×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    International

    Cryptomonnaies: Pas de vie, sans réglementation

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5623 Le 28/10/2019 | Partager
    Mark Zuckerberg se défend face à une levée de boucliers
    Instaurer un cadre juridique, évaluer les risques… les défis

    Se placer sur le terrain géopolitique. C’est l’idée qu’a eue Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, pour défendre son projet de monnaie numérique Libra attaqué de tous les côtés. Il permettra, selon lui, de «perpétuer la prédominance du système financier américain dans le monde, notamment vis-à-vis de la Chine». Pékin se préparerait à lancer un partenariat public-privé dans le secteur des cryptomonnaies. Et il serait bien décidé à l’exporter dans le monde.

    «Le projet est loin d’être finalisé et les ambitions de Libra pourraient être revues à la baisse», a assuré récemment Mark Zuckerberg, lors d'une audience devant la Commission parlementaire des services financiers au Congrès à Washington. Le PDG a répondu à de nombreuses questions et accusations sur son projet de monnaie. Lequel est censé offrir un nouveau mode de paiement en dehors des circuits bancaires traditionnels. L’ambition est de permettre d’acheter des biens ou d'envoyer de l'argent aussi facilement qu'un message instantané. Prévu pour être lancé en 2020, le projet fait face à une levée de boucliers.

    De nombreux gouvernements y voient une menace pour la «souveraineté économique des Etats et ne font pas confiance à ce réseau social sur sa capacité à protéger les données personnelles». Certains élus lui reprochent aussi «de laisser passer des interférences dans les élections et d’enfreindre les lois sur les droits et libertés… ». Quelques élus républicains se sont montrés ouverts au projet de monnaie numérique, au nom d'un «certain patriotisme économique».

    Face à toutes ces accusations, Mark Zuckerberg tente de calmer les esprits. Il a répété à plusieurs reprises que la Libra, gérée par une association indépendante (voir encadré), ne serait pas lancée avant d'avoir obtenu tous les feux verts nécessaires des régulateurs. Instaurer un cadre juridique est d’ailleurs la condition sine qua non pour lancer les cryptomonnaies stables, avaient insisté les ministres des Finances du G7, réunis à Washington. Ils avaient alors tiré la sonnette d'alarme sur les risques potentiels de ces monnaies numériques tels que l'évasion fiscale ou le financement du terrorisme. Le G7 reconnaît les nombreuses lacunes dans le secteur des services financiers.

    De ce fait, il encourage les banques centrales à améliorer l'efficacité et réduire le coût des paiements et des services financiers. En outre, 1,7 milliard de personnes dans le monde ont peu ou n'ont pas accès à ces services. Ce qui explique l'émergence de monnaies numériques.

    Même son de cloche auprès du FMI et de la Banque mondiale. En marge des dernières réunions d'automne, les ministres des Finances du G20  avaient préconisé d'évaluer les risques que posent les monnaies numériques stables (adossées à un panier de devises telles que l'euro ou le dollar) et d'y remédier avant que celles-ci ne soient lancées.

    L'association Libra voit le jour

    Plusieurs représentants se sont montrés offusqués que l'association Libra soit basée en Suisse (pour asseoir la monnaie comme un système mondial) et non aux Etats-Unis. Elle avait été officiellement lancée, le 14 octobre, par 21 membres fondateurs à Genève dont PayU, les groupes de télécommunications Vodafone et Iliad, les plateformes Uber et Spotify, des acteurs de la blockchain comme Anchorage ou Coinbase, des fonds de capital risque comme Andreessen Horowitz ou des organisations à but non lucratif comme Kiva. Pour autant, le projet a été récemment affaibli par la défection de Paypal, Visa, Mastercard ou eBay. Face aux accusations, l'association a fait savoir que «la Libra est conçue notamment pour faciliter le respect des protections mondiales relatives à la lutte contre le blanchiment d'argent, aux données du client et au financement illicite…».

    F. Z. T.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc