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International

Les cours du pétrole plongent, des Bourses aussi

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5715 Le 10/03/2020 | Partager
Le prix du Brent sous la barre de 35 dollars/baril
La tendance promise à l’aggravation dans les semaines à venir
Effet direct de l’épidémie coronavirus
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Le secteur des matières premières devrait subir de plein fouet le décrochage des cours du pétrole. Les Bourses du Golfe ont plongé dès leur ouverture lundi dans le sillage de l’effondrement des cours du pétrole. En cause, le déclenchement d’une guerre des prix par Riyad qui fait chuter les marchés mondiaux

Les dégâts de l’épidémie liée au Covid-19 ne cessent de prendre de l’ampleur. Hier lundi, baptisé «noir» par des analystes, les cours du Brent ont marqué, en Asie, un plongeon de 30%. C’est la chute la plus sévère depuis la guerre du Golfe en 1991.

Vendredi, Moscou s’est opposé à une nouvelle réduction de la production de pétrole pour enrayer la baisse des cours due au coronavirus. L’Arabie saoudite a alors décidé de baisser ses prix pétroliers à la livraison, entraînant la chute de plusieurs places boursières dont celles des pays du Golfe, d’Asie et de Sydney.

La scène qui s’est jouée, vendredi 6 mars, à Vienne, au siège de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), en Autriche, restera certainement dans les annales de l’histoire turbulente de l’or noir. Dans un climat glacial, le ministre russe de l’Energie, Alexander Novak, a fait voler en éclats l’alliance entre Moscou et Riyad qui pilotait depuis trois ans l’équilibre délicat du marché. En quelques heures, le monde du pétrole est passé d’un risque de panique à une crise majeure. Un choc dont les conséquences économiques et sociales risquent d’être sévères.

Lundi matin 9 mars, les cours ont chuté lourdement en Asie. Le baril de Brent de la mer du Nord a plongé de 20,5% à 35,99 dollars. Cette chute libre ne semble pas prête de s’arrêter. Les observateurs du marché s’accordent à dire que, dans les prochaines semaines, le cours pourrait atteindre son niveau historiquement bas de 2016, autour de 30 dollars. Dans la foulée, les Bourses de Tokyo et de Hongkong ont également dégringolé lundi matin: -4,6% et -3,8%.

La source de ce déséquilibre se trouve bien sûr dans les conséquences de l’épidémie due au coronavirus mais cette crise sanitaire heurte de plein fouet un marché d’une grande fragilité. C’est d’abord en Chine que les conséquences économiques du virus se sont fait sentir.

Or le pays est le principal moteur de la demande pétrolière dans le monde. La Chine représente 14% de la consommation mondiale, soit 14 millions de barils par jour. Surtout, l’économie chinoise est de plus en plus gourmande en pétrole: en 2019, Pékin était le premier importateur mondial et 80% de l’augmentation de la demande était due à la seule économie chinoise.

Du coup, le ralentissement de cette économie combiné aux restrictions sur les déplacements ont fait plonger la demande. Logiquement, les prix se sont effondrés, passant de 70 dollars début janvier à 50 dollars le baril début mars. Mais un autre facteur, crucial, vient désormais perturber le jeu. Une bataille économique et géopolitique entre les trois plus gros producteurs mondiaux: les Etats-Unis, la Russie et l’Arabie saoudite.

Les effets du Covid-19 se font ressentir peu à peu sur l’économie mondiale. La Chine a vu ses exportations s’effondrer de 17,2% (en glissement annuel) sur les deux mois de janvier-février, reflet d’une économie paralysée par l’épidémie. Il s’agit de la plus forte chute des exportations du géant asiatique depuis février 2019, en pleine guerre commerciale avec les Etats-Unis.

La Banque centrale européenne a demandé à ses 3.700 employés basés à Francfort d’effectuer lundi une journée de télétravail pour tester son plan d’urgence en cas de confinement dû à l’épidémie de Covid-19.

Le gouvernement allemand a annoncé hier lundi un paquet de mesures visant à soutenir son économie face à l’incidence du coronavirus, qui fait craindre une récession dans la première puissance européenne. Ces mesures comprennent le recours facilité pour les entreprises en difficulté au chômage partiel de leurs salariés, l’octroi de prêts en cas de difficultés de trésorerie et le blocage d’une enveloppe supplémentaire de 12,8 milliards d’euros sur quatre ans pour des investissements d’infrastructure.

En France, environ 900 entreprises impactées par la propagation du nouveau coronavirus ont demandé à bénéficier de mesures de chômage partiel pour environ 15.000 salariés.

L’impact du pétrole de schiste

Historiquement, le cartel de l’Opep, piloté par l’Arabie saoudite, menait le jeu au niveau mondial. Mais depuis 2015, l’échiquier international de l’or noir a été totalement transformé, avec l’essor rapide du pétrole de schiste aux Etats-Unis.
Pour contrer cette concurrence, les Saoudiens décident en 2016 d’inonder le marché. Le schiste étant plus coûteux à produire, le régime de Riyad espère mettre en difficulté les Américains qui osent défier sa domination historique. Peine perdue: les producteurs texans tiennent le choc, et continuent à produire malgré tout.

A.G.

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