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    International

    Les Gafam cernés de toutes parts

    Par L'Economiste | Edition N°:5623 Le 28/10/2019 | Partager
    Abus de position, emprise sur le marché publicitaire, recherche en ligne…
    Le scénario de démantèlement est-il possible?

    La pression sur les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon...) n’est pas près de retomber. Autrefois chouchoutées, les stars de la Silicon Valley sont devenues les cibles des politiques de tous bords, qui les accusent régulièrement. Aux Etats-Unis, l’on parle même de «casser» ces entreprises.

    L’hypothèse gagne du terrain dans la classe politique, du président Donald Trump à la sénatrice du Massachusetts Elizabeth Warren, qui a le vent en poupe dans la primaire démocrate pour la présidentielle de 2020. Des élus et instituts de réflexion américains, comme l’Open Markets Institute, appellent à un démantèlement pur et simple des géants de la tech, estimant qu’ils sont devenus trop gros et trop puissants.

    Même dans la Silicon Valley, certains, à l’image d’un des cofondateurs de Facebook Chris Hughes, appellent aussi au «démantèlement». La critique du pouvoir des Gafam et leur position ultra-dominante sur beaucoup de marchés sont à la base de nombreuses enquêtes, tant du côté américain que de la Commission européenne: protection des données personnelles, emprise sur le marché publicitaire, recherche en ligne ou les réseaux sociaux, position dominante sur le commerce en ligne ou encore contrôle du marché des app sur smartphone... Un démantèlement est-il possible? Pour ces grands groupes, une enquête antitrust aux Etats-Unis porte en elle le risque théorique d’un démantèlement, comme le prévoit un arsenal législatif américain qui a vu le jour dès 1890.

    Selon le texte, les régulateurs de la concurrence peuvent mettre les entreprises à l’amende en cas d’infraction à la loi, leur imposer des changements structurels, dits de «comportement», pour faciliter la compétition ou même les scinder. Des précédents existent, mais pas dans le domaine informatique ou numérique.

    En 1911, l’éclatement de la Standard Oil, l’empire de John Rockefeller, a conduit à la création de Chevron, Mobil, Exxon ou encore Amoco. At&T dans les années 1980 a également été scindé. Une enquête lancée en 1969 contre IBM a été abandonnée 13 ans plus tard. Microsoft a également été accusé de position dominante en lien avec son système Windows, mais un accord avec le département américain de la Justice a mis fin aux poursuites.

    Pour de nombreux experts, la perspective de démantèlement d’un ou de plusieurs des colosses de la Silicon Valley reste peu probable. «Il est très simple de démanteler dans des activités physiques, mais quand il s’agit de logiciel, les frontières sont variables et les limites floues. Sans parler du risque que cela implique en termes de potentiel d’innovation», explique le consultant spécialisé Olivier Ezratty à l’AFP.

    Les analystes parient plutôt, à terme, sur des décisions pour forcer les groupes à modifier leur façon de faire pour équilibrer le terrain de jeu. Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, s’est ainsi fait ces derniers mois un chantre du renforcement de la régulation en matière numérique. En la matière, le règlement européen de protection des données personnelles (RGPD), entré en application en mai 2018, met en place un cadre réglementaire fort.

    Un contrôle total!

    Sur le marché de la publicité en ligne, Google et Facebook contrôlent près de 60% du marché américain, estimé à 129 milliards de dollars pour 2019, et plus de la moitié du marché mondial, qui doit monter à 333 milliards de dollars, selon le bureau d’études eMarketer. 92,4% des requêtes en ligne sont passées par Google en août dernier. L’emprise est semblable sur le marché du smartphone: Android (Google) et iOS (Apple) sont les systèmes d’exploitation actuellement présents sur la quasi-totalité des appareils, avec les produits des deux géants proposés par défaut (navigateurs internet, cartographie) et un contrôle total sur les magasins d’applications (PlayStore ou AppStore). Avec Instagram et WhatsApp, le groupe Facebook s’est taillé une position largement dominante sur le marché des réseaux sociaux.

    M.Ko. avec Agences

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