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    Ce qui tire l’école vers le bas

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5624 Le 29/10/2019 | Partager
    Le Conseil de l’éducation produit un indice mesurant l’évolution de la réforme
    On n’y arrivera pas en 2030!
    Les sources de dysfonction-nement du système identifiées
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    Dans son étude, l’Instance nationale d’évaluation a précisé la part de chaque sous-dimension liée à l’école dans la faillite du système, à la fois en matière d’équité & égalité des chances, qualité de l’éducation et promotion de l’individu et de la société. Certaines pèsent plus que d’autres, comme le gap entre le public et le privé, l’inclusion des enfants souffrant de handicaps, les faibles acquis scolaires des élèves, l’intégration des TIC et l’implication des acteurs éducatifs. Pour l’Instance, ce sont là les urgences à traiter, à travers des actions prioritaires

    L’Ecole marocaine n’en est qu’à la moitié du chemin la menant vers la performance. Parole de l’Instance na­tionale d’évaluation (INE), relevant du Conseil supérieur de l’éducation. L’INE vient d’élaborer un indice national de développement de l’éducation, mesurant les progrès réalisés depuis 2015, date de lancement de la réforme 2030. L’indice, intégrant 157 indicateurs, permet aussi de relever les principales sources de défail­lance.

    La valeur de l’indice s’est située à 53,5% en 2018, soit une hausse de 2,3 points par rapport à 2015. Selon l’Ins­tance, les avancées restent timides. Et si l’on continue à ce rythme, avec une augmentation de 2,5 points tous les trois ans, l’indice ne dépasserait pas 63,5% en 2030. La réforme atteindrait ainsi à cette date les deux tiers de ses objectifs.

    Trois principales dimensions sont considérées: Équité et égalité des chances, qualité de l’éducation et promo­tion de l’individu et de la société. C’est sur la première que l’on a enregistré la plus forte amélioration (voir tableau), avec un taux de 62,5%. Pas de mystère, le Maroc a fourni des efforts considé­rables en matière de généralisation de l’accès à l’école, y compris dans les ré­gions enclavées. Le taux de scolarisation au primaire est de presque 100%, à la fois pour les garçons et les filles.

    Néan­moins, les sources de déficit en équité et égalité des chances restent nombreuses (voir illustration graphiques). La pre­mière a trait à l’enseignement privé, cantonné dans les centres urbains. Ceux qui ont la chance de pouvoir se l’offrir arrivent à obtenir de meilleures perfor­mances scolaires. L’enquête internatio­nale Pirls 2016, évaluant les acquis des élèves en lecture et compréhension avait démontré que ceux inscrits dans le privé enregistrent des scores supérieurs de 120 points à leurs camarades du public. Le gap est ainsi considérable entre les deux systèmes, public et privé. Autre lacune de taille, l’accès des enfants en situation de handicap à la scolarité.

    Actuellement, presque les deux tiers (62,2%) des 6-11 ans à besoins spécifiques sont en dehors de l’école, selon les experts de l’INE. Par ailleurs, la part des établissements dotés de matériels et infrastructures adaptés à cette catégorie est d’à peine 17,3%. Le lancement cette année du programme national d’éducation inclusive permet­trait-il d’avancer sur ce chantier?

    Pour l’heure, entre la stratégie et la réalité du terrain (rareté des formations pour les enseignants, faiblesse des subventions, manque d’équipements…), il y a tout un monde... La troisième grande source de défaillance concerne le préscolaire, longtemps relégué au second plan. La part du préscolaire public est de seule­ment 12,8% (2018). Sans compter les déperditions scolaires, toujours élevées, et les disparités territoriales en matière d’offre d’enseignement et son extension au-delà de l’âge de 16 ans. Pour rappel, le nombre moyen d’années de scolarité des Marocains est d’à peine 5,5 ans.

    Sur le volet qualité de l’éducation, le taux est de 48,5%. Nous en sommes donc à moins de la moitié des objectifs visés. Le plus important dysfonction­nement concerne les acquis scolaires. Les études internationales évaluant les élèves montrent clairement (Timss, Pirls) le niveau très bas des écoliers marocains, mais aussi celles nationales, comme le Programme national d’éva­luation des acquis des élèves (PNEA), réalisé par l’INE en 2016. Viennent en­suite l’intégration des TIC dans les cours, le rendement interne (redoublements, achèvement des cycles scolaires…), l’encadrement pédagogique (aggrava­tion de la crise du déficit d’enseignants à partir de 2016), la qualité de l’environ­nement scolaire, les retards scolaires…

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    De 2015 à 2018, l’INDE n’a que peu évolué. Entre 2016 et 2017, il a pratiquement stagné. La plus forte avancée concerne l’aspect équité et égalité des chances. En 2018, l’indice s’est situé à 53,5%, ce qui signifie que nous en sommes à la moitié des objectifs de réforme visés

    Au niveau de la promotion de l’indi­vidu et de la société, la performance est quasiment identique, avec un taux de 49,3%. Cet indicateur est essentiellement tiré vers le bas par le manque d’implica­tion des acteurs éducatifs (enseignants et directeurs) dans la réussite de leurs élèves. L’on retrouve ensuite des lacunes en lien avec la promotion de la société du savoir, les compétences en TIC, l’apprentissage tout au long de la vie, la confiance des élèves dans les matières enseignées et l’insertion sur le marché du travail.

    Avec cet indice, l’INE entend construire un «cadre de performance» du suivi de la vision stratégique 2015-2030. Il vient se rajouter à d’autres ini­tiatives permettant d’évaluer le système éducatif, dont le PNEA 2016, l’Atlas des inégalités en éducation, Timss 2015 Maroc, ou encore, le rapport sectoriel de l’enseignement supérieur. D’ici 2030, l’INE produira quatre autres cadres de performance triennaux.

    L’Instance se base sur deux réfé­rences, la réforme 2030 et les Objectifs du développement durable (ODD). Les données utilisées découlent des bases de données du ministère de l’Education nationale et des études telles que Timss et Pirls, ainsi que d’enquêtes réalisées auprès des ménages, menées par des organismes tels que le HCP et l’ANRT.

    Ahlam NAZIH

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