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    Analyse

    Ecosystème automobile: «Le Maroc ne se limitera pas à 3 ou 4 constructeurs»

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5637 Le 20/11/2019 | Partager
    Des négociations avec des opérateurs allemands, japonais et italiens en cours, affirme le ministre de l’Industrie
    Stratégie industrielle «nationale» à long terme, la garantie qui change tout
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    «Le Maroc est devenu une destination «naturelle» pour beaucoup d’investisseurs, mais il ne faut pas baisser la garde pour autant, car la concurrence guette» (Ph L'Economiste)

     - L’Economiste: Vous avez promis de sillonner l’Italie pour mieux vendre le Maroc. Comment évaluez-vous votre première rencontre avec les opérateurs du secteur automobile, à Turin?
    - Moulay Hafid Elalamy:
    Cette première rencontre est très importante pour nous. D’autant plus que le secteur automobile italien a une histoire profonde. Il est dans l’ADN de tous les Italiens. C’est pour cette raison que nous avons créé des ponts avec ce pays depuis de nombreuses années. Notre souhait aujourd’hui est de continuer à développer et enrichir ces liens. Notre rencontre de Turin a permis à certains de découvrir d’abord ce qu’était le Maroc et son secteur industriel, mais aussi de bénéficier de témoignages d’opérateurs italiens implantés au Maroc et qui attestent d’un succès remarquable qu’ils veulent partager avec leurs homologues. C’est avec beaucoup d’émotion que les opérateurs italiens racontent leurs expériences et leurs sagas. Ils se sont implantés au Maroc, leur business a réussi, ça a marché! Sécurité, stabilité, tramway, LGV… sont autant de témoignages qui font chaud au coeur.
    Après Turin, nous irons dans d’autres régions italiennes pour porter la bonne parole.

    - Les opérateurs sont rassurés par la garantie royale pour les stratégies sectorielles…
    - Tout à fait. Parce qu’ils ne sont pas habitués à des stratégies long terme. Surtout pour ceux qui investissent dans certains pays, où la durée maximale d’engagement qu’ils peuvent avoir avec un gouvernement est la durée de vie de celui-ci. Ce que je voulais partager avec eux, c’est que lorsqu’une stratégie, au Maroc, est dite nationale, elle est portée par le Roi du Maroc. Ce qui fait que sa pérennité n’est pas rattachée à la durée de vie d’un gouvernement. Celui-ci peut en modifier certaines clauses marginales, mais l'ossature de la stratégie ne peut déroger aux engagements pris par le Maroc. Ceci est extrêmement important pour les investisseurs et très reposant pour eux lorsqu’ils savent qu’ils peuvent s’appuyer sur des décisions long terme. 

    - Vous vous êtes rendu chez Fiat. Est-ce qu’on pourrait s’attendre à un 3e constructeur au Maroc?
    - Je n'ai pas de réponse pour l'heure. Nous rendons visite régulièrement à des opérateurs, et si chaque visite se soldait par une implantation, nous en aurions eu pléthore. C’est du travail de longue haleine, qu'il faut mener jusqu’à ce que le fruit mûrisse et que l'implantation devienne évidente. Le Maroc est devenu une destination «naturelle» pour beaucoup d’investisseurs, mais il ne faut pas baisser la garde pour autant, car la concurrence guette. Si nous disposons d'une véritable feuille de route industrielle, les pays du pourtour sont en train d’essayer de nous rattraper. Notre travail, c’est de maintenir la distance et d’accélérer la cadence, en cherchant à établir des contacts et des relations avec de nouveaux opérateurs, et ce, de façon continue. Nos rapports avec Fiat sont anciens. Nous avons travaillé sur deux plans avec ce groupe, au niveau du sourcing et de leur usine au Maroc. En revanche, nous ne sommes pas mutuellement exclusifs. Nous travaillons aussi avec les Japonais pour des usines japonaises au Maroc, et avec d’autres origines, allemande par exemple. Enfin, le Maroc a une stratégie nationale et ne se limitera pas à 3 ou 4 constructeurs. Cette stratégie nationale vise à faire de notre pays un acteur sérieux de l’automobile.

    Une fiscalité avantageuse

    En matière de fiscalité, les investisseurs bénéficient d’une exonération au niveau de l’industrie sur 5 ans (0% d’IS), pour les Marocains et les étrangers. «Les zones d’accélération industrielles destinées à l’export seront désormais taxées à 15% d'IS, et non plus à 8,75%», confie le ministre, alors qu'auparavant, le produit vendu au Maroc était taxé jusqu'à 31% en fonction du chiffre d'affaires. De plus, est-il précisé, le gouvernement s'engage à baisser le taux de l'IS de 31 à 20%, sur 5 ans. A partir de 2020, le barème sera de 28%. «Nous avons effectué cette annonce tant sur le plan national qu'international. Les ministères des Finances, de l’Intérieur et de l’Industrie sont associés dans cette démarche pour assurer le développement de ce secteur», souligne MHE. 

    Propos recueillis par YSA

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