nuer, le Royaume devrait conserver un niveau adéquat de réserves officielles à la suite du tirage au titre de la LPL. Il est à rappeler que le Maroc a procédé au tirage de toutes les ressources dis­ponibles (environ 3 milliards de dol­lars) dans le cadre de l’accord au titre de la ligne de précaution et de liquidité (LPL). Les fonds seront utilisés pour faire face aux répercussions sociales et économiques de la pandémie du coro­navirus. Et pour conserver de solides réserves extérieures dans un contexte d’incertitudes accrues.

D’autres régions devraient connaître de graves ralentissements ou des contractions absolues de l’acti­vité économique. Pour les pays de la région Moyen-Orient et Asie centrale, la croissance s’établirait à -2,8% cette année pour rebondir à 4% l’année prochaine. Aucun pas n’échappera au choc selon les nouvelles projections: cas de la Tunisie (-4,3%), de l’Algérie (-5,2%) ou encore de l’Arabie saoudite (-2,3%).

Le conseil d’administration du FMI a déjà approuvé un décais­sement de 745 millions de dollars en faveur de la Tunisie pour faire face à la pandémie de Covid-19. Cette aide d’urgence fournira des ressources sup­plémentaires pour le secteur de la san­té, les dispositifs de protection sociale et les entreprises touchées par la crise. Elle permettra également de maintenir un niveau adéquat de réserves inter­nationales. Pour le cas de l’Egypte, il faudrait prévoir 2%, soit une baisse par rapport à 2019 où le taux était éva­lué à 5,6%.

Les répercussions de la crise sani­taire et la chute des prix du pétrole au Moyen-Orient, dans le Caucase et en Asie centrale ont été considérables et pourraient s’intensifier. Baisse de la demande intérieure et extérieure, ré­duction des échanges commerciaux, perturbation de la production, repli de la confiance des consommateurs et durcissement des conditions finan­cières….

«La tâche s’annonce particu­lièrement ardue pour les pays fragiles et ceux déchirés par des conflits (Irak, Soudan et Yémen…)», avait déploré Jihad Azour directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI lors d’une récente sortie (cf. notre édi­tion du 27/03/2020).

De ce fait, les autorités ne devraient pas lésiner sur les dépenses pour s’assurer que les systèmes de santé et les dispositifs de protection sociale sont suffisamment armés pour répondre aux besoins de leur population, même dans les pays où les budgets sont déjà restreints, recommande le Fonds monétaire. Il est préconisé aussi de mettre rapide­ment en place des plans de sauvetage afin d’éviter une récession prolongée, une hausse du chômage et des faillites d’entreprises.

Les nouvelles prévisions du FMI sont diffusées en marge des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale qui ont lieu virtuellement du 14 au 17 avril, avec au menu la riposte à la crise. Du fait de la pandé­mie, l’économie mondiale devrait se contracter fortement de –3% en 2020, bien pire que lors de la crise finan­cière de 2008-2009.

Dans un scénario de référence, qui suppose que la pan­démie s’estompe au second semestre 2020 et que les efforts de confinement peuvent être progressivement aban­donnés, l’économie mondiale devrait croître de 5,8% en 2021. Et ce, à me­sure que l’activité économique se nor­malise, aidée par un soutien politique.

«Ces sombres perspectives s’ap­pliquent aussi bien aux pays avancés qu’aux pays en développement. Cette crise ne connaît pas de frontières. Tout le monde est éprouvé», selon Krista­lina Georgieva, directrice générale du FMI. Pour elle, «la nouvelle encoura­geante est que tous les pays ont réagi et ce, de manière très coordonnée». Au cours des deux derniers mois, les sor­ties d’investissements de portefeuille des pays émergents s’élevaient à envi­ron 100 milliards de dollars, plus du triple du niveau constaté en la même période pendant la crise financière mondiale.

Les pays exportateurs de produits de base accusent le double coup de la chute des cours des matières pre­mières. Quant aux envois de fonds des travailleurs expatriés, dont dé­pend la survie de tant de personnes pauvres, ils devraient fondre. Selon les estimations, les besoins bruts de financement extérieur des pays émer­gents et des pays en développement s’élèvent à des milliers de milliards de dollars.

«Or, ils ne peuvent à eux seuls répondre qu’à une portion de cette demande, ce qui laisse un déficit de financement de plusieurs centaines de milliards de dollars. Ils ont besoin d’aide en urgence», souligne la DG du FMI. La prochaine édition du Moni­teur des finances publiques montrera que les mesures budgétaires prises par les pays du monde entier se chiffrent à environ 8.000 milliards de dollars. En outre, les pays du G-20 et d’autres ont adopté des mesures massives sur le plan monétaire.

Allégement de la dette

Le FMI a approuvé un allégement immédiat du service de la dette pour plusieurs pays membres (voir la liste sur https://www.imf.org) au titre du fonds fiduciaire réaménagé d’assistance et de riposte aux catastrophes (fonds fiduciaire ARC). Ceci dans le cadre des mesures que le Fonds prend pour faire face aux consé­quences de la pandémie de Covid-19. Le fonds fiduciaire ARC peut actuellement fournir un allégement du service de la dette sous forme de dons à hauteur d’environ 500 millions de dollars, y compris les 185 millions de dollars promis récemment par le Royaume-Uni et les 100 millions de dollars fournis par le Japon comme ressources immédiatement disponibles. D’autres pays, parmi lesquels la Chine et les Pays-Bas, s’apprêtent également à apporter des contributions importantes.

Fatim-Zahra TOHRY

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