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    Réforme du franc CFA: Ce qui va changer

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5662 Le 25/12/2019 | Partager
    Un intérêt aussi bien économique que politique
    Satisfecit du FMI
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    La DG du FMI a salué la réforme du franc CFA décidée par plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest et la France. Pour Kristalina Georgieva, ces changements «constituent une étape essentielle dans la modernisation d'accords de longue date entre l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et la France».

    Les mesures annoncées s'appuient sur le bon bilan de cette zone en matière de conduite de la politique monétaire et de gestion des réserves extérieures, selon la patronne du Fonds. Elle souligne aussi la faible inflation, la forte croissance économique, l'amélioration de la situation des finances publiques et la hausse du niveau des réserves de changes des membres de l’Union ces dernières années.

    La réforme, dont les grandes lignes ont été présentées il y a quelques jours par le président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue français Emmanuel Macron, comprend plusieurs volets:

    ■ Changement de nom: A sa création en 1945, franc CFA signifiait franc des colonies françaises d'Afrique. Après les indépendances des années 1960, le nom avait déjà évolué pour devenir franc de la Communauté financière africaine, pour les huit pays d'Afrique de l'Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo). Mais ce nom restait perçu comme un symbole post-colonial. Le FCFA va devenir l'Eco, qui est en fait le nom choisi pour la future monnaie unique des 15 pays de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

    ■ Réserves de changes: Deuxième point majeur de la réforme, la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) ne devra plus déposer la moitié de ses réserves de changes auprès de la Banque de France. Une obligation qui était perçue comme une dépendance humiliante vis-à-vis de la France par les détracteurs du FCFA. La Banque centrale «n’aura à l’avenir plus d’obligation particulière concernant le placement de ses réserves de changes. Elle sera libre de placer ses avoirs dans les actifs de son choix», selon la présidence française.

    ■ Gouvernance: La France va se retirer des instances de gouvernance de l'Union monétaire ouest-africaine où elle était présente. «Le pays ne nommera plus aucun représentant au conseil d’administration et au Comité de politique monétaire de la BCEAO, ni à la Commission bancaire de l’UEMOA», a expliqué l'Elysée. Il s'agit de désamorcer les critiques, selon lesquelles Paris «continuait de dicter ses décisions dans ces instances via ses représentants».

    Ce qui ne change pas

    ■ Parité: La parité fixe avec l'euro du franc CFA, futur Eco, est maintenue (1 euro = 655,96 francs CFA). Il s'agit d'éviter les risques d'inflation (présente dans d'autres pays d'Afrique). Cette parité fixe est pourtant l'une des caractéristiques du FCFA les plus critiquées par des économistes africains. Pour eux, «l'arrimage à l'euro, monnaie forte, pose problème pour les économies de la région, beaucoup moins compétitives». Lesquelles ont besoin de donner la priorité à la croissance économique et à l'emploi plutôt que de lutter contre l'inflation. Ces économistes plaident ainsi pour «la fin de la parité fixe avec l'euro et l'indexation sur un panier des principales devises mondiales, le dollar, l'euro et le yuan chinois, correspondant aux principaux partenaires économiques de l'Afrique».

    ■ Garantie: Paris conservera son rôle de garant financier pour les huit pays de l'UEMOA. «Si la BCEAO fait face à un manque de disponibilités pour couvrir ses engagements en devises, elle pourra se procurer les euros nécessaires auprès de la France», explique l'Elysée. Cette garantie prendra la forme d'une ligne de crédit. Il est question aussi d’éviter la spéculation et la fuite des capitaux.

    ■ Incertitudes sur l'Eco: «La réforme du FCFA est une étape préalable dans la feuille de route du projet de monnaie unique de la Cédéao», selon la présidence française. Les pays ont évoqué l'année 2020, mais sans fixer de calendrier précis. Les détracteurs de la réforme, jugent sa mise en œuvre incertaine dès l’année prochaine. D’autant plus qu’il reste encore du travail à faire pour répondre aux critères de convergence. Les pays de l'UEMOA, qui respectent dans l'ensemble ces critères, pourraient constituer l'avant-garde de l'Eco, cette nouvelle monnaie.

    F. Z. T.

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