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    100 ans d’aviation au Maroc: Dans un crash... «aide-toi, le ciel t’aidera»!

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5602 Le 27/09/2019 | Partager
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    Didier Cornut a survécu à une dizaine de crashs. Pilote de père en fils, il a décroché son brevet d’aviation à 17 ans (Ph. FF)

    Didier Cornut a une dizaine de crashs au compteur! Les échanges avec ce pilote ont des airs mystiques. L’arrière-arrière petit neveu de l’architecte en chef de Mogador, Théodore Cornut, est également entrepreneur et musicien. Il est l’un des dépositaires d’une aventure humaine qui se poursuit avec le centenaire de l’Aéropostale.  

    - L’Economiste: Combien de crashs avez-vous vécus?
    - Didier Cornut:
    Une dizaine. Il y a eu la panne sèche à oued Draâ en 2001. On aurait dû y mourir avec mes deux autres compagnons. L’ex-chef pilote de l’aéroclub de Marrakech est à l’origine de l’incident provoqué par une escroquerie de carburant. Il en a eu pour six mois de prison. Il y a eu aussi la perte d’une hélice en plein vol en Espagne. Le Pais Vasco du 17 juillet 2001 a titré: «A aucun moment je n’ai eu peur». Il y a eu aussi un crash en France. «Le Dauphiné Libéré» a écrit dessus (articles consultés par L’Economiste). J’étais copilote dans tous ces accidents. Les règles de l’aviation exigent que le commandant de bord décide à moins qu’il ne cède la main. À chaque crash, j’ai dû reprendre les commandes.   

    - Comment garder son calme face à ces situations?
    - Il y a deux types de comportements. Vous abandonnez votre vie à la Providence ou vous réagissez par instinct de survie. Tout se passe en une fraction de seconde. Votre degré de réactivité peut faire la différence. A chaque fois, je me disais qu’il faut s’appuyer sur mon apprentissage, mon expérience et mon instinct de survie. Votre bonne étoile ou la Providence jouent aussi. Il ne faut pas compter uniquement sur la chance. «Aide-toi, le ciel t’aidera».

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    Air Atla est la campagnie mère de Royal Air Maroc (Source: RAM)

    - Jusqu’à quel degré ces crashs t’ont marqué?
    - L’être humain n’est pas dans son élément naturel lorsqu’il vol. Marcher, voire nager, si. Je suis un darwiniste convaincu. Quand tu planes en étant jeune, tu as tendance à dépasser les limites. Le risque est de finir dans un fauteuil roulant ou un cercueil. La vie ne tient qu’à un fil. Je suis devenu de plus en plus exigeant et rigoureux.     

    - Tarfaya a-t-elle conservé son aura?
    - Une grande partie de l’histoire de l’aéronautique s’y est produite. Au début de l’Aéropostale, la mécanique des avions avait une durée de vie de 10 heures. Il fallait déployer toute une logistique. Tarfaya est sur la côte atlantique entre Agadir et Dakar. Elle s’est imposée par la force de la géographie. Aucun aviateur n’était sûr d’y arriver vivant! Ce périple est un pèlerinage. Je ressens une émotion à chaque fois que je survole ou atterris à Tarfaya.

    Propos recueillis par Faiçal FAQUIHI    

                                                                          

    L’histoire du jour

    Pilote de père en fils, Didier Cornut décroche son brevet à 17 ans pour sillonner les ciels. Un ex-instructeur américain ayant travaillé à Meknès, Jack Brown, va le mettre sur la piste d’une découverte majeure. Grâce à lui, Didier Cornut retrouve en Floride les cartes de pistes d’atterrissage oubliées... du Maroc! Les alliés les avaient aménagées durant la Seconde Guerre mondiale pour lancer, à partir du territoire marocain, leurs raids sur l'ennemi nazi. Le projet fut finalement abandonné pour... le débarquement de Normandie de juin 1944. Près d’un siècle plus tard, l’aviateur va identifier 38 pistes sur 40! Cet exploit lui inspire l’organisation de rallyes aériens, de 1999 à 2006, via l’incontournable Cap Juby (Tarfaya), la Mecque des aviateurs. Une vraie niche touristique qui n’est pas du tout exploitée. Petits aérodromes et pistes ont été dévorés par la promotion immobilière et des projets d’infrastructures.

     

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