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    Economie

    Immobilier: Bank Al-Maghrib relève la vigilance

    Par Franck FAGNON | Edition N°:5594 Le 17/09/2019 | Partager
    Plusieurs mesures entre­ront en vigueur d’ici 2021 pour contenir l’exposition des banques
    L’encours des crédits atteint 273 milliards de DH dont 211 milliards de DH de prêts à l’habitat
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    Halim Jadi, directeur de la surveillance macroprudentielle à Bank Al-Maghrib: «La démarche de calibrage de la limite LTV et son encadrement au sein du secteur bancaire sont en cours de finalisation» (Ph. H.J)

    La crise dans l’immobilier et la mul­tiplication des opérations de dation en paiement ont poussé la Banque centrale à prendre des dispositions pour éviter une prise de risque excessive sur le sec­teur. La directive sur la gestion des actifs immobiliers dans les bilans des banques devrait entrer en vigueur dans les pro­chaines semaines. Le travail réglemen­taire concerne aussi l’encadrement du crédit à l’habitat. Cela va se traduire par la fixation d’une limite pour certains ra­tios notamment la LTV et la DSTI. Leur mise en place interviendrait d’ici 2021.

    - L’Economiste: Sur les premiers reporting de loan to value (LTV)(1), quels enseignements tirez-vous et quelles sont les exigences de BAM en la matière?
    - Halim Jadi:
    L’analyse des premiers reporting transmis par les banques fait res­sortir un ratio LTV moyen à l’octroi pour l’ensemble du système bancaire aux alen­tours de 70% en 2018. Concernant la struc­ture de la production des nouveaux prêts, la proportion des emprunts dont la LTV est inférieure à 70 % augmente d’un trimestre à l’autre au détriment de celle des crédits dont la LTV se situe entre 90% et 100%. En outre, la part des opérations faisant l’objet de sur-financement (LTV>100%) ne dépasse pas 8%. Ces résultats dénotent globalement d’une meilleure gestion des risques, limitant les vulnérabilités pouvant émaner du secteur immobilier (formation de bulle immobilière, croissance excessive du crédit,…). Aujourd’hui, Bank Al-Maghrib a mis en place un plan d’action en vue de définir le cadre réglementaire et analytique des instruments macroprudentiels du secteur immobilier, dont la LTV. La mise en place de ces actions sera réalisée selon un échéan­cier adapté qui a été inscrit dans le cadre de la feuille de route de stabilité financière cou­vrant la période 2019-2021.

    - Comment les pratiques marocaines se comparent-elles aux pays de bench­mark?
    - Selon le benchmark effectué, certains pays (Espagne, Suisse, Indonésie, Argentine, Mexique) se sont focalisés sur les exposi­tions des banques au secteur de l’immobilier résidentiel en ajustant les pondérations du risque qui leur sont applicables en fonction du ratio LTV. Plus le ratio est élevé plus la pondération est élevée. D’autres pays (République tchèque, Hongrie, Pays Bas, Roumanie, Pologne, Suède, Norvège, Emi­rats Arabes Unis, Corée du Sud) ont opté pour le plafonnement du ratio LTV qui se situe généralement entre 40% et 100% selon les juridictions. Ces limites peuvent être moindres pour les emprunteurs ayant plusieurs biens immobiliers ou lorsque ces biens se situent dans une zone spéculative ou dans une région où l’appréciation du prix de l’immobilier est jugée risquée. Pour le cas du Maroc, la démarche de calibrage de cette limite et son encadrement au sein du secteur bancaire sont en cours de finalisation.

    - Quel est l’état d’avancement des projets d’instauration de la limite DSTI(2) pour les particuliers et la constitution d’un coussin de fonds propres sectoriel pour faire face à l’exposition des banques au secteur immobilier?
    - L’implémentation de la limite DSTI pour les particuliers ainsi que d’un coussin de fonds propres sectoriel pour faire face à l’exposition des banques au secteur immo­bilier va s’opérer sur le moyen terme confor­mément à la feuille de route 2019-2021. En effet, les actions de collecte et de fiabilisation de données, notamment historiques, servant au calcul du ratio DSTI et permettant de mettre en place un cadre approprié d’exi­gences en la matière, sont toujours en cours. Comme indiqué plus haut, la mise en place de ces instruments devrait se faire de ma­nière harmonieuse et complémentaire avec les exigences en matière de LTV.

    Propos recueillis par Franck FAGNON

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    (1) Le Ratio LTV (Loan to value) correspond au montant du crédit à l’habitat rapporté à la valeur du bien acquis
    (2) Ratio DSTI (Debt service to income) cor­respond au montant du service de la dette (capital et intérêts) rapporté aux revenus des ménages

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