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Economie

Le plan contre le coronavirus au Parlement

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5714 Le 09/03/2020 | Partager
Trois scénarios possibles présentés aux élus
32 hôpitaux identifiés pour faire face à l’épidémie
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Dans le classement des cas suspectés, la région de Casablanca-Settat arrive en tête avec 17, suivie par la région de Rabat-Salé-Kénitra avec 9 cas. Mais les zones enclavées comme la région de l’Oriental ou Draâ Tafilalt ne sont pas mentionnées dans l’infographie du ministère de la Santé

Après les médias, les députés de la Commission des secteurs sociaux de la Chambre des représentants.  Le ministre de la Santé Khalid Ait Taleb s’y est déplacé à la demande des groupes parlementaires de la majorité et de l’opposition. L’objectif est de dresser l’état des lieux et d’informer sur les mesures prises contre la maladie du coronavirus, qui préoccupe l’opinion publique depuis l’annonce du premier cas affecté.

Lors de cette réunion, qui aura duré plus de trois heures, c’est l’exposé de Mohamed Lyoubi, directeur de l’Epidémiologie et de la lutte contre les maladies, qui a attiré l’attention des parlementaires, par les données rendues publiques pour la première fois.

En effet, il a présenté le plan national de vigilance et de riposte contre le «Covid 19», particulièrement le volet de l’évaluation des risques. Ce plan, qui a établi trois scénarios dont le premier est basé sur l’existence de cas venant des pays où le virus s’est propagé. Les estimations retiennent 200 cas suspects et 50 cas confirmés pour les prendre en charge et les répartir selon les lieux et le temps, lit-on dans le document exposé aux parlementaires.

Dans cette situation, l’objectif est d’identifier rapidement les cas et d’éviter que le virus ne se propage. La lutte se fait, à travers la confirmation des différents cas suspectés par les 3 laboratoires accrédités. Dans ce scénario, le plan national prévoit des chambres spécialisées dans les hôpitaux provinciaux.

Pour les cas confirmés, la prise en charge se fait à l’intérieur de chambres d’isolement à pression négative, dotées d’équipement de réanimation. Il en existe 10 fixes et 6 mobiles. Cette action est accompagnée  de l’identification préliminaire de l’entourage des personnes atteintes. Le dispositif prévoit l’évaluation du niveau des risques et une prise en charge en fonction des cas.

Quant au deuxième scénario, il prévoit un nombre important de cas, avec des situations de clusters. Les estimations retiennent 2.000 cas suspects et 500 cas confirmés. L’objectif sera double : contenir le virus et réduire le nombre de décès. En plus, il faut une recherche active parmi les clusters pour confirmer toutes les situations suspectes au niveau des laboratoires.

Chaque laboratoire s’occupera d’un seul cas par jour. Il faudra prendre en charge l’ensemble des cas suspects à l’intérieur des hôpitaux. A cela s’ajoute la mise en quarantaine de l’entourage. Dans cette situation, la prise en charge se fait dans des établissements disposant de chambres d’isolement des patients (chambre individuelle, avec un renouvellement correct de l’air sans recyclage). Le directeur de l’Epidémiologie a répertorié 32 hôpitaux.

Le troisième scénario est activé dans une situation d’épidémie, avec une estimation de 10.000 cas confirmés. Dans cette condition, l’objectif est de contrôler l’épidémie, garantir la continuité des services sanitaires et réduire le nombre des décès. La confirmation en laboratoire ne concernera que quelques cas en vue de connaître les spécificités de l’épidémie et du virus. La prise en charge s’étendra aux cliniques ou aux cabinets externes pour les cas simples, aux hôpitaux pour les cas urgents. Dans cette situation, les efforts doivent être concentrés sur les mesures d’hygiène collectives, la sensibilisation et la communication.

Lorsque la situation épidémiologique se caractérise par une transmission communautaire, deux démarches sont prévues. Pour les cas bénins, sans facteurs de risque, la prise en charge se fait à domicile si les conditions le permettent ou bien en ambulatoire dans une structure publique dédiée dans les situations avec l’impossibilité d’isolement à domicile.

Pour les Covid 19 présentant des critères d’hospitalisation, la prise en charge se fait dans les établissements hospitaliers disposant de chambres permettant l’isolement des patients (chambre individuelle, avec un renouvellement correct de l’air, sans recyclage). Pour les cas graves, l’admission en unité de soins intensifs ou en réanimation si elle existe, rappelle le directeur. Le plan prévoit le transfert vers la structure hospitalière la plus proche, avec un lit de réanimation. La régulation se fait par le Samu.

Le plan prévoit également la prise en charge des contacts, avec le lancement du processus d’identification. Si le résultat de l’analyse virologique est négatif, il faudra stopper l’opération. S’il s’avère positif, il est impératif de finaliser, de façon rapide et exhaustive, la liste des contacts pour évaluer le niveau de risque.

S’il est élevé, la mise en quarantaine s’impose. Surtout si les conditions d’isolement à domicile ne sont pas remplies comme l’existence d’une chambre séparée, le patient ne souffre d’aucun trouble psychique et jugé capable de respecter les précautions recommandées).

En cas de risque modéré, l’isolement est volontaire à domicile, avec auto-surveillance pendant 14 jours suivant le dernier contact avec le cas confirmé. Sinon, il n’y a pas de restriction de voyage, la destination et le circuit doivent être préalablement connus. Si le risque est faible, on se limitera à la sensibilisation, avec un libre déplacement et un appel au numéro Allo-veille si un signe clinique apparaît.

«Le virus n’a pas besoin de visa»

Sur le contrôle des frontières, soulevé par les députés, le ministre a rappelé «l’impossibilité de stopper l’entrée du virus qui n’a pas besoin d’un visa». Selon lui, les postes frontières sont équipés de caméras thermiques. Mais il suffit qu’un malade prenne «un comprimé de Doliprane pour que le matériel ne détecte pas la hausse de la température», a-t-il noté.
Les analyses de virologie des cas suspects sont confiées à trois laboratoires. Il s’agit de l’Institut Pasteur, l’Institut national d’hygiène et le laboratoire militaire. Tous les CHU sont équipés pour ce type d’analyses. Mais, le ministre ne compte pas procéder à la généralisation tant que ces structures ne sont pas arrivées à saturation. Par ailleurs, le traitement est gratuit. Une analyse coûte à l’Etat 500 DH. Si elle est étendue au secteur privé, il faudra payer plus cher.

Interdiction d’exporter les masques

Le monde entier connaît une crise des masques qui étaient fabriqués en Chine en raison des prix bas. Aujourd’hui, la Chine en a également besoin. De son côté, le Maroc a interdit d’exporter les masques et encouragé les opérateurs à en importer. Il dispose de trois usines de production dont l’une relève de la Protection civile et une autre située à Berrechid. Le ministre précise qu’il s’agit de «masques anti-projection pour que les malades n’infectent pas les autres personnes. Les personnes qui ne sont pas malades, ne doivent pas les porter», rappelle Khalid Ait Taleb. Le Maroc dispose d’un stock de 12 millions de masques. Des demandes ont été passées pour renforcer ce stock.

Mohamed CHAOUI

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