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Economie

Lutte contre: le coronavirus Quel impact sur les économies africaines?

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5719 Le 16/03/2020 | Partager
Les pays pétroliers et à vocation touristique, les plus exposés
Volatilité des cours des matières premières, «la plus forte depuis la crise mondiale»
L’endettement public en hausse au niveau du continent

Lorsque les équipes de l’AFD finalisaient l’ouvrage collectif sur l’économie africaine en 2020, en octobre dernier, «on n’entendait pas encore parler du coronavirus», a concédé Vincent Caupin, directeur du département diagnostics économiques et politiques publiques à l’Agence française de développement.

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L’ouvrage collectif élaboré par l’Agence française de développement sur l’économie africaine est considéré comme le 1er numéro d’une publication annuelle qui devra faire le point sur les grandes tendances au niveau du continent. «La prochaine édition sera ouverte à des contributions extérieures, notamment africaines», a fait savoir Vincent Caupin, directeur du département diagnostics économiques à l’AFD (Ph. Bziouat)

Intervenant lors de la présentation de cette publication, jeudi dernier au siège de Policy Center for the New South à Rabat, il a estimé que l’impact de cette pandémie impose une mise à jour des prévisions pour le continent. Initialement, ces prévisions tablaient sur une reprise de la croissance en Afrique avec un taux de plus de 3,8%. Dans certaines sous-régions, ce niveau est plus important, avec 5,9% au Sahel et 4,5% en Afrique du Nord.

Aujourd’hui, il est nécessaire de prendre en compte une série de paramètres induits par la propagation du Covid-19. En tête, la volatilité des cours des matières premières, «la plus haute depuis la crise financière mondiale», selon Caupin. Idem pour les cours du pétrole, «qui sont revenus à un niveau autour de 30 dollars le baril».

Pour cet économiste, «l’impact du corona sur l’Afrique devra se traduire à la fois par un choc de l’offre et un choc de la demande, ainsi que par une crise de confiance, cristallisée par la chute des cours boursiers, dans un contexte où la valorisation des actifs n’est pas en ligne avec les fondamentaux».

Les pays pétroliers figurent parmi les plus exposés à cette crise. Il s’agit notamment de l’Algérie, de l’Angola, du Nigeria ainsi que des Etats de la CEMAC. Une 2e catégorie de pays est également exposée aux effets de cette crise, particulièrement ceux à vocation touristique. Il s’agit, selon Caupin, de la Tunisie, de l’Egypte et du Maroc.

Dans d’autres Etats, l’impact sera ressenti suite à «une fuite des investisseurs vers des actifs de qualité. Les pays qui peuvent être touchés par ce phénomène sont essentiellement l’Afrique du Sud, le Kenya, le Ghana et l’Egypte». Au-delà de ces effets transnationaux, l’évolution de l’économie africaine sera également influencée par une série d’enjeux intérieurs.

Il s’agit notamment des transitions politiques que traversent certains pays comme l’Algérie, les menaces sécuritaires dans des régions comme le Sahel, le contexte électoral, avec les scrutins programmés en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Togo, en plus des risques liés à la montée de l’endettement. L’ouvrage collectif publié par l’AFD a mis l’accent sur le dilemme auquel font face les Etats africains face aux impératifs du contrôle du niveau de la dette d’un côté, et des besoins de financement de l’investissement de l’autre.

En 2018, le continent a enregistré une hausse de la dette publique, considérée comme la plus importante depuis 2010. «L’endettement public s’est élevé à 1.330 milliards de dollars en 2018, soit 60% du PIB, contre 35% du PIB en 2010», a souligné Cécile Valadier, directrice adjointe du département diagnostics économiques et politiques publiques à l’AFD. Les taux les plus importants sont enregistrés en Afrique du Nord, avec 76%, et en Afrique australe, avec 69%.

Parmi les aspects qui ont interpellé les économistes de l’AFD, «la substitution des créanciers traditionnels, par ceux des pays émergents, particulièrement la Chine», selon Valadier. L’une des principales conséquences: «la hausse du coût des emprunts et la détérioration globale de la viabilité de la dette».

En 2018, 19 pays africains ont été classés en risque élevé de surendettement, contre 7 en 2010. L’année dernière, 16 pays du continent étaient considérés en situation de risque modéré de surendettement et 4 pays en risque faible. D’où l’importance pour les Etats africains de «s’assurer que les investissements permettent de garantir le remboursement des dettes contractées».

Reprise

Avant que le vent de panique lié à la propagation du Covid-19 ne souffle sur les différentes régions du monde, les économies africaines avaient commencé à reprendre des couleurs. «Depuis 2016, nous constatons une reprise de la croissance, avec un taux de 3,2% en 2019, quasi similaire à celui de 2018, qui était de 3,4%», a expliqué Vincent Caupin. Pour lui, «les difficultés des grandes économies africaines, qui représentent 65% du PIB, masquent un dynamisme quasi général au niveau du continent». Au moment où 4 puissances africaines sont en difficulté, notamment l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Nigeria et l’Angola, 20 Etats du continent affichent des taux de croissances supérieurs à 5% en 2019. Au niveau des sous-régions, «l’Afrique du Nord retrouve ses performances pré-Printemps arabe, notamment avec une reprise de l’Egypte». Par contre, cette accélération «peine à masquer les difficultés d’autres Etats comme la Tunisie et l’Algérie, qui sont dans une situation tendue». Le Maroc, quant à lui, «connaît une croissance plus faible que le niveau d’avant 2011».

M.A.M.

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