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    Economie

    La filière marbre à bout de souffle

    Par Nadia DREF | Edition N°:5607 Le 04/10/2019 | Partager
    Manque de visibilité, baisse de la production…
    Les professionnels demandent la révision des procédures d’octroi des concessions
    La filière pèse 2% du chiffre d’affaires des matériaux de construction
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    L’écosystème prévoit l’accompagnement des opérateurs privés pour en finir avec le bricolage et les petites exportations

    Il faudrait une opération coup de poing pour relancer la filière marbre encore sous-exploitée. Son poids représente à peine 2% du chiffre d’affaires de l’industrie des matériaux de construction, 1% de la valeur ajoutée, 8% des emplois et 50% des acteurs opérant dans l’informel.

    Pourtant, ce ne sont pas les opportunités qui manquent pour en faire une industrie prospère. La consommation locale ne cesse d’augmenter profitant beaucoup plus aux importations (Italie, Espagne, Turquie, Egypte). Les gisements en marbres fossilisés sont importants. En face, la production nationale décroche depuis 2007. Elle se situe entre 300 et 400.000 tonnes/an.

    La quantité extraite est de 1 million de m3/an. Elle est alimentée par près de 307 carrières occupant une superficie globale de 1.388 hectares. Sur ce total, 42% des unités sont artisanales. Une vingtaine d’entreprises de taille intermédiaire y opèrent, réalisant un chiffre d’affaires de 30 millions de DH. 90% du tissu est composé de petites entités (5 millions de DH de CA).

    Le manque de valorisation est un des freins majeurs au développement du «made in Morocco». S’y ajoutent les défis de la qualité, de la montée en gamme des produits et des processus ainsi que de la formation.

    Les professionnels avancent d’autres arguments: «Le manque d’attractivité du secteur est lié à la sous-exploitation des ressources géologiques de marbre et à la complexité des procédures d’octroi de concession et d’autorisation d’exploitation», martèle Mustapha Zafad, vice-président de l’Association marocaine des marbriers (AMM).

    Les opérateurs se plaignent de la courte durée des concessions (entre 3 et 5 ans renouvelable). Ils demandent l’allongement des délais jusqu’à 20 ans pour avoir de la visibilité et rentabiliser l’investissement. Un dossier sur lequel la Fédération des matériaux de construction devrait discuter prochainement avec le ministère de l’Industrie.

    «L’exploitation de carrière n’intéresse plus personne alors que le métier est en train d’évoluer radicalement. Nous sommes en train de militer pour la création d’une usine pilote qui sera la première du genre au monde arabe et en Afrique. Nous avons déjà le soutien de l’UE et d’autres pays», a souligné David Toledano, président de la FMC.

    Pour redresser la barre, un écosystème marbre a été lancé à l’horizon 2020. Il vise à répondre aux défis actuels: mise en place d’une nouvelle approche de gestion des carrières de marbre, attraction de nouveaux investisseurs, développement des PME et TPE ainsi que l’accompagnement à l’export des acteurs, notamment en Afrique.

    Quatre objectifs majeurs ont été retenus, à savoir la création de 8.000 emplois directs, au moins 600 millions de DH de valeur ajoutée, plus de 2,9 milliards de DH de chiffre d’affaires et 570 millions de DH d’investissement. «Depuis 2016, 400 millions de DH ont été investis dans cette filière, ce qui reflète l’implication des opérateurs», ajoute le président de la Fédération des matériaux de construction.

    Les actions menées dans le cadre de l’écosystème marbre visent la réduction de la facture énergétique des acteurs, la régulation du marché et l’intégration de l’informel, la normalisation et contrôle de l’application des normes ainsi que l’amélioration de la compétitivité à l’international.

    En matière d’incitation, les aides de l’Etat se déclinent sous forme d’une prime à l’investissement matériel et immatériel plafonnée à 10 millions de DH par projet locomotive. Une aide qui se situe entre 25 à 30% de l’investissement pour les 3 premiers projets, 20 à 25% pour les 7 autres projets et 15% pour les éventuels projets sélectionnés. Maroc PME appuiera également jusqu’à 30 PME/TPE.

    D’autres mesures sont prévues pour l’écosystème : accompagnement des entreprises dans l’application de nouvelles modalités d’octroi des concessions, adoption de référentiels normatif et de contrôle et développement d’écosystèmes territoriaux de marbre. Sur ce dernier volet, une enveloppe budgétaire de 2 milliards de DH est prévue pour réussir cette transformation.

    Des mesures de sauvegarde SVP !

    Les marbriers demandent des mesures de sauvegarde anti-dumping. Le Maroc n’arrive pas à se positionner en tant que producteur mondial du marbre. Près de 60% des exportations sont composées de marbre brut en bloc. Le premier acheteur est la Chine avec 36 millions de DH. En revanche, les exportations de produits valorisés ne cessent d’augmenter de la part de l’Italie (189,5 millions de DH), l’Espagne (117,4 millions de DH), Turquie (85,4 millions de DH), l’Egypte (64,6 millions de DH), la Grèce (27,8 millions de DH), etc. Les marbriers craignent la montée en puissance des nouveaux producteurs dont la Turquie et l’Egypte, un pays réputé par son marbre beige.

    Nadia DREF

     

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