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    Economie

    Mines: Les PME hors des radars

    Par Nadia DREF | Edition N°:5603 Le 30/09/2019 | Partager
    Le code freine l'investissement
    Peu d’accompagnement et de financement
    La connaissance du sol et du sous-sol, une composante méconnue

    Les professionnels attendent avec impatience la réforme du code minier. L’actuelle loi (n° 13-33), entrée en vigueur en juillet 2016, freine les investisseurs surtout les PME. Le ministère s’est engagé à amender le code minier afin d'examiner et d'introduire de nouvelles dispositions.

    La réforme vise à lever la confusion entre les produits relevant du régime minier et ceux du régime des carrières. Il devrait être introduit également dans le texte des dispositions relatives à l'étude d'impact sur l'environnement concernant l’exploitation des haldes et terrils. Enfin, le gouvernement avait promis d'accélérer l'élaboration et la publication des décrets d’application relatifs à la géothermie et à la recherche et l’exploitation des cavités. De toutes ces promesses, rien n'a été concrétisé.

    Manque d’infrastructure géologique, de financement, de ressources humaines qualifiées, d’informations, d’accompagnement… Les PME n’arrivent pas à prendre leur envol dans le secteur minier. Celles qui s'y essaient abandonnent après en moyenne dix ans d’extraction de manière artisanale.

    «Bon nombre de PME investissent sans l’étude de rentabilité préalable et ne bénéficient ni de financement, ni d’encadrement technique adéquats», a souligné Hassan Rehioui, ingénieur géologue et fondateur du cabinet d’études Geo-Enviroscop.

    Autres facteurs qui font fuir les investissements dans ce secteur très porteur et peu exploité: la complexité des  procédures  d’obtention des autorisations, le manque  de cadres qualifiés ainsi que la lenteur manifeste du traitement des dossiers.  Ce tableau a été brossé par de nombreux experts au Salon international des mines et carrières qui s’est tenu, à Casablanca, du 24 au 26 septembre.

    La recherche minière demande de lourds investissements. La phase exploration nécessite en moyenne entre 5 à 10 millions de DH sur une durée de 3 à 7 ans. Vient ensuite la mise en valeur des ressources identifiées qui coûte en moyenne entre 3 et 4 millions de DH à injecter en l’espace de 2 à 4 ans. S’y ajoutent des investissements allant de 30 à 60 millions de DH pour la phase exploitation des réserves prévue sur 10 ans pour les petites et moyennes mines.

    «Une étape que seuls les grands groupes et les multinationales atteignent. Il est temps d’arrêter  de délivrer  des  licences d’exploitation  pour  les  projets  qui  n’ont pas réellement atteint ce niveau. Cela ternit l’image du Maroc  auprès des investisseurs étrangers», martèle l’ingénieur géologue.

    Préparer des plans régionaux de cartographie géologique

    Outre le financement, le manque d’infrastructure géologique est un des obstacles majeurs à l'investissement. La connaissance du sol et du sous-sol est une composante essentielle dans les projets de réalisation des ouvrages aux niveaux du choix du site d’implantation, de la recherche de matériaux nécessaires à leur construction ainsi que des études d’impact sur l’environnement des projets.

    Les maires et walis, mais aussi l’Administration centrale devraient préparer des plans régionaux de cartographie géologique en l’espace de 10 ans, incluant cartes géologiques, cartes géochimiques et couverture géophysique. Ces outils seront complémentaires au plan national de cartographie géologique qui est en cours de réalisation et qui devrait élaborer des synthèses interrégionales et thématiques (ressources minérales, hydrogéologie, synthèse des cartes géochimiques pour les besoins de protection de l’environnement…).

    Ces informations orienteront les investisseurs pour identifier des zones à fort potentiel. Le privé  doit  être impliqué dans ce chantier sur la base  d’un cahier des charges standard établi  par  la direction de la géologie afin de combler  ce déficit. Au rythme  actuel, malgré les efforts du ministère de l’Energie et des Mines, il faudrait 50 ans  pour  compléter l’infrastructure géologique.

    Autre recommandation: soumettre aux CRI  les dossiers  d’investissements miniers qui, à leur tour, devraient délivrer à l’entreprise, dans un délai ne dépassant pas 3 mois, toutes  les  autorisations  nécessaires  pour  réaliser  son projet.

    Ce chantier doit être mené simultanément avec le renforcement des capacités des  cadres des services extérieurs relevant du ministère des Mines. Du côté des entreprises et des artisans miniers, le déficit de compétences est énorme. En atteste le nombre d’accidents (drames de Jerrada).

    Pour améliorer leur production, les PME doivent former leur personnel sur les volets prospection, exploitation, sécurité, environnement et réglementation. Elles doivent également encourager la spécialisation même pour les sous-traitants», précise Abdellaoui Mohamed, géologue agréé, doctorant en environnement minier.

    Fort potentiel mais peu exploité

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    (Ph. L'Economiste)

    Le secteur minier représente 10% du PIB. Sa part, hors phosphate et ses dérivés, est limitée. Les  transactions n'excèdent pas 5 milliards de DH par an. Le nombre d'emplois s’élève à 15.000. Les investissements en recherche s'élèvent à 400 millions de DH annuellement. Ce faible taux d’investissement s’explique par un manque d’infrastructure géologique, une méconnaissance du sous-sol national. Il y a encore des zones sous explorées, surtout au niveau des régions de Drâa-Tafilalet et de Souss-Massa. Le ministère a mis en place une feuille de route visant le développement du secteur minier hors phosphates. Cette stratégie vise à porter le chiffre d’affaires du secteur à près de 15 milliards de DH, à multiplier par dix les investissements dans la recherche et l'exploration minières et  à créer 30.000 emplois directs, soit deux fois le nombre de postes actuels.

    Nadia DREF

     

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